Le sixième volet du reportage d'Antonio Pagnotta nous fait sortir de la zone d'exclusion de Fukushima. Nous sommes à Tokyo, dans une famille nippo-américaine dont la vie a été bouleversée par la catastrophe nucléaire. La crainte des radiations est devenue une obsession quotidienne.

19 octobre 2011. A droite, David Moore avec l'un de ses fils, Joshua. A gauche, sa femme Ryoko avec Jonathan. Ils sont chez eux à Tokyo. Sur la table, un compteur CPM analyse un échantillon de terre contaminée. Sur l'écran de la télévision s'inscrit la courbe du césium radioactif contenu dans l'échantillon.

19 octobre 2011. David Moore vient de recevoir des achats qu'il a faits sur internet. Il se fournit en produits alimentaires d'importation pour éviter la contamination radioactive.

19 octobre 2011. La zéolithe est un minéral microporeux appartenant au groupe des silicates. Ajoutée à la nourriture de toute la famille, elle est censée combattre la radioactivité.

21 octobre 2011. David Moore découpe une racine de lotus avant de l'analyser avec son compteur geiger. Les végétaux absorbent des particules radioactives par leurs racines ou leurs feuilles.

19 octobre 2011. A gauche, les sacs de riz et de farine non contaminés, représentant un an de consommation, ont été stockés.

19 octobre 2011. Ryoko Moore lit le menu de la cantine scolaire de l'école où ses enfants sont inscrits. Elle prépare exactement le même repas afin de ne pas les obliger à manger des aliments non contrôlés.

19 octobre 2011. David Moore observe le compteur CPM qui indique la contamination des racines de lotus.

19 octobre 2011. Dans cette revue, les légumes et poissons sont référencés avec le taux de césium contenu selon l'origine géographique.

21 octobre 2011. David Moore vient acheter des légumes dans le supermarché qui fournit l'école de ses enfants. Il va les analyser pour connaître leur taux de contamination.

19 octobre 2011. Contrôle de la terre du parc de Kita Koenji. David Moore utilise son propre compteur à l'iodure de sodium pour chercher les traces de césium radioactif.

19 octobre 2011. Même opération sur les feuilles mortes du parc.

19 octobre 2011. Sur le palier de son appartement, David Moore se prépare à manipuler de la terre très contaminée. Les échantillons de terre trop radioactifs pour être conservés dans l'appartement seront entreposés dans un placard près de l'entrée.

1er novembre 2011. Sortie en famille, masque à gaz de rigueur.

1er novembre 2011. Dans le quartier de Suginami, près de la gare de Koenji, à Tokyo, les parents nettoient la terre radioactive.

