Dire non à ce coup d'Etat permanent

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    Les prises de conscience appellent souvent des inventions de vocabulaire. S'il ne lui a pas été fidèle, une fois installé à l'Elysée, la formule de François Mitterrand sur Le Coup d'Etat permanent, titre de son pamphlet de 1964, résume d'une image tous les dangers potentiels de la Constitution de la Cinquième République. On lui prête, au moment de quitter ce pouvoir qu'il aura occupé plus longtemps qu'aucun autre (1981-1995), cette formule: "Ces institutions étaient dangereuses avant moi, elles le resteront après." Plutôt que l'aveu d'impuissance – ces institutions auront résisté à une alternance qui, contrairement au programme sur lequel la gauche fut élue, n'a pas su les transformer en profondeur –, c'est la mise en garde qui, ici, importe et qu'auraient bien fait de méditer tous les ralliés de gauche au récent chantier constitutionnel: pour limiter ce danger intrinsèque, la pratique du pouvoir est décisive.

     

    De ce point de vue, on ne saurait reprocher à Nicolas Sarkozy d'avoir caché son jeu. D'emblée, dès les premières heures, il a imposé son hyperprésidence. Immodestement, je dois confesser avoir lancé cette expression au soir et au lendemain de son intronisation, le 16 mai 2007, lors de l'émission de Frédéric Taddei sur France3, "Ce soir ou jamais", puis, le 17, dans le journal de la mi-journée de France Culture. Hyperprésidence, disais-je alors, de même que l'on a pu qualifier, à la suite d'Hubert Védrine, la politique américaine sous la présidence Bush d'hyperpuissance: une puissance sans contrepoids, accentuant le déséquilibre d'une époque déjà incertaine et dangereuse. L'hyperprésidence, c'est cela: un coup d'Etat à froid qui accentue les déséquilibres et, donc, les risques et les dérives.

     

    Dans une symbolique évoquant une gestion à la fois physique et psychologique des terriroires, le nouveau président, à peine élu et pas encore intronisé, signifia à son camp sa manière de faire et son projet d'avenir: en annexant sans ménagement le pavillon de la Lanterne à Versailles, officielle résidence des premiers ministres, il disait que son pouvoir serait sans partage. Durant les mois qui précédèrent et qui suivirent l'annonce du chantier constitutionnel, en juillet 2007, on le constata à loisir: en apparence le même, le régime avait en réalité changé, sans coup férir. Quand l'article 5 de la Constitution place le président de la République en position d'"arbitrage", quand les articles 20 et 21 de la Constitution donnent au gouvernement la détermination et la conduite de "la politique de la Nation", et au premier ministre la direction de "l'action du gouvernement", Nicolas Sarkozy renversait brutalement les rôles.

     

    Il fut trop peu souligné, à l'époque, que l'immédiate pratique sarkozyste du pouvoir appliquait fidèlement les principes d'une autre Constitution, bien peu démocratique puisque née d'un coup d'Etat bien réel. Le précédent mérite d'être médité puisqu'il s'agit de la Constitution du 14 janvier 1852 alors que, son putsch réussi, l'encore président de la République, Louis Napoléon Bonaparte, accélérait sa marche vers le second Empire. L'article 3 de cette Constitution édictée sur les ruines de la République stipule: "Le président de la République gouverne au moyen des ministres, du Conseil d'Etat, du Sénat et du Corps législatif." Gouverne au moyen… Et l'article 13 d'enfoncer le clou: "Les ministres ne dépendent que du chef de l'Etat."

  • Le renforcement de l'hyperprésidence

     

    Le premier ministre devenu collaborateur et le gouvernement ravalé au rôle d'exécutant, désormais l'Elysée allait explicitement présider et gouverner, décider et agir, légiférer et parler, nommer et négocier, tout régenter sans filtre ni frein, hors de tout contrôle et de tout équilibre. L'Elysée? C'est-à-dire un lieu d'exception dans la République, hors de toute culture administrative régulière, hors de toute procédure réglementaire, hors de tout contrôle extérieur. Un lieu dont le chef, une fois élu, est, institutionnellement et juridiquement, irresponsable, donc incontrôlable. Un lieu dont les résidents sont des obligés ou des courtisans, ne connaissant qu'un seul maître, ne dépendant que de son bon plaisir et n'exprimant que son bon vouloir.

