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Mer. 22 Mai
Portfolio | 20 photos

En Ethiopie, avec les paysans expropriés

Ce reportage en Éthiopie est le premier volet d’un vaste projet sur l’accaparement de terres dans le monde. Ces terres riches car fertiles ou recelant en sous-sol des matières premières sont exploitées par des multinationales ou des États, appauvrissant les populations locales. Le prochain reportage d'Alfredo Bini est prévu en Argentine, s’il arrive à trouver les financements nécessaires. Pour le soutenir ou s'informer du projet, on peut entrer en contact avec le photographe sur ses comptes Facebook et Twitter (@alfredobini75)

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Awash, près de la réserve naturelle d'Aledeghi. Un berger afar, menacé d'expropriation par les projets de la compagnie Metahara, indique l'emplacement de la future route qui servira au transport de la canne à sucre. Alors que l'agriculture destinée à l'exportation est en plein boom, le Programme alimentaire mondial et l'administration américaine sont obligés de subvenir aux besoins en nourriture des habitants.

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Dans le complexe de Karuturi, à Gambela. Abago arrose les palmiers à huile de la pépinière. Son village sera probablement détruit pour faire de la place pour les plantations.

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Gawani. John, travailleur agricole, n'a pas été payé depuis trois mois. Il est l'un des dix employés qui auraient dû travailler sur les 2 000 hectares loués par un investisseur saoudien pour la production de luzerne destinée aux élevages bovins d'Arabie saoudite. Mais la production n'a jamais démarré.

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Dans les environs de Gambela. Adam et Nebiyu sont bergers. Depuis qu'une partie de leurs terres ancestrales ont été cédées à des investisseurs et clôturées, ils n'ont plus accès à certains pâturages. Ils mettent beaucoup plus de temps qu'auparavant à conduire leurs troupeaux aux points d'eau encore accessibles.

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Dans la région de Tigray. La moyenne de la superficie allouée aux fermiers locaux ne dépasse pas 0,6 hectare, ce qui est insuffisant pour subvenir aux besoins en nourriture des familles des environs. L'Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

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L'école d'Arabhara, un petit village afar non loin de la réserve naturelle d'Aledeghi. Le village, dont une grande partie de la nourriture consommée provient de l'aide humanitaire, se trouve dans la zone de 20 000 hectares convoitée par la Metahara pour étendre sa production de canne à sucre.

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Jeune Afar dont le village doit être déplacé afin de permettre à la compagnie sucrière Metahara, propriété du gouvernement, de se développer. Les Afars se disent prêts à prendre les armes pour défendre leurs terres.

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Des hommes armés gardent les tuyaux d'irrigation des plantations de la compagnie sucrière Metahara, pour empêcher les sabotages ou les attaques des paysans locaux.

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Gambela. Brûlis dans le complexe de la compagnie Karuturi. Cette pratique vise à faciliter le travail des bulldozers qui doivent préparer la terre pour la plantation de palmiers à huile et de canne à sucre. L'exploitation occupera 300 000 hectares et l'on construit un canal pour acheminer l'eau depuis le fleuve Boro. L'exploitation est toute proche d'un parc national réputé, second plus grand lieu de migration d'animaux en Afrique.

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Gawani. Des paysannes afars cueillent du coton sur la plantation d'Herrie Hamedi Ali.

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Awash, près de la réserve naturelle d'Aledeghi. Plantation de canne à sucre pour la compagnie gouvernementale Metahara. Un plan d'expansion de 20 000 hectares est prévu pour booster la production. La canne sera également exploitée pour la fabrication de biocarburants.

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La compagnie sucrière de Metahara, à 80 km de la ville du même nom, produit du sucre et des bio-carburants. Lopiso Lagedo, ouvrier agricole, travaille aux champs de 5 heures du matin à 1 heure de l'après-midi pour 0,60 euro par jour.

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Le département des expéditions de Jittu, dans l'usine d'Awasa. Birtukan Maneko, 28 ans, polit les poivrons qui seront expédiés dans les Émirats arabes unis. Jittu est notamment, via un distributeur dubaïote, le fournisseur exclusif de la chaîne d'hôtels Hilton. 80 % de la production éthiopienne est destinée à l'exportation.