1er novembre 2011. De gauche à droite, Ryoko, Jonathan, David et Joshua Moore dans le salon de leur appartement de Koenji, à Tokyo.
Les 2 commentaires les plus recommandés
Bonjour,
Les précautions? Dans la zone interdite : Aucune parce qu'il m'est impossible de travailler avec un masque à gaz sur le visage. J'y reste 48 heures maximum et lorsque j'en sors, si je ne jette pas mes vétements, je lave tout deux fois; chaussures comprises. Pour la nourriture au Japon, je mange tout importé: Chine, USA, EU, Thailande. C'est pauvre mais ça suffit pour tenir.
Cordialement,
A.P.
Merci pour ces photos Antonio Pagnotta ! est ce qu'on assiste à la fin de l'humanité ? avec ces apprentis sorciers de l'atome qui nous empoisonnent à mort lente , nous et les enfants ! ras le bol qu'on soit obligé de se ballader avec un compteur Geiger et de se munir de masques comme des zombies ! est ce ce genre d'avenir qui nous attend tous ?
Tous les commentaires
Merci pour ces photos Antonio Pagnotta ! est ce qu'on assiste à la fin de l'humanité ? avec ces apprentis sorciers de l'atome qui nous empoisonnent à mort lente , nous et les enfants ! ras le bol qu'on soit obligé de se ballader avec un compteur Geiger et de se munir de masques comme des zombies ! est ce ce genre d'avenir qui nous attend tous ?
Et leur médecin de famille comment les aide-t-il ?
Et vous que pouviez-vous prendre comme précautions Antonio Pagnotta au moment de ce reportage ?
On aurait demandé ces ouvriers "recouvrir de plomb les dosimètres qu'ils portaient pour évaluer le cumul de radiations auxquelles ils étaient exposés, lorsqu'ils intervenaient dans les zones les plus radioactives de la centrale accidentée."...
Bonjour,
Les précautions? Dans la zone interdite : Aucune parce qu'il m'est impossible de travailler avec un masque à gaz sur le visage. J'y reste 48 heures maximum et lorsque j'en sors, si je ne jette pas mes vétements, je lave tout deux fois; chaussures comprises. Pour la nourriture au Japon, je mange tout importé: Chine, USA, EU, Thailande. C'est pauvre mais ça suffit pour tenir.
Cordialement,
A.P.
bravo pour ce travail. Tes reportages me bouleversent et me rappellent la triste réalité.
Celui sur le supermarché m'a époustouflé. Outre la beauté des photos (les mains et têtes des mannequins m'ont scotché), le pain intact ne cesse de me troter dans la tête
Tout contrôler au détecteur avant consommation...
A la place de ce jeune papa, je ferais pareil. Il ne faut pas plaisanter avec la contamination interne au césium, c'est un enseignement majeur de Tchernobyl, de Gomel, de Naroditchi...
Après, cette nécessité de tout faire soi-même est un terrible révélateur de la faillite morale des autorités japonaises, auxquelles les citoyens ne font plus confiance.
Le mensonge nucléaire a des conséquences... aussi dévastatrices sur les sociétés que le césium en a sur la santé!
..."Partout on parlait de la catastrophe : à la maison, à l'école, dans l'autobus, dans la rue. On la comparait avec Hiroshima, mais personne n'y croyait. Comment croire une chose inconcevable ? On a beau essayer de comprendre, on n'y parvient pas. Je me souviens très bien : nous partions et le ciel était d'un bleu azur."...
Monologue sur la difficulté de vivre sans Tchekhov ni Tolstoï dans : La supplication, chronique du monde après l'apocalypse.
de Svetlana Alexievitch.
Et ? On apprend rien du résultat de ces mesures. Sont-ils juste obsédés ? Sont-ils réellement en danger ?
C'est étrange: on dirait une nouvelle sorte de reportages, réalisés par une webcam accrochée aux protagonistes. On a perdu le journaliste ...
Bonjour,
Les mesures ont été notées et rapportées dans mon texte original qui n'est pas publié ici. Pour plus de données techniques sur la contamination de la nourriture et des sols, voici la page de David Moore:
http://www.facebook.com/pages/Tokyo-Kids-Radiation/227762067240468
Je peux aussi vous donner son courriel si vous désirez recevoir plus de précisions sur le type de radionucléides.
Miles O'brien a fait un documentaire sur les conséquences de Fukushima. Il a rencontré et filmé David Moore et sa famille:
http://www.pbs.org/newshour/bb/science/jan-june12/fukushimapt3_03-13.html
Cordialement,
A.P.
Petites erreurs :
Photo 1 : David est a gauche, pas à droite.
Photo 15 : Inversion entre Joshua (le cadet) et David son papa.
Vous pouvez retrouver cette famille dans le deuxième épisode de Récits de Fukushima :
http://fukushima.arte.tv/
Merci de ce grand et beau photo-reportage qui prouve, si il en est besoin, l'importance des professionnels de l'image. Une fois encore on ne peut pas dire:"je ne savais pas"! Que vivent les photo-reporter.........
If you're reading this Mr Moore, build yourself a Lakhovsky Multiple Wave Oscillator.
Merci M Pagnotta pour votre courage et pour votre talent.