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Mediapart
Ven.31 octobre 201431/10/2014 Dernière édition

Mathias Énard en ravaudeur avisé de la Méditerranée

|  Par Antoine Perraud

22 août, date officielle du début de la rentrée des livres, des centaines de romans et une première station sur un chaînon marquant :  Rue des Voleurs. Forçat inspiré de l'impossible raccommodage Nord-Sud, Mathias Énard, en un roman aussi puissant que lancinant, se met avec maestria, pertinence et sincérité dans la peau de Lakhdar, un jeune Marocain guignant l'Espagne.

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Le roman est grand et Mathias Énard est son prophète. Il y avait eu le roman d’hier, Zone (2008), évocation ahurissante des machines infernales du XXe siècle et de tout ce qui s’ensuit, d’Auschwitz à Jérusalem. Voici le roman d’aujourd’hui, Rue des Voleurs, qui piste les soubresauts du bassin méditerranéen à l’heure des printemps arabes, à travers le destin vivace et tragique d’un Marocain soudain sorti de l’adolescence.

Ce Lakhdar, banni de sa famille pour avoir lutiné sa cousine, part chasser le bonheur avec l’énergie et la sensibilité du désespoir : c’est un anti-héros stendhalien. Miroir des recoins, il révèle son époque en progressant dans un surplace régressif : Tanger, ...

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