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Awasa. Les serres de l'entreprise saoudienne Jittu Horticulture, où sont cultivées des tomates cœur de bœuf. Jittu, propriété du cheikh Al Amoudi (63e au classement des hommes les plus riches de la planète), est l'une des plus grosses compagnies agricoles d'Éthiopie et la première exportatrice vers l'Union européenne. Dans ses serres réparties sur plus de 800 hectares, elle emploie quelque 1 300 ouvriers payés environ 0,80 euro par jour.

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Metahara. La route qui conduit au port de Djibouti longe l'ancien chemin de fer. Construit dans les années 1930 par les colons italiens, il va être remis en service, grâce notamment à des financements européens. Cela afin de favoriser l'exportation des produits agricoles qui ne peuvent être acheminés vers les pays destinataires par avion.

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Addis-Abeba. M. Birinder Singh, directeur de Karuturi Agro Industries, désigne tous les territoires appartenant au géant indien. Karaturi est le numéro 1 mondial de la production de roses coupées. Autrefois établi au Kenya, il se déplace désormais vers l'Éthiopie, les conditions de travail y étant plus avantageuses.

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Addis-Abeba. Des traders à la bourse éthiopienne des matières premières (essentiellement le café, le blé, le maïs, le sésame et le coton). Les volumes d'échanges ne dépassent pas 1 million de dollars par jour, mais on s'attend à un boum dans les cinq prochaines années, en raison de la croissance exponentielle du secteur agricole.

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Riyad, Arabie saoudite. Conférence pour les investissements en Afrique des pays du Golfe. Réunion de travail de la commission dédiée aux échanges commerciaux.

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Al Charjah, Émirats arabes unis. L'un des centres de stockage où l'entreprise Jittu achemine ses cargaisons de fruits et légumes en provenance d'Éthiopie. 

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Addis-Abeba. Un marchand de primeurs au grand marché. Les paysans locaux font pousser leurs produits selon des méthodes traditionnelles, sans pesticides, sur de petites parcelles situées pour la plupart aux abords de la capitale. Leur activité est menacée par l'actuel processus d'industrialisation de l'agriculture.

Tous les commentaires

l,esclavage  n,est  pas  aboli  au  contraire  ol  est  florissant

photos ethiopie

Je connaissais le problème depuis mars 2012 pour avoir rencontré une personne qui travaillait dans une multinationale qui plante de la canne à sucre en Ethiopie . J'avais naïvement posé la question de savoir si les éthiopiens avaient besoin de canne à sucre pour vivre et se nourrir, s'il n'était pas mieux de planter autre chose .

Tout cela en dit long sur le système politique de l'Ethiopie actuelle qui préfère vendre ses terrains agricoles (propriétés de l'Etat) ou louer aux offres des nababs du Moyen-Orient ou des Horticulteurs hollandais plutôt qu'à ses propres paysans! Sans compter l'exploitation minière et autre par les Chinois, omniprésents. Sans compter la complicité d'une église de nantis corrompus par le pouvoir...et l'argent!

Et avec la faiblesse de la mousson, la famine s'aggrave dans ce pays autrefois autosuffisant...

@c mawas   Vous avez tout à fait raison .... "Sans compter la complicité d'une église de nantis corrompus par le pouvoir...et l'argent!.... vraiment quelle honte de se comporter ainsi sans faire fonctionner son cerveau , être déshumanisé à ce point !

Tout à fait d'accord, je partage la peine de ces Ethiopiens qui triment pour la canne à sucre, à moi donc de cueillir et d'apporter les citrons verts qui poussent dans les arbres, tous ensemble partageons ce Mojito spécial dédicace. Un premier geste de consommation responsable.

Jardin d'Eden UrbainJardin d'Eden Urbain

 

Réponse à Délia, qui dit : "acheter TOUT ce dont on a besoin en sélectionnant l'origine des produits, les producteurs, l'éthique des intermédiaires"

Vous le faites?

Là est le problème...

Constat implacable de Claude Bourguignon sur l'état des terres agricoles dans le monde.A diffuser largement.

© Claude Bourguignon

Il y a aussi le moteur minato à aimants permanents.A vérifier car certains parlent d'intox.

 http://ovni007.tripod.com/id106.html

Quelle folie ! Quelle tristesse !

Il faut limiter la hausse de la population mondiale afin que chacun vive mieux. Sinon on voit le résultat : les plus puissants s'accaparent les terres, la vie.