     

    On connaît l'argument démagogique qui a servi d'alibi à ce putsch institutionnel si voyant mais peu commenté, sauf peut-être dans les tourments intimes du premier ministre, François Fillon: foin d'hypocrisie, faisons tomber les masques et présidons ouvertement comme nos prédécesseurs ont, en réalité, gouverné, tout en prétendant le contraire et en protestant de leur respect de la Constitution! Pour objecter, il suffit de repenser à la pertinente mise en garde de François Mitterrand: la dérive de ces institutions fondamentalement dangereuses n'est pas la même selon que l'on en revendique la lettre ou qu'à l'inverse, on en change l'esprit. Dans un cas, on garde la main sur l'embrayage; dans l'autre, on lâche les freins. Du constat invoqué d'hypocrisie, on pouvait tout aussi bien déduire une inflexion inverse: non pas vers une concentration accrue des pouvoirs à l'Elysée, symbolisée par ce fait, sans précédent y compris sous de Gaulle, de voir les collaborateurs directs du président s'exprimer comme des ministres face auxquels ils revendiquent leur prééminence, mais plutôt vers une parlementarisation du système, réduisant l'autonomie d'action de la présidence.

     

    La ruse redoutable fut évidemment de présenter le chantier ouvert avec la création du comité présidé par Edouard Balladur comme l'intention de renforcer les pouvoirs du Parlement. Chacun, s'il est de bonne foi, peut le constater aujourd'hui: de ce qui, dans les propositions de ce comité, allait vraiment et concrètement dans ce sens, d'un parlementarisme accru et d'une opposition reconnue, rien ou presque rien n'a été retenu dans la version finale de la révision constitutionnelle. Ni l'interdiction du cumul des mandats, ni le contrôle effectif du Parlement sur les nominations présidentielles, ni la création d'un statut de l'opposition parlementaire, ni la réforme du Sénat dont le mode de scrutin archaïque, éternellement favorable à la droite, est au contraire renforcé…

     

    L'essentiel était ailleurs, dans toutes les accentuations, y compris symboliques avec le droit de parole qui lui sera accordé, de la prééminence du chef de l'Etat sur les assemblées. Les tractations, débauchages et marchandages de dernière minute, loin de toute construction sereine d'une majorité d'idées, ont bien montré de quoi il retournait: l'emporter, coûte que coûte, hors de tout débat de fond et non sans malmener, voire mépriser, ce symbole démocratique qu'est un changement de la loi fondamentale dont on oublie, au passage, qu'il devrait être l'affaire du peuple constituant.

  • Clarté de Badinter, confusion de Lang

     

    Robert Badinter, qui n'a pas la réputation d'un opposant borné, encore moins d'un constitutionnaliste superficiel, l'a fort bien résumé, dans une tribune au Monde des 20-21 juillet qui – autre temps, autre ligne – ne s'en est guère inspiré. Constatant "l'hyperpuissance du président", "mal profond" dont souffrent nos institutions au point que "la séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence" et que, "de surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité", l'ex-garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel conclut que ce projet de révision "ne réduit pas les pouvoirs du président" mais "les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès".

     

    "Le président, poursuit-il, présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. 'Cy veut le Roi, cy fait la loi', l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Cinquième République."

     

    Déjà armé du quinquennat et d'un calendrier électoral qui soumet l'élection des députés aux effets de l'élection du président, l'occupant de l'Elysée est le chef réel de la majorité parlementaire. Toutes les apparentes garanties offertes à l'opposition ne sont donc que peccadilles par rapport à ce fait, incontournable: d'autant plus assuré de sa mainmise sur le Parlement que le mode d'élection des sénateurs lui assure une majorité pérenne au Sénat, le président peut sans risque s'offrir une opposition de sa majesté, qui sera d'autant plus reconnue et respectée qu'elle sera respectueuse et consentante. C'est l'autre impensé de cette manœuvre, dont l'exécution fut parfaite: corrompre l'esprit d'opposition, comme l'on corrompt un métal pour l'éroder.

     

    La clarté d'un Robert Badinter est évidemment éclipsée par la confusion d'un Jack Lang qui, comme c'était prévisible, confirme dans Libération du 21 juillet sa capitulation tout en se proclamant "opposant déterminé" et, mieux encore, en dénonçant "l'irresponsabilité illimitée du chef de l'Etat", irresponsabilité que son vote favorable va pourtant renforcer. Preuve que l'héritage du mitterrandisme, comme d'ailleurs celui du gaullisme, n'est pas univoque, entre principiels et opportunistes, hommes de conviction et hommes de pouvoir, cette division fut le ressort essentiel de l'offensive élyséenne. Depuis l'ouverture sans principes, à gauche comme au centre, où l'on vit des opposants déclarés à Nicolas Sarkozy pendant la campagne en devenir sans explication cohérente les plus zélés thuriféraires après son élection, c'est l'arme la plus efficace du nouveau régime.

