La hausse exponentielle des prix pousse à la révolte les villes du sud et de l’ouest de l’Iran. Une contestation que les forces sécuritaires ne parviennent pas à arrêter, tandis que le régime s’emploie à mettre en place une politique de ségrégation à l’égard des femmes.
Le fleuve qui traverse la ville-jardin iranienne est à sec depuis plus d’une vingtaine d’années. Les agriculteurs de la région, rejoints par la population, manifestent chaque vendredi. Le gouvernement semble préoccupé par le mécontentement.
Dans un ouvrage érudit, l’historien et sociologue Hamit Bozarslan se livre à un portrait croisé des régimes et dirigeants iraniens, russes et turcs. Il décortique leur vision du monde, vouée à s’affronter aux valeurs libérales et démocratiques sous prétexte d’anti-impérialisme.
Élu le 18 juin à la présidence de la République islamique d’Iran, le religieux Seyyed Ebrahim Raïssi prendra ses fonctions le 3 août. Pour Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran et coordinateur du pôle prospective d’Etopia, un centre de recherche indépendant basé à Bruxelles, les radicaux sont désormais en première ligne et ne pourront plus s’abriter derrière les modérés en cas d’échec face aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux.
Les réseaux sociaux iraniens se mobilisent pour sauver le lutteur Navid Afkari, condamné à mort. Amnesty International parle de son côté d’une « épidémie de tortures » dans les prisons où le coronavirus pourrait faire des ravages.
Pas de libération en vue pour la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, détenue dans une cellule surpeuplée de la prison d’Evin à Téhéran, et l’universitaire australo-britannique Kylie Moore-Gilbert, transférée dans un effroyable centre pour droits communs dans le désert.
Avec les condamnations de trois jeunes ayant pris part aux émeutes de novembre 2019 et accusés d’être des mohareb, c’est-à-dire « en inimitié à l’égard de Dieu », le régime entend bien jouer la peur pour éviter d’autres mouvements de protestation. Pour essayer en tout cas.
Avec l’historien Clément Therme et notre collaborateur Jean-Pierre Perrin, retour sur la répression subie « sous embargo numérique » par les Iraniens. Nos invités expliquent la fuite en avant d’un régime incapable de se réformer, et l’inanité de la diplomatie française comme européenne.
La plupart des manifestations, qui ont commencé vendredi 15 novembre ont pris fin. Internet a été en grande partie rétabli. Le régime a annoncé que la répression serait terrible et la peine de mort pourrait être appliquée. On estime déjà que 4 000 personnes ont été arrêtées.
Face à l’ampleur des manifestations qui ont suivi l’annonce, vendredi soir, de l’augmentation du prix de l’essence, le régime de Téhéran a coupé Internet. Le mouvement de contestation semble se poursuivre en dépit d’une répression violente. Trois membres des forces de l’ordre auraient été tués, une centaine de banques déjà incendiées. Les gardiens de la révolution se préparent à intervenir.