Limiter la population et partager les richesses de la terre.

@ Anabella : merci et ouf Sourire, je me sens moins seule en tant que femme de souvent formuler ce voeu "limiter la hausse de la population mondiale", en premier là où une multinationale a décidé, sous la menace de la force, de s'approprier les sols, de les appauvrir, de les rendre stériles pour les générations à venir ! Ce n'est plus une vie quand des malotrus s'accaparent toute votre existence en vous tolérant comme esclave ou en vous chassant !

la multinationale en question importera, hélas, du "matériel humain" sans problème ... en laissant espérer ....  on ne sait quoi ! Il devrait y avoir d'autres solutions , "limiter " le pouvoir et les profits de ces multinationales , limiter, réglementer, interdire ..... mais là je rêve!

L'augmentation de la population est souvent surévaluée. Ces prévisions ne rendent pas compte de faits importants tels que la baisse de fécondité en Afrique. Cette erreur explique les chiffres exponentiels qui sont régulièrement cités (9 milliards en 2050), mais qui sont faux...

Attendez d'avoir des prévisions plus fiables avant de souhaiter des moyens aussi définitifs que le contrôle des naissances...

Génocide en Afrique, il n’y a pas d’autres mots !

Admirable reportage photographique... Photographies tellement parlantes - mais hélas édifiantes...

Terrible problème, en Afrique et sur d'autres continents aussi.

L'avidité de quelques-uns condamne l'ensemble des habitants de notre terre et défigure la terre elle-même. 

Mais, qu'il est donc difficile de leur faire admettre que l'on aurait pu vivre en harmonie et TOUS plus heureux!

Merci pour ces photos par ailleurs très belles.

Magnifique reportage, malheureusement l'homme continue(ra) de traiter l'homme comme une marchandise, à travers le système capitalo-financier en vogue actuellement...

Comment faire pour partager ces photos et commentaires ? je ne vois pas de possibilité . Quelqu'un peut-il m'aider , me conseiller ? merci

TU COPIES LES PHOTOGRAPHIES PAR UN CLIC DROIT. TU OUVRES UN DOSSIER (OU AVANT DE CLIQUER) A NOMMER. TU COLLES LES PHOTOGRAPHIES COPIEES. TU IMPRIMES OU TRANSPORTES LES PHOTGRAPHIES PAR PAPIER. CD. CLEF USB OU TU INVITES TES AMI ES A VENIR LES VOIR CHEZ TOI. TU PEUX ME CONTACTER: christianxerri@sfr.fr, OU ETUDIER LE MANUEL DE L UTILISATRICE DE TON ORDINATEUR. BONNE JOURNEE. CHRISTIAN 

Le plus simple est d'utiliser PDF creator, logiciel libre à télécharger sur 01.net, et on lance une impression en choisissant PDF creator comme imprimante, ce qui crée un fichier PDF de  3 Mo. Je viens de le faire pour l'envoyer a des amis éthiopiens. Ne pas le faire trop souvent et ne pas oublier d'inciter les gens à s'abonner ! :)

Ha! les photos...elles nous font réagir et tant mieux. Vous semblez vous offusquer et vous montrez votre colère mais nous sommes tous dans la même galère! Ecoutez Claude Bourguigon, regardez les agissements des multinationales, des laboratoires pharmaceutiques, de l'agroindustrie...mais chez nous c'est plus insidieux mais le but est le même. Nous asservir totalement à petit feu! Quelle tristesse! Mais comment réagir? Localement, certes mais cela suffira-t-il? Nous sommes tous vraiment dans un total aveuglement qui nous assujetti de plus en plus à l'avantage du leader mondial! La Terre aura son dernier mot, c'est sûr!

 

C'était tellement mieux quand les Ethiopiens crevaient de faim sous un régime communiste !

Le capitalisme - dans l'agriculture comme dans l'industrie - est la seule chance de l'Afrique et des Africains, mais ce rêve n'est malheureusement pas pour demain. Quand des centaines de millions d'Africains seront honteusement exploités par des multinationales et auront ainsi la chance de toucher chaque mois un salaire qui leur permettra de manger chaque jour et d'acheter quelques biens de consommation, le monde se portera mieux. La pauvreté reculera alors en Afrique comme elle l'a fait en Chine.