  • La même manœuvre pour l'audiovisuel

     

    Ajoutée au contrôle ou à l'instrumentation des médias, l'annexion de l'opposition, par flatteries, séductions ou prébendes, est l'assurance-vie de cette hyperprésidence. Face à un pouvoir si présent et si pesant, le devoir d'opposition, absolument vital à l'exercice démocratique qui suppose la confrontation et le choix, exige la clarté, voire la simplicité, d'expression comme d'orientation. Or tout est fait pour discréditer par avance cette attitude et créer la confusion, brouiller les frontières, masquer les intentions. La manœuvre sur l'audiovisuel public n'en fut-elle pas une illustration flagrante?

     

    On lance l'idée de supprimer la publicité, en soulignant qu'elle vient de la gauche qui ne l'a pas mise en œuvre; on crée une commission de réflexion ouverte aux professionnels et à l'opposition, mais en laissant vite entendre que ses propositions n'engageront pas le chef de l'Etat qui n'en fera qu'à sa tête; et, après avoir montré une grande sollicitude pour les opérateurs privés de l'audiovisuel qui bénéficieront de la manne publicitaire ainsi dégagée, on dévoile, brusquement, l'arrière-pensée de ce chambardement: nommer directement les patrons de la télévision et de la radio publiques, dans un retour caricatural au contrôle direct du temps de l'ORTF.

     

    Avec la révision constitutionnelle, il en est allé de même: ce ne fut que navigation à la godille, grands principes proclamés et belles intentions récitées, pour mieux revenir au point de départ, le renforcement du présidentialisme. Et les constitutionnalistes naïfs qui se sont prêtés sincèrement à ce jeu, pensant l'infléchir, devraient méditer la leçon: il ne faut jamais prendre au mot un pouvoir aussi démagogique et manœuvrier; il ne faut le juger que sur ses actes et sur leurs conséquences.

     

    A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Reste, en l'occurrence, à inventer tous ensemble ce "quelque chose". L'opposition, et le Parti socialiste au premier chef, devra s'interroger sur la façon dont son présidentialisme foncier, celui-là même qui l'embarrasse de rivalités individuelles, l'a encombrée, gênée ou tétanisée. Le PS se refuse toujours à faire le pari franc d'une reconquête du pouvoir dont l'argument serait une extension et une renaissance démocratiques par la remise en cause, explicitement programmée, systématiquement organisée et largement discutée, de l'hyperpouvoir présidentiel. Il relativise cette question institutionnelle alors même qu'elle n'est pas sans rapport avec la question sociale, tant une gauche présidentialiste est une gauche sans autre identité que le pouvoir d'Etat, éloignée ou distante des intérêts particuliers qu'historiquement, elle était supposée porter – intérêts de classe, intérêts des opprimés, intérêts des dominés, intérêts des travailleurs, etc.

  • Un présidentialisme sans contre-pouvoir

     

    Dans l'immédiat, le constat ne fait pas de doute. Jamais, sous la Cinquième République, un président n'aura eu tant de pouvoirs concentrés entre ses seules mains. Le passage au quinquennat et les conséquences, désastreuses pour l'équilibre démocratique, de l'inversion du calendrier en 2002 ont déjà été évoqués, tout comme le travail systématique de corruption ou de séduction des oppositions et des résistances. A ces verrous politiques et institutionnels que l'actuelle révision va conforter et solidifier s'ajoutent d'autres garanties de puissance, autrement décisives: jamais un président de la République n'aura eu des liens si intimes, d'intérêts et de réseaux partagés, avec le monde de l'argent, celui des grandes fortunes financières et des entrepreneurs côtoyant la puissance publique.

     

    Enfin, couronnant le tout, puisque les mêmes protagonistes s'y retrouvent – contrôle présidentiel, financiers intéressés et gauche retournée –, jamais une présidence ne se sera sentie autant chez elle dans l'univers médiatique, pourtant si divers, au point qu'une presse en difficulté, oubliant tout principe d'indépendance, se précipite dans ses bras pour quémander son sauvetage lors d'Etats généraux inventés et contrôlés par l'Elysée. Restait l'autonomie chèrement conquise du service public, et elle est remise en cause. Reste la liberté indocile d'Internet, et elle est montrée du doigt, déjà surveillée, bientôt contrôlée au prétexte de la réguler.

