L’Oregon à l'heure du duel Clinton / Trump

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Road movie dans l’Oregon, sur la côte ouest des États-Unis, État de naissance du photographe Thomas Haley. Durant l'été 2016, il raconte les débats qui agitent l’Amérique, loin des métropoles comme New York, Los Angeles ou San Francisco. Des militants pro-armes de Roseburg, en passant par les ranchers de Burns, le salon du cannabis de l’Oregon, la foire agricole de Clackamas, la manifestation pacifique de Corvallis, les SDF de Lincoln City, ce périple se termine à la foire de Tillamook, où le gros lot de la tombola des républicains est un fusil.   > Retrouvez ici tous nos reportages et analyses sur les élections américaines.

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  1. Thomas Haley

    Pourquoi l’Oregon ? Je suis né et j’ai grandi en Oregon. Je ne suis pas chauvin mais je suis très content de cet accident de naissance. Car l’Oregon est un État vraiment intéressant ! La vallée de la Willamette est une région agricole très riche. Elle a attiré les colons qui préféraient tenter leur chance dans l’agriculture plutôt que de chercher de l’or en Californie. L’Oregon a la réputation d'être un État « maverick » (rebelle, non conformiste). Peut-être à cause de l’eau (il y pleut beaucoup), des brises du Pacifique ou du peu de concentration de la population (selon les statistiques de 2013, on compte 42 personnes pour 2,6 kilomètres carrés). L’histoire des premiers colons y est assurément pour quelque chose : en 1843, ils étaient 102 fermiers, trappeurs et toutes sortes d’aventuriers à s’être rassemblés autour de Joe Meek à Champoeg, sur les rives de la Willamette, pour se prononcer sur l’avenir du territoire de l’Oregon. La majorité était des Français du Canada. À 52 voix contre 50, ils ont voté pour que leur État se joigne à l’Union des États-Unis plutôt qu’au Royaume-Uni. (Ci-dessous, une peinture murale dans la rotonde du capitole de l'Oregon à Salem raconte cette époque.)

     

    Sur le plan idéologique, selon un sondage Gallup (2012), l’Oregon est le troisième État le plus libéral (progressiste) des États-Unis (après Washington D. C. et le Massachusetts). Ici, dit-on, la religion n’a que peu d’importance. Sur le plan politique, l’État est quasiment divisé à égalité entre les républicains et les démocrates, avec un important pourcentage d’indépendants. Cette division politique correspond, plus ou moins, à la fracture entre la population concentrée dans les villes de la vallée de la Willamette et le reste de l’État. C’est « city slickers vs rednecks » (les gens de la ville vs les culs-terreux réac). Bien que l’Oregon ait passé plusieurs lois considérées comme « progressistes » sur le plan national (il fut l’un des premiers États à reconnaître le mariage gay, à voter des lois sur la protection de l’environnement et sur l’utilisation des terres), la mentalité est plutôt libérale. Pour décrire l’attitude des Orégoniens, les paroles d’une chanson de Hank Williams me viennent à l’esprit : « If you mind your own business, you won’t be minding mine… » (« Si vous vous occupez de vos affaires, vous ne vous occuperez plus des miennes… »). Comme partout, nous constatons une érosion grandissante du sentiment de valeurs partagées.

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