Mais bon, je sais que, pour beaucoup de bonnes âmes, le seul vrai Africain est celui qui meurt de faim, jeune, en mangeant pas grand chose, mais un "pas grand chose" bio...

Cher Turgot, j'ai peur que vous ne confondiez les causes et les effets. L'Ethiopie n'est pas un pays voué, sans le capitalisme, à faire mourir de faim sa population. Si certains endroits sont impropres à certaines cultures, d'une part une grande partie du pays est constituée de terres fertiles et convenablement arrosées (les périodes sèches pouvant être compensées par des stockages d'eau en saison humide), d'autre part les populations des régions plus difficiles, comme l'Afar bien illustré ici, ont appris à vivre depuis de nombreuses générations en équilibre avec leur milieu (d'ailleurs s'ils n'y arrivaient pas ils seraient partis depuis longtemps). Les famines en Ethiopie n'ont rien à voir avec une tradition de pauvreté, qu'un capitalisme salvateur viendrait transformer en vie d'abondance. Ces problèmes ont été créés de toute pièce par des décisions politiques et parfois des situations géopolitiques complexes (relations avec les pays du Nil) amenant un mode de développement inadapté. D'abord sour le règne communiste de Mengistu, puis sous le régime actuel, qui sous certains aspects est à l'antipode du régime Mengistu mais conserve cette tradition de ne tenir compte en aucun cas des populations, que l'on ne considère en haut lieu pas plus que du bétail récalcitrant aux visions démesurées des gouvernants. Pour déblayer le terrain, les autorités dramatisent les conditions naturelles, promettent monts et merveilles aux habitants pour les faire dégager (mais en conserve quelques uns sur place si nécessaire lorsqu'il y a besoin d'un peu de main d'oeuvre, comme dans le cas présent), puis les déplacent sans rien ou à peu près en contre-partie dans des lieux dont les conditions de vie sont bien plus difficiles que dans leur milieu initial (pas d'accès à l'eau, électricité, écoles et hopitaux - justement ce que devraient permettre les bienfaits du capitalisme). Il y a ces cas bien connus de déplacements forcés, pendant des années et jusqu'à très récemment, de populations éthiopiennes qui tombaient comme des mouches après leur déplacement dans des zones à paludisme dans l'ouest du pays. Aujourd'hui ce genre de politique gouvernementale qui nie les réalités du terrain se poursuit, et c'est ce qu'illustre ce reportage.

Vous ne pouvez pas dire que ces problèmes sont des distorsions de réalité créées par de bonnes âmes occidentales anticapitalistes. Lorsqu'il est question de populations il est fondamental d'observer d'abord les gens, leurs relations au milieu naturel, leurs propres souhaits de développement, et d'harmoniser ces contraintes avec les ambitions du pays. Si vous alliez vous-mêmes dans ce pays et vous immergiez dans la population, vous constateriez sans doute que le problème n'a rien de théorique, capitalistes contre anti-capitalistes, que réellement ces personnes souffrent et meurent de décisions politiques prises non seulement sans qu'on demande leur avis (qui serait pourtant légitime, faut-il rappeler que l'Ethiopie a des institutions qui se veulent démocratiques), mais parce qu'elles sont inadaptées aux problèmes rencontrés par les hommes dans leur milieu et leurs aspirations. Que le capitalisme soit une solution, c'est possible, mais toute l'histoire montre qu'appliquer un dogme de développement sans concertation avec les principaux concernés est voué à l'échec, c'est-à-dire entre autres à davantage de souffrance humaine.

Cher Danielek,

Merci pour votre réponse toute en nuances. Je m'attendais à des insultes de la part de lecteurs de Médiapart unis dans l'anticapitalisme fervent (est-ce que j'espérais des insultes, c'est bien possible, d'où une certaine déception, je l'avoue...).

Je vous répondrai sur le fond lorsque je serai parfaitement réveillé (vers 16/17h00...).

Mais dès maintenant, je dirais instinctivement que cet article reflète quand même une vision anticapitaliste/antilibérale/antimodernité qui fait que, pour certains écolos/altermondialistes/bobos/repentants-de-tout-ce-que-l'Occident-a-fait-et-fera-en-Afrique, un Africain qui meurt de faim bio vaudra toujours mieux qu'un autre qui vit bien en se lançant dans l'agriculture intensive à base d'engrais, d'engins mécaniques et d'exportations vers les villes ou vers les pays riches.