     

    Il suffit d'un peu de mémoire pour savoir que ce tableau n'est pas caricatural. L'Etat fortement policier du gaullisme présidentiel n'empêchait pas ce pouvoir, bien avant 1968, de faire face à des oppositions, politiques, sociales, voire sénatoriales sous la présidence de Gaston Monnerville, et bien sûr électorales dès le ballottage de 1965. A l'époque, L'Express et Le Nouvel Observateur, pour ne prendre que ces deux titres, étaient des hebdomadaires clairement d'opposition, ce dont on peut légitimement douter aujourd'hui. Les présidences de Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing furent l'une celle de l'après-68, avec ses contestations aussi rampantes que générales, l'autre celle de l'affrontement avec l'Union de la gauche, dont la dynamique électorale épousait les attentes populaires. Quant à François Mitterrand et Jacques Chirac, par-delà leurs habiletés, ils durent présider sous la contrainte, économique pour l'un, cohabitionniste pour l'autre, cédant l'un à un monde d'argent – Bernard Tapie ministre, l'aurait-on oublié? – qui n'était ni sa famille ni son camp, l'autre à une gauche puis à une droite qui, toutes deux, le rangeaient, selon les mots malheureux de Lionel Jospin, parmi les figures vieillies, usées et fatiguées.

     

    Dans le paysage vers lequel s'avance Nicolas Sarkozy, il n'y a apparemment aucun de ces obstacles. L'opposition est inaudible, bien qu'elle s'exprime abondamment, et divisée, au risque du trouble et de la confusion. Les dirigeants des médias et les puissances d'argent sont, dans leur grande masse, de son côté, par nécessité ou par opportunisme. Malmenée mais enrégimentée, la droite suit, vaille que vaille. Evidemment, il y a la réalité, et ce n'est pas un mince obstacle: de la politique étrangère à la politique économique, en passant par le pouvoir d'achat, la question du nucléaire ou le moral des armées, le bilan d'un an de cette présidence est non seulement discutable, voire inquiétant si l'on s'en tient à la seule question de l'immigration, mais plus largement maigre, désordonné, incohérent ou inconscient.

     

    Or c'est cet inévitable choc à venir avec l'impitoyable réalité que l'actuel verrouillage veut contenir, retarder ou maîtriser. C'est une raison supplémentaire de dire non. Non à l'hyperprésidence. Non au coup d'Etat permanent.

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Cet article est un parti pris, c'est-à-dire qu'il reflète ma position propre. Dans ses grandes lignes, elle est sans doute partagée par une partie de l'équipe de Mediapart. Mais cet article ne l'engage pas tout entière ni tout d'un bloc, de même qu'il ne reflète pas la diversité de nos lecteurs qui sont invités à le discuter et à le nuancer. Dès le départ, nous avons décidé à Mediapart de nous passer d'éditoriaux directoriaux, considérant que notre culture professionnelle commune pouvait s'accommoder d'une diversité de sensibilité. Pour que l'on puisse mieux juger de l'éventuelle cohérence et de la possible pertinence de mon point de vue, j'ai indiqué, sous l'onglet "Prolonger", des références à quelques-unes de mes anciennes contributions, notamment dans les colonnes du quotidien bruxellois, Le Soir.

 

Pour poursuivre la discussion, il faut lire la tribune de Robert Badinter dans les colonnes du Monde. La voici en lien, ici.

 

Pour retrouver le fil de ma position sur cette présidence, j'ai reproduit dans mon blog, ici, trois chroniques parues dans Le Soir de Bruxelles, juste après l'élection de Nicolas Sarkozy. La troisième et dernière, en forme de thèses, peut tenir lieu de résumé si vous n'en lisez qu'une. Elle est ici.

 

Impossible de podcaster sur le site de France Culture ce que j'ai dit à propos de l'hyperprésidence, lors du journal de la mi-journée du jeudi 17 mai 2007. Du coup, j'ai retrouvé l'enregistrement de l'émission "Ce soir ou jamais", sur France 3, où je suis intervenu la veille mais, dans mon souvenir, de façon moins explicite. C'était le jour même de la passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le soir de sa première nuit à l'Elysée et après que quelques étudiants bien inspirés mais peu nombreux aient manifesté au cri de "Médias partout, info nulle part".Voici la vidéo, qui dure 18 mn 55 sec :

 

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Je propose à tous de noyer le PS de Boulogne sur mer sous une montagne de coups de téléphone pour dire tout le mépris que nous inspire l'attitude de Lang.

