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Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition du matin

La crise n'est pas finie: 2011, année des défauts?

|  Par Ludovic Lamant

C'est l'alternative à l'austérité qui plombe l'Europe: et si les Etats les plus endettés faisaient défaut? Exclue début 2010, l'option devrait faire son chemin. Quels seraient les avantages et les risques d'un défaut de l'Irlande, de la Grèce ou de l'Espagne? Mode d'emploi de cette arme économique sulfureuse.

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C'est le débat qui monte depuis des semaines sur le front de la crise, enclenché par le périlleux «sauvetage» de la Grèce au printemps, ravivé par l'aide mal ficelée à l'Irlande, en novembre: de plus en plus d'économistes plaident pour un défaut des pays les plus endettés de la zone euro. Plutôt que de s'épuiser à rembourser coûte que coûte une dette chaque mois plus lourde, ces pays à bout de souffle feraient mieux, tout simplement, de s'avouer vaincus, et faire défaut.

A minima, il s'agirait de «restructurer» leur dette, pour reprendre le mot des experts, quitte à se fâcher avec certains de leurs créanciers – ceux qui leur ont prêté de l'argent. Avec une ambition louable: faire payer partie des pots cassés de la crise par les banques, plutôt que par les citoyens. Cette solution encore taboue (après tout, les pays «riches» n'ont jamais fait défaut depuis 1945) fait doucement son chemin.

Dans la presse irlandaise, en novembre.Dans la presse irlandaise, en novembre.
Fin novembre, les dirigeants européens ont laissé entendre que le fonds de sauvetage européen, mis en place dans la précipitation en mai 2010, pourrait s'accompagner, à horizon 2013, d'une restructuration obligatoire de la dette des pays aidés. «Les citoyens européens auraient alors légitimement le sentiment ne de pas être les seuls à se sacrifier pour renflouer des spéculateurs puisqu'on demanderait aussi aux détenteurs de la dette de participer à l'effort de redressement», écrit Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques. En somme: oui à une aide européenne, si les créanciers privés consentent, eux aussi, à y laisser des plumes.
Mais de quoi parle-t-on exactement? Il existe en fait des dizaines de façons de faire défaut, plus ou moins brutales. Pour «restructurer» sa dette, c'est-à-dire renégocier les conditions de son remboursement, on recense au moins trois pistes, qui peuvent se combiner:
  • Jouer sur les taux d'intérêt. Dublin pourrait, par exemple, tenter d'obtenir un taux de remboursement de son aide moins «raide», dans les mois à venir, que les 5,8% imposés in extremis par le FMI et Bruxelles fin novembre.
  • Jouer sur les délais de remboursement. C'est ce que l'on appelle le «rééchelonnement» de la dette: obtenir des mois, voire des années supplémentaires, pour rembourser une somme identique. Athènes plaide depuis fin novembre pour l'étalement de ses remboursements colossaux, avec l'accord du FMI et, dit-on, de l'Elysée.
  • Jouer sur le montant de la dette. C'est la piste la plus corsée, et encore taboue: le défaut partiel, qui consiste à renoncer à rembourser une partie de sa dette.

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Cet article est une première synthèse, qui pose les bases d'un débat que l'on s'efforcera de faire vivre, au fil des mois, en donnant la parole aux économistes et politiques.