Hum, cela reste tout théorique.... A vrai dire je ne vois pas bien où vous voulez en venir. Il n'est aucunement question d'altermondialisme ou de capitalisme, mais de démocratie.

Un analogue pour nous serait que le gouvernement français décide un jour que votre maison et votre boulot sont inutiles au développement du pays, confisque votre maison et vous propose soit de travailler dans le centre d'appel téléphonique qui sera construit à l'emplacement de votre maison pour un tarif en-dessous du smic, soit d'aller voir ailleurs sans compensation.

Cette question grave de démocratie (qui concerne des dizaines de milliers d'Ethiopiens dans différentes régions) se double d'une question très pratique de sécurité alimentaire, à l'échelle des populations et à l'échelle du pays. Le gouvernement éthiopien, qui depuis longtemps a délégué ses services publics aux "pays donateurs" et aux ONG (cad écoles, dispensaires, aide alimentaire bien sûr, et même justice (gros programme du MAE français ces dernières années), se repose entièrement sur eux (c'est-à-dire nous) pour la politique sociale, sachant que les Etats-Unis et l'Europe seront toujours là pour financer de façon indéfectible ce "sanctuaire chretien" tant que les pays alentours (Somalie, Erythrée, Soudan, Yémen) seront musulmans (et sans compter le fantasme habilement entretenu du pétrole éthiopien). Y compris donner à manger aux gens si les cultures d'exportations ne permettent plus une sécurité alimentaire de base. Soutien financier qui, soit dit en passant et ce n'est pas un scoop, part en grande partie et depuis longtemps dans les paradis fiscaux d'une part, et d'autre part dans l'armée (ce qui nous fait un pernicieux retour sur investissement bien sûr) grâce à l'épouvantail fort utile du conflit érythréen.

Ce que j'essaie de vous faire comprendre est que ce qui est important est de résoudre une situation inadmissible non pas en se payant de mots ou de dogmes, mais en réfléchissant aux tenants et aux aboutissants de nos actes dans une situation (comme souvent) complexe.

Concernant les régimes bureaucratiques du Négus et de Mengistu, on sait maintenant que que des régions récalcitrantes furent délibéremment isolées pour provoquer des famines. Aucune vision économique. Actuellement, les dirigeants éthiopiens, toujours aussi autoritaires et bien plus corrompus se vendent aux plus offrants, les Chinois en particulier qui savent mieux que les occidentaux corrompre et récupérer les marchés. Effectivement les Européens ont remis à niveau la route Djibouti-Addis, vont sans doute s'occuper de remetttre en état la ligne de chemin de fer qui ne fonctionne plus que de Djibouti à Dire-Daoua, mais c'est Siemens qui .a récupéré l'électrification d'Ethiopie à Djibouti; le social, très contrôlé par la bureaucratie traditionnelle à l'Ethiopie appelle un retour d'ascenseur et tous les pays sont simplement conscients que l'Ethiopie est un grand marché à venir, si elle s'ouvre davantage, son problème étant l'insuffisance de ses devises et la fermeture de son système bancaire. En fait ses dirigeants ont peur d'une libéralisation économique qui s'acompagnerait d'une libéralisation de la vie politique. En Ethiopie Musulmans et Orthodoxes, c'est moitié-moitié et ce n'est pas la raison du sanctuaire chrétien qui appelle les subventions occidentales, l'Erythrée est à la ramasse et l'Ethiopie commerce avec le Somaliland qui est un débouché concurentiel par rapport à Djibouti, les investissements de la péninsule arabique et du Golfe affluent à leur manière, la Chine et maintenant le Japon pour contrer les Chinois assurent la rentrée de commissions. L'Ethiopie, deuxième population d'Afrique après le Nigéria, va devenir un marché intéressant.

grand merci pour cette réponse .

Photo 15, Il me semble que le chemin de fer Djibouti-Addis a été financé et réalisé par des Français, ce qui explique l'utilisation et la vulgarisation de la langue française dans les gares et chez les cheminots tout le long de la ligne jusqu'à Addis, et sans doute la vulgarisation de la pétanque qui se pratique toujours à Djibouti et plus loin. Par contre, les Italiens ont réalisé pendant leur occupation de quatre années une route de montagne extraordinaire dans le Tigray, vers l'Erythrée.

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