Bonjour Jacques T.,

je suis contre cette réforme, plus par méfiance viscérale vis-à-vis de Sarkozy que du fait de mes compétences en droit constitutionnel. Je ne suis pas non plus particulièrement un partisan de Lang. Mais je ne peux adhérer à ta position, et comme tu le vois, je ne peux même me retenir de te le dire. Etre en désaccord avec Lang, soit, penser qu'il se trompe, soit, mais le mépriser ? Il va voter pour, il le dit (important ça non ?) et il tente de dire pourquoi. Pas de quoi s'attirer le mepris de quiconque, si ?

pas d'accord... Sarkozy est une menace pour la démocratie et ses alliés en sont les complices.

Si l article de Mr plenel n est pas assez clair pour inspirer le mepris de tous les opportunistes aveugles qui ont votes oui, alors mon cher Alci, je dois vous rappeler que la situation est assez grave et que pour une fois il ne s agissait pas de voter pour la couleur des camionnettes des PTT, il s agissait de savoir si nous voulons vivre en democratie ou en Sarkobushie. si?

noyer? mais non couler..
bof..
après tout çà change quoi????
le PS a bien aidé talonnoette sur le traité européen bidon simplifié
bien fait pour eux....
ce n'est pas la première fois que la SFIO etc.....

Il y a de fortes chances pour qu'un nombre important de vos abonnés se retrouvent dans votre parti pris. Mais que pouvons nous faire. Tout détenteur du pouvoir cède à la tentation d'en abuser et vous avez raison de citer les prédécesseurs qui n'ont rien fait pour rendre plus de pouvoir au parlement, ou agit pour qu'enfin la justice soit indépendante etc... pourtant aucun n'a été, quoi qu'on en dise, aussi loin de N Sarkozy. Ils jouaient et profitaient des institutions en place mais n'ont pas été jusqu'à réformer la constitution pour disposer de plus de pouvoir encore. Nous sommes là devant un cas bien particulier qui mérite qu'il soit sans cesse dénoncer mais je crains que ceci soit inaudible sauf pour un petit nombre qui n'y peut rien.
Ce que nous vivons actuellement est voulu, bien sûr par N Sarkozy, mais la responsabilité au final sera celle de ces élus qui lui apporteront leur soutien cédant au chantage, à la pression, au marchandage, aux promesses en tout genre, renonçant ainsi à leurs convictions et à leurs devoir de servir l'intérêt général et de préserver la démocratie.
(On voit bien que l'affaire Clearstream a été tenue au chaud pour vaincre les résistances des derniers députés Villepinistes, plus tout le reste qui se passe en sous main). Sans ces élus de tous bords, sans eux Nicolas Sarkozy ne peut rien. Devant un telle régression de la démocratie (main mise sur la presse et l'information, nouvelle constitution, pression et manipulation de la justice, fichagede la population et j'en passe), on ne peut, si l'on se déclare démocrate (de droite ou de gauche) que résister. Lorsqu'il y a quelques jours j'ai rappelé dans un commentaire sur Médiapart, la phrase de Simone Signoret (il y deux catégories d'individus : les collaborateurs et les résistants), phrase qui prend tout son sens, non pas en période normale mais en période de
régression démocratique telle que nous la vivons aujourd'hui, je me suis faite traiter d'Ayatolla ou Stalinien). Bien sûr ces adjectifs ne m'ont pas touchée mais m'ont conforté dans mon sentiment que ce que nous vivons aujourd'hui, dans tous les domaines cités plus haut, n'était pas encore réellement perçu. Alors oui nous glissons vers un régime autoritaire mais nos moyens d'y résister sont faibles puisq'une majorité de nos élus s'en font les collaborateurs zélés. Qu'ils ne viennent pas nous dire plus tard : nous ne savions pas !

Il me semble que cette nouvelle entorce à la démocratie aura au moins un effet positif : celui permettant à un nombre toujours plus grand de démocrates (effectivement de droite comme de gauche) de se rassembler clairement sous la bannière de la résistance et de prendre conscience que sans combat la situation ne fera qu'empirer. Et pourtant qu'il serait doux de se laisser bercer par la torpeur estivale sous la musique des médias amis du pouvoir en place... Un autre effet positif probable prend la forme d'une bonne nouvelle pour Mediapart qui reste un des rares médias d'envergure nationale à conserver son indépendance : le nombre de médiapartiens devrait fermement croître au fur et à mesure de la dégradation de la situation, nous rappelant qu'on n'est pas (encore) en dictature...

