Mamad et Toinot, correspondance d'un poilu

En dehors des assauts, la vie du soldat lors de la première grande guerre est faite d'attente, occupée en partie par la correspondance avec les familles. Toinot est l'un d'eux. Infirmier au front, il écrit presque quotidiennement à sa femme, Mamad, restée à Chalon-sur-Saône avec leur fils René. Leurs cartes postales, mises en scène de studio ou photomontage, sont le reflet d'une propagande qui exalte le nationalisme, à travers l'héroïsme du Poilu, la fidélité de l'épouse, la fraternité avec les alliés belges et anglais. Autant de poncifs qui rompent avec l'horreur que vivent chaque jour les soldats au front. Le musée Nicéphore Niépce a conservé la correspondance de Mamad et Toinot, dont Mediapart présente des extraits.

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  1. Ormes, le 19 décembre 1914

    Mon chéri,
    Voilà deux jours que je suis sans nouvelles de toi. Le temps me paraît long et le temps me dure énormément vivement que tu rentres auprès de moi. J'ai fait un beau rêve cette nuit mon chéri j'ai rêvé que tu étais rentré. Ah ! si tu savais, si j'étais heureuse et si je t’ai embrassé de bon cœur. Ah ! tu peux croire que j'étais heureuse de te revoir espérons mon chéri que mon rêve se réalisera bientôt et que nous serons réunis pour toujours et que nous ne nous quitterons plus jamais.
    Mamad

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