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Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition du matin

La crise UMP se transforme en guerre froide

|  Par La rédaction de Mediapart

Le groupe de députés fillonistes a été formellement constitué. Copé et Fillon ont néanmoins annoncé la poursuite de leurs discussions, au-delà de la date butoir fixée par Nicolas Sarkozy.

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Le groupe de députés fillonistes a été formellement constitué mardi à l'Assemblée mais l'ex-premier ministre et Jean-François Copé ont néanmoins annoncé la poursuite de leurs discussions, au-delà de la date butoir (mardi) fixée par Nicolas Sarkozy pour parvenir à une conciliation.

Depuis quelques jours, le tête-à-tête s'éternise. Copé et Fillon ont engagé mardi soir un troisième round de discussions pour tenter de trouver un accord sur la date d'un nouveau vote des militants pour élire le président de l'UMP. Ils ont prévu de se revoir, selon leurs entourages, ce mercredi en fin d'après-midi. Ils s'étaient déjà retrouvés lundi par deux fois. Selon le porte-parole de Fillon, Jérôme Chartier, les deux hommes entendent « mettre tous les sujets sur la table », « sans interdit ». Mais les discussions butent principalement sur la date d'un nouveau vote militant pour désigner le président.

Proclamé deux fois président du mouvement, M. Copé a proposé dimanche de revoter, mais en 2014, après les municipales. Une proposition qu'il veut soumettre aux militants par référendum en janvier. Ils se prononceraient également sur un changement des statuts de leur parti. François Fillon, qui estime avoir été spolié de la victoire le 18 novembre, veut au contraire un « nouveau vote », « dans les meilleurs délais ». Selon M. Copé, le président de l'UMP en place en 2016 doit s'engager à ne pas concourir à la primaire qui désignera le candidat du parti à la présidentielle. Si c'était le cas, il devrait se retirer de la direction du parti.

Interrogé sur le dépassement de la date butoir fixée par Nicolas Sarkozy pour parvenir à un accord, l'ex-ministre de l'intérieur et un de ses plus fidèles, Brice Hortefeux, a dit sur BFMTV que le « message » de l'ancien chef de l'État avait « été entendu » et « son souhait concrétisé », puisque les deux hommes dialoguaient. Excédé par la crise d'un parti qui lui avait permis d'accéder au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy avait haussé le ton vendredi, leur donnant à chacun jusqu'à mardi pour trouver une solution, faute de quoi il dirait « publiquement » qu'ils sont « disqualifiés » pour diriger le parti.

En réalité, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on s'attend désormais à un Yalta de l'UMP, qui figerait en guerre froide la guerre chaude de ces derniers jours. À Jean-François Copé le parti et à François Fillon la tête de son groupe RUMP. Ce qui signerait la défaite de Nicolas Sarkozy. « On peut faire confiance aux médias pour expliquer que c'est une défaite personnelle pour Sarkozy », prévient déjà un ancien conseiller élyséen, dans Le Figaro ce mercredi. L'ancienne porte-parole du candidat Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, estime d'ailleurs que « dans cette crise, il n'y a que des perdants ».

La reprise du dialogue entre Copé et Fillon ne semble en tout cas pas avoir pâti de l'officialisation mardi à l'Assemblée du nouveau groupe filloniste, Rassemblement-UMP, qui a été doté d'un temps de parole, alors que les copéistes en avaient fait un point de rupture. À l'Assemblée, la dissidence du groupe filloniste coûtera pourtant 900 000 euros par an au groupe UMP, ainsi que Mediapart l'a révélé.

Le R-UMP, qui regroupe 72 fillonistes (contre 123 UMP), devait poser deux questions au gouvernement, contre quatre pour l'UMP, à partir de mercredi. Il se dissoudra quand Jean-François Copé acceptera un nouveau vote rapide à l'UMP, sous contrôle d'une commission indépendante, ont répété les fillonistes. Les temps de parole ont été accordés au R-UMP lors de la conférence hebdomadaire des présidents, à laquelle assistait M. Fillon.

Chef de file des députés PS, groupe majoritaire, Bruno Le Roux s'est insurgé : « On se sert du règlement pour régler la rivalité entre deux factions. C'est un dévoiement de nos institutions. » Même indignation chez le Vert François de Rugy.

Les députés du R-UMP, qualifié de groupe « dissident » par Jean-François Copé, et ceux de l'UMP n'ont pas changé de place dans l'hémicycle.

Emmenés par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, les “non-alignés” de l'UMP ont précisé mardi leurs desiderata : une élection pour la présidence du parti au printemps 2013, avec congrès préalable pour fixer les règles du jeu.

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