Je comprends et je partage la déception de tous les internautes. Mais il faut maintenant voir si le nouveau texte constitutionnel ne peut pas être mis à profit pour contrecarrer la politique de Monsieur Sarkozy. J'en appelle à tous les juristes: qu'ils examinent attentivement le texte. Ils verront qu'il offre de belles opportunités.

Ainsi, l'article 4 de la loi constitutionnelle adoptée à Versailles institue-t-il le référendum d'initiative populaire. Sauf erreur de ma part, voici la nouvelle rédaction de l'article 11 de la Constitution:

"Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.
Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an.
Les conditions de sa présentation et celles dans lesquelles le Conseil constitutionnel contrôle le respect des dispositions de l'alinéa précédent sont déterminées par une loi organique.
Si la proposition de loi n'a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum.
Lorsque la proposition de loi n'est pas adoptée par le peuple français, aucune nouvelle proposition de référendum portant sur le même sujet ne peut être présentée avant l'expiration d'un délai de deux ans suivant la date du scrutin.
Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat.
Lorsque le référendum a conclu à l'adoption du projet ou de la proposition de loi, le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation. "

Donc, dans les domaines de la politique économique ou sociale ou environnementale et dans le domaine de l'organisation des pouvoirs publics (c'est tout de même assez large), l'opposition (ou mieux toutes les oppositions: PS, MODEM) peut proposer au pays un ensemble de réformes sociales, économiques, peut-être fiscales ainsi qu'en matière de libertés publiques (organisation de la télévision publique), bien sûr dans la contrainte qu'il n'est pas possible d'abroger une disposition législative promulguée depuis moins d'un an.

Imaginez le retentissement de telles propositions. Elles offriraient à l'opposition la chance d'inspirer les thèmes du débat public (comme M. Sarkozy inspirait les thèmes du débat public depuis quelques années avant son élection). En face, la majorité ne pourrait pas profiter de la nouvelle opportunité puisqu'elle dépend entièrement du gouvernement et du président.

Allons, il y a mieux à faire que se lamenter. Peut-être, sans l'avoir perçu, M. Sarkozy a-t-il offert à l'opposition une arme fatale pour lui. Puisse l'opposition s'en saisir pour réparer les dégâts de la politique du président et offrir une nouvelle perspective au pays.

Il est temps de le reconnaitre : nous ne sommes plus en democratie, cet article fort argumente le demontre ... s'il en etait besoin.
Pour qu'un regime soit democratique il faut plusieurs pouvoirs, l'independance de ces pouvoirs et leur controle par le peuple ou ses representants, or le chef (autoproclame) de l'executif est incontrolable puisqu'au contraire du premier ministre, le president de la republique n'est pas censurable par l'Assemblee.
La plus grande democratie du monde, l'Inde ou je sejourne en ce moment (d'ou les manques d'accentuation de mon texte !) apporte un exemple a l'oppose de ce que nous vivons en France.
La majorite actuelle (composee du "Parti du congres" et divers partis de gauche) est confrontee - ce meme lundi 21 juillet - a un vote de confiance au parlement indien a propos du traite a ratifier avec les USA sur la question du nucleaire, vote de confiance demande par le Premier ministre (chef de l'executif) alors qu'il n'etait pas oblige de soumettre au parlement ce traite, mais compte tenu des prises de position opposees a sa ratification, notament venant de partis membres de l'alliance au pouvoir. ainsi il met en jeu son pouvoir de premier ministre.
Tandis qu'en France le president peut decider d'envoyer un contingent militaire en Afganistan, sans meme qu'il y ait debat au parlement, il pourrait declarer la guerre sans que les representants du peuple aient leur mot a dire, ni la possibilite de le demettre... il faut que la gauche dise clairement ce qu'elle fera des pouvoirs actuels du president de la republique francaise ... dont je suggere le changement de denomination pour "Republique Democratique Francaise".

Exemple du changement : Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa vient à Bordeaux Vendredi 25 juillet. Tout le centre historique sera sous le contrôle de la police. Chaque citoyen devra se déplacer avec une pièce d'identité et un justificatif de domicile. Pas de tram,; Certains Parking seront fermés. Seuls les régimes totalitaires connaissent de tels déplacement de force policière. Nicola Sarkozy de Nagy Bocsa doit avoir très preuve pour ainsi boucler une ville. Je ne sais pas encore qui sera "invité" à crier des "vive le Président" le long du parcours; les écoles sont fermées....

