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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Les moines de Tibéhirine auraient été tués par l’armée algérienne

|  Par Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme

L'affaire des moines de Tibéhirine, ces sept religieux français enlevés par des islamistes algériens en mars 1996 et retrouvés décapités quelques semaines plus tard, vient de connaître un rebondissement spectaculaire. Mediapart peut révéler le contenu de la déposition d'un témoin-clé : l'attaché de défense en poste à l'ambassade de France à Alger. Le général François Buchwalter affirme que les moines ont été, comme on le soupçonnait depuis longtemps, victimes d'une bavure commise par l'armée algérienne. Il assure surtout en avoir informé les autorités françaises, qui lui auraient demandé de se taire. Elles ont «observé le black-out demandé par l'ambassadeur» de France, révèle ce militaire de haut rang, qui suggère aussi qu'Alger serait derrière l'assassinat de Mgr Claverie.

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L'affaire des moines de Tibéhirine, ces sept religieux français enlevés par des islamistes algériens en mars 1996 et retrouvés décapités quelques semaines plus tard, vient de connaître un rebondissement spectaculaire. Mediapart peut révéler le contenu de la déposition d'un témoin-clé: l'attaché de défense en poste à l'ambassade de France à Alger.

Ce militaire de haut rang affirme que les moines ont été, comme certains le soupçonnaient depuis longtemps, victimes d'une bavure commise par l'armée algérienne. Il assure surtout en avoir informé les autorités françaises, qui lui ont demandé de se taire. Elles ont «observé le black-out demandé par l'ambassadeur » de France, révèle le général François Buchwalter.

C'est le 27 mars 1996 que sept religieux français du monastère de Tibéhirine, dans la région de Médéa, étaient enlevés. Le 18 avril, l'Emir du GIA (Groupe islamique armé), Djamel Zitouni, revendiquait cette opération, en demandant dans un communiqué la libération de membres du groupe islamiste en échange de la vie des moines. Et le 23 mai 1996, une radio de Tanger révélait que deux jours plus tôt, dans un nouveau communiqué, le GIA avait revendiqué l'assassinat des sept moines, au motif que les autorités françaises auraient refusé de négocier.

Une semaine plus tard, le 30 mai, les autorités algériennes faisaient état de la découverte, sur une route proche de Médéa, des dépouilles des religieux. En fait, seules leurs têtes furent retrouvées, ce que l'armée algérienne tenta de camoufler.

Au fil des ans, la thèse suivant laquelle l'armée algérienne pouvait être impliquée d'une manière ou d'une autre dans cette affaire ne cessa de gagner du crédit, au fil des révélations distillées par d'anciens militaires algériens. Côté français, l'enquête ouverte par le parquet de Paris et confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière sombra dans une profonde léthargie.

Jusqu'à ce que ce dernier quitte la magistrature, en 2007, et que lui succède le juge Marc Trévidic, qui a repris le dossier en compagnie du juge Philippe Coirre. Les deux magistrats, appuyés par l'avocat des parties civiles, Me Patrick Baudoin, décidèrent de relancer la procédure.

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