Dès 2003, Misha Friedman s'engage comme logisticien bénévole dans les équipes de Médecins sans frontières, notamment au Darfour. Puis comme photographe, à partir de 2008, il décide de travailler sur les programmes de lutte contre la tuberculose. Les photos présentées ici ont été prises notamment en Russie et Ukraine. La plupart des malades photographiés sont aujourd'hui morts.
À Visa pour l'image, une projection autour de ce reportage est programmée ce 5 septembre au Campo Santo. Misha Friedman est aussi l'un des trois nominés pour le prix Visa de l'Association nationale des iconographes-Pixpalace décerné ce soir. Lire aussi ici, dans le Club de Mediapart.Saint-Pétersbourg, Russie. Polina, 37 ans, vient juste d'être amenée dans cet hôpital. Sérieusement atteinte de malnutrition, elle souffre de nombreux maux, dont la tuberculose, l'hépatite C et le VIH.
Russie. Kolya, 31 ans, toxicomane, a passé quelques années en prison. C'est là qu'il a contracté la tuberculose, en plus du VIH avec lequel il vivait déjà. Il est mort quelques semaines après la prise de cette photo.
Dans une clinique de Donetsk, en Ukraine, les mains d'un patient atteint de tuberculose. Cet homme est un ancien détenu. Selon les autorités, environ 1 000 détenus de la prison sont atteints de tuberculose. Quelque 16 % des hommes de la région ont été emprisonnés à un moment ou à un autre.
Ouzbékistan. Le quartier réservé au traitement de la tuberculose multi-résistante, dans l'hôpital no 1 de Noukous.
Ouzbékistan. En visite dans une famille, les psychologues doivent prétendre être des amis afin que les voisins ignorent la présence de personnes atteintes de la tuberculose. Les tuberculeux sont traités comme des pestiférés.
Ouzbékistan. Deux patients de l'unité de soins intensifs de l'hôpital no 2 de Noukous, souffrant de tuberculose avancée.
Russie. Un médecin discute avec une jeune malade pendant la visite du soir.
Noukous. Bekimbnetov Rakhat, atteint de tuberculose multi-résistante, chez lui. Des conseillers psycho-sociaux de Médecins sans frontières visitent les patients en hospitalisation à domicile au moins une fois par semaine.
Noukous. Un conseiller de Médecins sans frontières attend un patient souffrant de tuberculose multi-résistante. Ceux qui sont hospitalisés à domicile viennent quotidiennement pour des check-up à la polyclinique.
Noukous. Islambek, 19 ans, souffre de tuberculose ultra-résistante. Les médecins ont découvert qu'il ne peut être soigné. Son frère se remet d'une tuberculose multi-résistante. Leur mère est morte de la tuberculose.
Noukous. Ce patient de 18 ans, traité dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital no 2, avale 22 pilules par jour.
Saint-Pétersbourg. Un sans-abri avec un tatouage représentant un swastika (croix gammée) pendant une consultation gratuite dans un hôpital.
Saint-Pétersbourg. Une infirmière hospitalière vérifie le poids d'un malade pendant qu'un autre patient l'encourage.
Russie. Natasha, 25 ans, ancienne détenue, consommatrice de drogues dures et mère de deux enfants, est infectée par la tuberculose et le VIH.
Saint-Pétersbourg. Anatoly, 45 ans, médecin à l'hôpital Botkin, spécialisé dans les maladies infectieuses, est aussi responsable d'une clinique qui soigne les sans-abri. Il voit beaucoup de patients arrivant avec les symptômes de la tuberculose et tente de les faire admettre à l'hôpital pour un traitement.
Russie. Une infirmière trie les dossiers des patients morts récemment.
Hôpital de Saint-Pétersbourg. Le bureau de l'infirmière en chef. Les équipements sont vieux de plusieurs décennies et la peinture est écaillée.
Donetsk, en Ukraine. Roza, assistante sociale, est agenouillée devant Katya, 37 ans, traitée pour une pneumonie à l'hôpital. Katya se drogue, elle est contaminée par le VIH et probablement aussi par la tuberculose. Ses jambes sont tailladées et infectées par des injections avec des aiguilles sales.
Donetsk. Dans une clinique des faubourgs, un médecin recherche des signes de vie chez Andrei, 46 ans. Mais cet homme, toxicomane pendant de nombreuses années, est mort. Il s'était présenté à l'hôpital trois jours plus tôt.
Donetsk, en Ukraine. Des hommes se rendent à l'hôpital spécialisé dans le traitement de la tuberculose.
Les 3 commentaires les plus recommandés
Au revoir le communisme, bonjour le capitalisme!
On regarde ces photos, mais ce que nous voyons n'est que notre propre détresse intérieure. Quand l'empathie reste bloqué devant un écran d'ordinateur, qu'elle ne peut dans l'instant tendre la main, c'est une giffle qu'elle reçoit.
