Le 13 septembre 2022 à Téhéran, Mahsa Amini, 22 ans, était arrêtée au motif qu’elle ne respectait pas le code vestimentaire en vigueur. Son décès a embrasé tout le pays, meurtri par une répression impitoyable. Trois ans et une offensive israélienne plus tard, le combat continue.
La Chine, première cliente du pétrole iranien, se garde bien d’intervenir directement pour soutenir Téhéran. Une chute du régime islamique serait pourtant une très mauvaise nouvelle pour Pékin.
Plusieurs manifestations de soutien aux Iraniens en révolte se sont tenues le 17 janvier en France. Des exilés racontent l’angoisse de ne pas avoir de nouvelles de leurs proches. Certains redoutent une intervention étrangère, d’autres estiment qu’il s’agit de la seule solution pour faire tomber le régime.
Des récits de l’intérieur du pays, recueillis à distance ou venant d’Iraniens ayant franchi la frontière, font état d’une répression extrêmement violente à Téhéran et ailleurs. De son côté, le pouvoir turc se rapproche de plus en plus du régime des mollahs.
Des milliers de morts en Iran, un pays toujours privé d’Internet sous la férule d’un pouvoir cruel décidé à se maintenir jusqu’au bout. C’est pourtant bien une révolution en cours, assurent Aïda Tavakoli et Chirinne Ardakani, invitées d’« À l’air libre », l’émission de Mediapart, en compagnie du journaliste Jean-Pierre Perrin.
Alors qu’Internet est toujours coupé en Iran, les premiers bilans de la répression font état de plusieurs milliers de morts et de près de 20 000 arrestations. À Ispahan, des témoignages évoquent des massacres et des rues ensanglantées.
Après avoir annoncé lundi des droits de douane supplémentaires pour les pays commerçant avec l’Iran, le président des États-Unis a appelé mardi la population à faire tomber le régime de l’ayatollah Khamenei. À Paris, Sébastien Lecornu a mis en garde contre un « embrasement régional ».
Le chercheur Clément Therme analyse la protestation en cours et sa répression de plus en plus sanglante. Le mouvement actuel pose plus que jamais des défis insolubles à un régime piégé par l’effondrement économique et l’hostilité des États-Unis.
L’appel à manifester du fils du défunt chah d’Iran a donné du dynamisme aux manifestations de jeudi soir à travers tout le pays, qui ont pris ensuite un tour très violent. Confronté à une menace intérieure et extérieure, le régime a coupé Internet et intensifié la répression.
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La révolte actuelle des Iraniens, qui a pris ces derniers jours un tour de plus en plus violent, est née d’une crise économique profonde. Confronté à la faiblesse des prix du pétrole, aux sanctions et à une économie structurellement peu productive, le régime a dû prendre un tournant austéritaire inacceptable pour la population.
Parti du grand bazar de Téhéran, le soulèvement contre la vie chère et le marasme économique a rapidement gagné les universités, puis l’ensemble du pays, dont la plupart des grandes villes. Après l’annonce des premières victimes, Donald Trump a menacé d’intervenir.
Alors que plus de 2 000 femmes ont participé à un marathon interdit et que les cafés pour jeunes se multiplient à Téhéran, la Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi a été violemment frappée et à nouveau arrêtée à Mechhed, où l’opposition a montré au grand jour ses divisions.
Relâchés de la prison d’Evin après une lourde condamnation, les deux Français restent assignés à résidence à Téhéran, tandis que la République islamique s’emploie à désigner la France comme un pays qui pratique la prise d’otages.
Comment tourner un film en Iran dans la clandestinité ? Raconter la violence de la répression ? « À l’air libre » reçoit le réalisateur iranien. Son film « Un simple accident », lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, sort en salles mercredi.
Après le feu vert du Conseil de sécurité, l’économie de la République islamique est de nouveau frappée de plein fouet par de sévères restrictions. Celles-ci vont encore renforcer le camp « ultra », à l’heure où se dessine un tournant nationaliste du régime.
Pour obliger la République islamique à respecter ses engagements, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont décidé d’enclencher le « snapback », avec la volonté d’isoler encore davantage le régime iranien. À Téhéran, des partis et des personnalités osent demander la fin de l’enrichissement de l’uranium.
Mediapart publie la lettre que Reza Khandan, militant des droits humains et époux de l’avocate Nasrin Sotoudeh, a fait sortir de la prison où il est détenu. Un témoignage exceptionnel sur la condition carcérale dans un Iran alors sous les bombes israéliennes.