Incroyable, votre information sur Bordeaux, ses pièces d'identités et ses trams, Alexander Scott.
Pouvez-vous nous la confirmer : comment sont prévenus les gens, par ex. pour les justificatifs de domicile à avoir sur soi ?

L'analyse du Directeur de Médiapart n'est pas un "parti pris", c'est un constat!
La France a connu des périodes semblables, sans remonter à Napoléon III. Je pense au Gaullisme...mais de Gaule n'était pas Sarkosy, même si, comme ce dernier, le grand Charles aimait le pouvoir. Souvenez-vous de la seconde page du Canard avec la rubrique "à la Cour..."!
Mitterand aussi a joué les monarques, mais les temps ne sont plus les mêmes comme l'écrit si justement EP.
Comme l'Express en son temps (saisi, censuré), il nous appartient de dénoncer, dénoncer encore, dénoncer sans cesse, les dérives que nous connaissons aujourd'hui. On voit bien, au travers d'innombrables petits faits, l'évolution.
Notre président est une vraie bête de politique, sait y faire, est en passe de réussir quelques jolis coups. Mais, qui gagne une bataille, ne gagne pas...!

Le contrôle d'internet proposé et qui sera bientôt voté va à l'encontre de "l'honnêteté" du président. En effet, sous couvert d'interdire l'accès aux sites pédophiles, au motif de protéger les enfants, on met en place un système de verrouillage du net par la participation des opérateurs, et on pose les fondations d'un contrôle de l'accès et des déplacements sur Internet.

Pour information, il faut savoir que les sites les plus consultés sur le web sont des sites porno, n'en déplaisent à tous ceux qui courent à l'audience. Et malgré ce, tomber sur un site pédophile n'est pas à la portée du premier venu. A priori, on ne peut en trouver qu'à partir de surf sur d'autres sites porno. Et il est bien évident que les enfants n'ont pas le droit d'y aller.

Donc cette mascarade est bien hypocrite. Pour le confirmer, y'a qu'à chercher effectivement ce type de site pour comprendre que ces mesures sont des écrans de fumée.

Tout à fait d'accord avec vous Hillson.
J'enfonce le clou et je vous fait un copié-collé de fainéant de la réponse que j'ai faite à un article d'Erich Inciyan La «mouvance anarcho autonome», nouvelle cible de la justice antiterroriste
... récentes déclarations de Michèle Alliot-Marie du 10 juin 2008 aux « assises du numérique » à Paris.
MAM dit que même si internet est "un immense espace de liberté, (il) est aussi vulnérable aux menaces, de la simple escroquerie à la propagande terroriste, en passant par la pédopornographie".
Nous y sommes. On brandit le totem de la protection des enfants pour filtrer les sites internet (tout en sachant pertinemment que personne n’y trouvera rien à redire) et on y ajoute dans la plus grande décontraction quelques petits mots innocents comme « propagande terroriste ».
Je ne critique évidemment pas le filtrage des sites pédophiles mais à ce moment là je trouvais ça potentiellement liberticide l’interdiction des sites « terroristes ». A la lumière de cet article, j’enlève le « potentiellement ».
Projetons nous dans l’avenir avec une logique froide :
1° J’apparente RESF ou d’autres collectifs d’extrême gauche à une mouvance terroriste.
2° Les sites internet qui font la propagande du terrorisme doivent être filtrés.
3° DONC j’interdis les sites, blogs d’extrême gauche ou trop virulents.

Vous franchissez allègrement, à tort ou à raison, le pas entre un blog réactionnaire et un site terroriste.
Je n'irais pas encore jusque là. En effet, tout site développé en France est soumis à la loi française. Et la loi prévoit clairement qu'il est illégal d'appeler au désordre public. Il n'y a donc rien de nouveau.


Maintenant comment cela va t-il se passer effectivement ? Je n'en sais rien. Mais si le Net français devient comme le Net chinois, alors nous saurons vraiment à quoi nous avons à faire. Je vous rassure ça ne changera rien pour les citoyens car les champions de la cyber-révolte sont pléthores, mais dès qu'il s'agit de faire réellement quelque chose, ils sont de suite beaucoup moins à se bousculer. De même les zorros masqués hurlent sur bon nombre de pages, mais si l'on demande de tomber les masques, combien en reste t-il ?


Laissons donc au Net sa réelle portée. Pour le moment il permet de réfléchir. Les livres aussi, le permettent.
Le refuge quotidien que le Net nous permet, et me permet, ne devrait pas limiter notre volonté à l'indignation d'écran.