Nous avons tout pour batir un monde sublime, et nous y souffrons en majorité, pour rien...Parce qu'une poignée de gangsters et de tyrans libéraux nous imposent un ordre insoutenable: Que chacun s'enrichisse librement, individuellement...
Où est la liberté! Celle de choisir sa vie ou celle de choisir sa mort, tout en n'ayant pas le choix entre les deux!
Le capitalisme n'est rien d'autre que la loi de jungle, celle des prédateurs.
Je croyais que le monde était une terre cultivée...
Pour les photos en elles mêmes, elles sont extraordinaires. C'est un moment de rencontre.qui témoigne de l'insoutenable, d'autant plus insoutenable qu'il révèle aussi la beauté de l'être.
Non ce n'est pas de la propagande c'est voir en face le visage de la Mort tout simplement. Aussi je ne peux m'empêcher de poster cette photo de Vie pour expulser ma détresse devant ces visages. Un petit brin de soleil pour les pestiférés.
Bon Dieu ! Quel reportage poignant
Tous les commentaires
Bon Dieu ! Quel reportage poignant
Terrible, terrible.
Horrible: à faire regretterle commuisme!
Au revoir le communisme, bonjour le capitalisme!
On regarde ces photos, mais ce que nous voyons n'est que notre propre détresse intérieure. Quand l'empathie reste bloqué devant un écran d'ordinateur, qu'elle ne peut dans l'instant tendre la main, c'est une giffle qu'elle reçoit.
Nous avons tout pour batir un monde sublime, et nous y souffrons en majorité, pour rien...Parce qu'une poignée de gangsters et de tyrans libéraux nous imposent un ordre insoutenable: Que chacun s'enrichisse librement, individuellement...
Où est la liberté! Celle de choisir sa vie ou celle de choisir sa mort, tout en n'ayant pas le choix entre les deux!
Le capitalisme n'est rien d'autre que la loi de jungle, celle des prédateurs.
Je croyais que le monde était une terre cultivée...
Pour les photos en elles mêmes, elles sont extraordinaires. C'est un moment de rencontre.qui témoigne de l'insoutenable, d'autant plus insoutenable qu'il révèle aussi la beauté de l'être.
Tu as dit l'essentiel , le vrai, ce que beaucoup d'entre les humains ne savent plus voir, prisonniers qu'ils sont , commes des aveugles, d'un sysème socio-économique ( le capitalisme, pourquoi ne pas le nommer ? ) qui les pousse vers l'inessentiel ( la consommation égoïste de tout ) , vers le faux ... Il ne faut jamais désespérer, mais parfois, c'est dur...
Le capitalisme n'est rien d'autre que la loi de l'argent, celle des privilégiés ... (Fixed) :)
La loi du plus fort non, la loi du plus fortuné oui (plus précis).
entièrement d'accord avec toi ! merci le capitalisme triomphant !!!!
Magnifique commentaire sinoué ,comme dab...
Magnifique commentaire sinoué ,comme dab...
Reportage intéressant, mais le titre: "Russie: Le mouroir des tiuberculeux" est contestable dans la mesure où il introduit des préjugés dignes der reporotages de propagande dont Médiapart s'est fait une spécialité!
Les photos en noir et blanc renforcent ce aspect de sinistrose assez insoutenable
Non ce n'est pas de la propagande c'est voir en face le visage de la Mort tout simplement. Aussi je ne peux m'empêcher de poster cette photo de Vie pour expulser ma détresse devant ces visages. Un petit brin de soleil pour les pestiférés.
05/09/2012, 12:35 par fxavier
Reportage intéressant, mais le titre: "Russie: Le mouroir des tiuberculeux" est contestable
le qualificatif " intéressant " est quand même ambigu! intéressant en quoi? de l'info pour de l'info, meilleure parce que imagée? un plaisir esthétique devant de la belle image? une curiosité d'ethnologue satisfaite? le réconfort de ne pas en être? la satisfaction d'un occidental vacciné et repu? le frisson de l'horreur? le commentaire du photographe me manque toujours, la culpabilité du voyeurisme me taraude, l'impuissance me tue, mais homo sum etc... sinistre et inutile solidarité. Néanmois, merci de faire vibrer ces cordes qui relient ma chair à toute chair souffrante et de me rappeler que toute lutte doit avoir pour objectif de combattre la souffrance, partout, en tous temps, quelle qu'elle soit.
interessant oui, parce qu'après les goulaghs, on voit ici qu' il y a autre chose dont on se garde bien (en général) de parler: les ravages du capitalisme débridé !
Mais ? la tuberculose multi-résistante est un mal en progression qui touche la planèteet on en connait les causes ...il arrivera peut être un moment , avant qu'on n'ait trouvé la parade ? que nous soyons l'un ou l'autre isolé dans une chambre d'une propreté éclatante , avec les couleurs les plus sympa , dans un hôpital ultra aseptisé , à attendre....
quoi ?
