Filmer le peuple

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Depuis bientôt un an, les écrans des smartphones comme des chaînes d’information ont été envahis de foules en colère, de Santiago à Beyrouth en passant par Alger. Ce « peuple des images », à la fois surveillé et glorifié, constitue le sujet du festival Hors Pistes au Centre Pompidou.

Dossiers

#MeToo, un an après

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Un an après l'afflux mondial de témoignages avec les mots dièse #MeToo et #BalanceTonPorc, de nombreuses réticences s'affirment, notamment en France, pour minimiser l'ampleur des violences sexuelles et sexistes. Elles sont pourtant endémiques, à tous les étages de la société.

Soif de père

Par Yaël Pachet (En Attendant Nadeau)
Alfred Jauffret et son fils. © Régis Jauffret Alfred Jauffret et son fils. © Régis Jauffret

« Papa », le nouveau roman de Régis Jauffret, procède d’un renversement absolu de la posture d’écriture à laquelle l’auteur nous avait habitués, à laquelle il s’était lui-même habitué. Il lui a suffi de voir, à la télévision, en septembre 2018, un documentaire consacré à la police de Vichy et le visage terrorisé de son père, un jour d’été 1943. Une apparition.

Le ministre de la culture en muet du sérail

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Franck Riester incarne la vacuité dans une France sur les nerfs. Les forces de l’esprit et le pouvoir de l’imaginaire ont déserté, au profit d’un représentant de commerce qui se fait porter pâle. Fâcheux.

Usul. A quoi sert la dictature du rire bien-pensant?

Par Usul et Rémi Liechti
 © Mediapart © Mediapart

Les puissants n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la méchanceté des réseaux sociaux : on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rire de tout parce que les gens s’offusquent à tout bout de champ mais paradoxalement, ils ricanent aussi d’un rien. Le problème, ce n’est donc pas le rire mais bien davantage ses cibles.

Jean-Marc Ayrault: «A terme, la France se dotera d’un musée sur l’esclavage»

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Dans un entretien à Mediapart, l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault dévoile le cahier des charges de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, qu’il préside depuis novembre. Une nouvelle étape dans la récupération de ce passé douloureux en France.

Un troublant héros voulant migrer hors de lui-même

Par Jean-Paul Champseix (En Attendant Nadeau)

Il a 29 ans, on sait très peu de choses de lui, sauf qu’il décide de quitter le domicile qu’il partage avec sa mère, de marcher tout droit jusqu’à s’effacer du monde. Dans La Longue Marche, le romancier turc Ayhan Geçgin s’attache à montrer que « résister au monde n’est peut-être pas si facile que ça ».

Les nazis, pionniers du management

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Un discours d'Adolf Hitler dans une usine Siemens en 1933. © AKG Images Un discours d'Adolf Hitler dans une usine Siemens en 1933. © AKG Images

Dans son dernier livre, l’historien Johann Chapoutot montre comment la réflexion sur la conduite des hommes a été au cœur de la machine nazie, avant de trouver une reconversion après guerre. « Paradoxalement », note-t-il, des idéologues du IIIReich ont développé « une conception du travail non autoritaire, où l’employé et l’ouvrier consentent à leur sort et approuvent leur activité ».

«Les Optimistes», un roman sur les débuts du sida

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L’inversion du stigmate est une technique de lutte bien connue des minorités ; c’est le principe de la Gay Pride. Le livre de Rebecca Makkai, qui raconte le sida dans le Chicago du milieu des années 1980, choisit une autre voie : prendre une population stigmatisée dans les filets d’un roman grand public pour en faire une histoire commune.

La liberté à l’épreuve du désastre écologique


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Dans un livre ambitieux, Abondance et liberté, le philosophe Pierre Charbonnier appelle à sauver le projet démocratique en le découplant de notre mode de vie destructeur. La tâche est immense, tant nos imaginaires et nos institutions ont été marquées par le pacte entre croissance et autonomie.

Rithy Panh à la rencontre des morts

Par Jean-Yves Potel (En Attendant Nadeau)
Les dirigeants khmers rouges. Krama à carreaux, vêtements noirs, sourires de rigueur. Au centre, le Frère numéro 1, Pol Pot. Les dirigeants khmers rouges. Krama à carreaux, vêtements noirs, sourires de rigueur. Au centre, le Frère numéro 1, Pol Pot.

Depuis une trentaine d’années, le cinéaste Rithy Panh construit une œuvre-témoignage, une « proposition artistique », aime-t-il à dire : une vingtaine de films, des dizaines de milliers de photos, des livres. Rescapé du génocide perpétré au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979), il publie ces jours-ci son troisième texte, cosigné avec le romancier Christophe Bataille.