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Mediapart
Lun.04 mai 201504/05/2015 Édition de la mi-journée

Les images des ouvriers de PSA délogés du Medef par les CRS

|  Par Rachida El Azzouzi

C'est un film de 8 min, tourné jeudi dernier, après l'occupation des locaux du Medef à Paris par 150 salariés de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Les CRS étaient là et ils ont embarqué tous les manifestants. Images réalisées dans le cadre d'un documentaire sur PSA produit par Point du jour.

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Jeudi 28 mars, 150 salariés de PSA ont investi le hall du Medef, à Paris. À leur sortie des locaux du syndicat patronal, les ouvriers sont bloqués par les CRS puis les gendarmes-mobiles devant leurs bus. Pendant plusieurs heures, ils vont attendre la décision policière…
Extrait de tournage d'un documentaire sur le plan social chez PSA produit par Point du Jour et à paraître à la fin de l'année 2013.

Depuis plus de dix semaines, une grève à haute tension, à l’initiative de la CGT, rejointe par Sud et la CFDT, paralyse la production de l’usine automobile d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, condamnée à la fermeture en 2014. Au fil des mois, la mobilisation ne faiblit pas. Pas un jour sans une nouvelle action coup de poing, dans l’espoir d’attirer les médias et d’obtenir gain de cause auprès de la direction : « un CDI pour tous », et l’annulation des procédures de licenciement engagées contre une dizaine de grévistes.

Après avoir occupé, mercredi 27 mars, les locaux de la direction générale du travail à Paris et obtenu la tenue d'une réunion avec la direction de PSA vendredi 29 mars, 150 salariés ont investi jeudi après-midi le hall du Medef, dans le septième arrondissement à Paris. Objectif : faire pression à la veille du rendez-vous prévu entre la direction du constructeur automobile et le gouvernement. Hasard du calendrier : c’est le jour où Laurence Parisot voit ses rêves de reconduction à la tête du patronat français se briser et où François Hollande, confronté à une impopularité record, doit « parler » aux Français.

Mais l’occupation aura été de courte durée, plus courte que quelques semaines plus tôt, début mars, lorsque les salariés avaient occupé le siège de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), le patronat de la métallurgie. Très vite, ce qui était prévisible, les forces de l’ordre ont débarqué, indiquant le chemin de la sortie aux ouvriers. Ils se sont exécutés « sans heurts », insiste le meneur de la CGT, Jean-Pierre Mercier, mais une fois sur le trottoir, ils n’ont pas pu regagner leur bus, condition pourtant négociée dans les locaux du Medef. Après avoir attendu le départ des caméras de France 3, les CRS les ont tout simplement embarqués les uns après les autres dans des fourgons cellulaires, amplifiant la colère et le sentiment d’injustice des salariés.

« C'était un rassemblement pacifique, mais le ministre de l'intérieur a envoyé des cars de CRS pour nous neutraliser. Ils nous ont jetés violemment dans les paniers à salade. Hollande peut dire ce qu’il veut ce soir (ce jeudi 28 mars sur France 2). Nous savons désormais comment il considère les ouvriers : comme de vulgaires délinquants », confiait à Mediapart, en début de soirée, Jean-Pierre Mercier qui ignorait encore « dans quel commissariat ils allaient être transférés et s'il s'agissait d’un contrôle d’identité ou d’une garde à vue ». Soit une grande première pour ce syndicaliste, membre de Lutte Ouvrière, accusé par le gouvernement de radicaliser la CGT d'Aulnay : « C'est la première fois que je me fais embarquer dans un fourgon de police. »

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