Alors ? un peu glauque quand même ce traitement très orienté ...de la problématique
Rédigé par une amie de Philippe
Il m'arrive actuellement souvent de penser que nombre d'entre-nous allons finir dans des mouroirs .
Oui, c´est ce qui peut arriver quand la tuberculose va se répandre et que les chercheurs n´y trouvent pas de réponse sous la forme d`un médicament.
Il parait qu'en Suisse on peu acheter une petite pillule pour fermer la lumière soit même avant de finir dans un mouroir....
9a m'interesse beaucoup, comment peut'on faire por l'avior?.j'accompagné mon epous pendant 9 ans, je veut pas passer par là
terrible et horrible à la fois.Les tsars et autres demeurent et se renouvellent,lepeuple quant à lui est toujours dans la misère et meurt.A quoi a servi stalingrad pour en rester dans un tel dénuement!
Rois, royaumes passent, gouvernements, systèmes passent et tombent . Capitalisme, communisme c'est du pareil au même.
Face à la mort qui nous attend tous, que sommes-nous sans Dieu?
J'ai crié à Lui et Il m'a répondu et Il m'a envoyé son salut : Jésus Christ Fils de Dieu, Roi des rois. J'attends son retour face à ce monde qui se disloque. Je n'ai que ce seul et véritable espoir : tout ce cauchemar va prendre fin, bientôt enfin. Satan sera démasqué et lié.
...pas d'accord, nous voulons una mort(puisque inevitable) digne pour tous, ici la bas; partout!!!!!!!!!!! si vous attandez satan alors ........... je souhaite una chose reel
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On ressent la mort qui suinte de partout les murs.
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Photos très esthétiquement vôtre ou comment faire de «l'art» avec la mort d'autrui.
Elles témoignent de l'indicible. Qu'un photographe ait du talent et le mette à profit pour témoigner, on ne va pas le lui reprocher tout de même. Vous n'aimez que les photos de mode ? Et Picasso, Goya, vous leur reprochez d'avoir mis la souffrance humaine à leur profit ? Quel est au fond le moteur intérieur du photographe, qu'est-ce-qui fait qu'il choisit de prendre de telles photos ? Ego ? Révolte ? Empathie ? Probablement tout cela à la fois. Nous n'avons pas à juger.
Ces images nous parlent, d'humain à humain. Merci à l'artiste qui a fait médiation.
Bien sûr je ne peux pas nier le sentiment atroce que ces photos apportent. L'impuissance aussi à seulement les regarder. Mais je m'interroge sur les commentaires...
Quand on montre une infirmière ou un médecin, j'aimerais savoir qui sont ces gens qui travaillent dans ces "mouroirs" et avec quels risques ?
Bien des commentaires de photos jouent uniquement sur l'émotionnel et ne donnent en fait aucun renseignement véritable, aucune info digne d'un reportage.
(photo 2 : c'est parce qu'on nous dit qu'il est mort qu'il nous touche davantage ? Photo 3 : en noir et blanc aussi, combien de personnes âgées pourraient montrer de telles mains... sans le commentaire et le titre du reportage, quel intérêt sinon l'émotion provoquée. Photo 4 : qui est cette femme... quel intérêt que ce couloir ? Parce qu'il est oblique et en noir et blanc, il nous impressionne davantage ? Et pourquoi si c'est tant honteux que ça il y a quand même un service psy et médical qui fait des visites à domicile, même en se cachant ? J'aimerais bien en savoir plus plutôt que d'activer chez moi l'horreur, la révolte et même le dégoût...)
En fait, loin de moi l'idée de provoquer, mais j'ai plus l'impression d'être dans Paris Match que sur Médiapart !
Un Grand Merci à Fisha Friedman pour s'etre engagé comme bénévole pour médecin sans frontiere, et d'avoir fait ces sublimmes photos qui démontrent la détrésse de l'etre humain vivant dans des pays horribles. Merci à visa pour l'image. Une Bonne Image N'a pas besoin de légende, elle parle d'elle meme.
C'est l'horreur! Combien d'entre nous ont pu regarder ces photos sans être dégoutés par un système où l'homme ne compte pour rien, sinon pour faire gagner de gros sous à quelques loups. Oui," l'homme est un loup pour l'homme": arriverons-nous jamais à le changer? Plus je viellis et plus j'en doute! LC
Les photos témoignent de manière sensible et cohérente, d'où leur beauté (je suis impressionnée notamment par l'infirmière traitant les dossiers des personnes mortes ainsi que par le médecin et son patient à la lucarne). Les commentaires nous expliquent la situation, et là ça devient terrible, l'éclairage nous fait lire l'image. Et c'est là que l'on comprend totalement la misère, la solitude, le manque de moyen pour la prise en charge matérielle, heureusement des humains sont là.
Texte et image travaillent ensemble.