Dans la production audiovisuelle comme dans la classe politique, il y a peu de monde pour s’interroger, trente ans après la disparition de l’ancien président de la République, sur la manière dont son action fut déterminée par une conception impériale de la nation française. Des ouvrages récents le permettent.
Figure intellectuelle du continent africain, l’universitaire et écrivain sénégalais refuse que les ombres gagnent. Depuis la Cité internationale des arts à Paris, voici son message d’espérance.
Pour la militante et cheffe végane, la frontière entre les espèces ne sert pas qu’à exploiter les animaux non humains. Elle permet aussi d’animaliser les personnes et les groupes minorisés, et de justifier la violence contre elles et eux, comme le prônent les leaders de la nouvelle internationale réactionnaire.
Après son indépendance en 1957, le Ghana est devenu le centre névralgique de la rencontre entre intellectuels africains et afro-américains. Cet héritage s’est prolongé aux États-Unis, où il a donné naissance aux « black studies ».
Pour échapper aux coups de boutoir des pouvoirs autoritaires et du capitalisme, l’anthropologue invite à repenser notre rapport au futur. Car être de bons ancêtres pour nos descendants requiert d’aimer le monde afin de préparer la place des générations à venir.
Pour contrer les affects pulsionnels et rassurants fabriqués par les discours identitaires d’extrême droite, le dessinateur et militant défend les attachements matériels et affectifs aux territoires nourriciers et à leurs habitants non humains, ainsi qu’aux expériences d’autonomie qui y fleurissent.
L’historienne Sabine Dullin inscrit l’exercice du pouvoir de Vladimir Poutine, et sa guerre d’agression en Ukraine, dans des modes de gouvernement établis depuis plusieurs siècles. Hormis de brèves perturbations, « autocratie et empire se sont nourris l’un l’autre ».
L’auteur de la trilogie « Metro » décrit pourquoi Vladimir Poutine, président mais aussi « capitaliste numéro un » de la Russie, a besoin de déstabiliser les régimes démocratiques à ses portes. Exilé depuis trois ans en Europe, le romancier dit se sentir toujours « vulnérable ».
Si les sujets d’écologie disparaissent si souvent, c’est parce qu’on a la fausse impression qu’ils n’ont de sens que quand tout va bien, explique la philosophe. Alors que ce qui se joue, ce sont des manières d’habiter le monde pour le perpétuer.
Auteur du livre « Les Juges devant l’histoire », le magistrat honoraire et historien Jean-Paul Jean porte un regard critique sur le comportement de ses collègues pendant l’Occupation, mais estime que la profession s’est depuis émancipée.
Contre la dépossession de nos rapports au monde qu’accélère le libéral-fascisme contemporain, le psychologue et écrivain propose de retisser des formes communales par la pratique d’enquêtes, et dans l’espoir de nourrir de futurs soulèvements.
Le philosophe refuse de se laisser sombrer dans le désespoir face à la montée des extrêmes droites et appelle à partir dans une expérimentation sociale exubérante et collective. Parce qu’on a tout essayé, à part cela.
Dans un monde découpé en centres de profits par le capitalisme mondialisé, est-il encore possible de faire sécession ? C’est le pari de la philosophe Jeanne Etelain, qui défend l’idée de créer des zones d’émancipation pour faire coexister des mondes différents, et parfois conflictuels.
Trente ans après, l’idée que les mobilisations de l’hiver 1995 ont débouché sur une victoire est une malédiction pour les luttes de notre temps. Il est urgent d’en finir avec cette idée, alors que l’extrême droite instrumentalise la colère sociale.
Dans un monde intoxiqué aux pesticides, et notamment au chlordécone, aux PFAS et aux plastiques, comment faire pour continuer à aimer son milieu de vie et protéger ses habitants ? Malcom Ferdinand propose d’inventer d’autres manières d’habiter le monde. En commençant par le décoloniser.
Spécialiste d’écoféminisme et des modes de vie alternatifs, la sociologue défend l’idée que le quotidien peut être politique. Elle voit dans la relocalisation et la réappropriation de gestes de subsistance un ressort contre la montée du fascisme.