--

http://blog.honorgate.net

Intéressante remarque, Honorgate. Le net n'est sans doute pas le lieu de l'action. Mais comme vous le dites, il permet de mieux réfléchir. Quand on trouve un site de qualité, je trouve qu'on y réfléchit mieux que tout seul ou que dans un groupe lié par des liens affectifs.
(Tout dépend du site, quand même...)

Cher Honorgate,
Je n'ai jamais parlé de net chinois, vous franchissez allègrement un autre pas, mais peut être me suis je mal exprimé.
Tout est une question de vocabulaire quant au terrorisme sur le net. La vraie question est: qu'est ce que l'on appelle terrorisme sur le net? (et de là, que doit on donc censurer). Pas besoin de se plonger dans l'histoire pour trouver un parallèle il suffit simplement de regarder autour de soi. Qu'est ce que l'administration Bush appelle des terroristes? En sont ils vraiment? Combien de libertés ont été bafouées aux USA au nom de ce terrorisme?
Sans parler d'internet sauce satay il suffit pour moi de fermer seulement quelques sites jugés trop "dangereux" pour l'ordre public pour que la démocratie (ou ce qui en reste) soit atteinte.
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire" (Voltaire)
Une partie de ce qu'est la démocratie et la liberté d'expression réside dans cette phrase.
Songez en tout cas que ce pas entre un réactionnaire et un terroriste certaines personnes ont déjà été à deux doigts de le franchir. Au lendemain de l'incendie du CRA de Vincennes Frédéric Lefebvre (porte-parole de l'UMP) qualifiait RESF et d'autres collectifs de «faiseurs de provocations» et «semeurs de désordre».
Bien à vous,
Thomas.

Cher Thomas,
je confirme que vous n'avez jamais parlé du net Chinois. Permettez-moi simplement d'user de la comparaison, car elle me semble suffisamment éclairante.
Enfin, aux USA, si le système Bush a un rien totalitaire et liberticide, les sites internet se portent à merveille.

"La surveillance de la Toile a été légalisée, le 24 octobre 2001, avec l’adoption par la Chambre des représentants du Patriot Act (Provide Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism). Cette loi, votée à une écrasante majorité à la suite des attentats du 11 septembre 2001, confirme l’autorisation accordée au FBI d’installer un logiciel de surveillance, nommé Carnivore, chez les fournisseurs d’accès, afin d’épier la circulation des messages électroniques et de conserver les traces de la navigation sur le Web de toute personne suspectée de contact avec une puissance étrangère."
source: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=10603
Qu'est ce que ça va être quand l'internet américain ne se portera plus à merveille? ...

L'Allemagne nazie, en son temps, appelait "terroristes" les résistants.

Il nous restera à trouver des moyens de protester en faisant des copiesde documents à distribuer partout dans le métro, les abri bus. Pour cela il suffira simplement de les déposer sur un banc, sur un siège, de les mettre dans les boites aux lettres. De vieilles méthodes connues des résistants français.

Merci E Plenel.Dans cet océan de lacheté votre article fait du bien à tous ceux qui comme moi sont conscients du danger de cette réforme :résister ,non le mot n'est pas trop fort.Mais comment ? J'avoue un sentiment d'impuissance ...mais je suis prete à toute manifestation visant à faire sentir à Lang tout le mépris qu'on peut éprouver pour son attitude

Mais alors, on fait quoi ? Que d'écrits ! C'est l'overdose !
Mediapart, Mariane, Le Canard...
Libération et Charlie Hebdo sont gangrénés. (Lire Editorial de Joffrin du 21 juillet et affaire Siné/ Val...) On avait pourtant espéré après le départ de July.
Osez, Mediapart, suggérer, ou au moins demander publiquement si la seule action possible n'est pas finalement une "grève générale" des citoyens pour faire prendre conscience au pouvoir qu'il y en a assez de ce putsch...de la technique du diviser pour régner.
Cela devient la seule réponse à apporter puisque rien n'atteint le pouvoir, ni les partis d'opposition, ni les grands syndicats...et que décidément, comme il est dit plus haut, la collaboration devient à la mode.

Ok pour la grève générale mais accompagné d'une sousciption pour aider les plus faibles qui sans cela ne tiendront pas un jour.
Donc dans l'ordre:
lancer une souscription dans médiapat - rue89 - bakchich info - Marianne2 (bien que)
Lancer le mot d'ordre de grève générale pour la rentrée.
et tenir le coup
et passer à la 6ème république

Sans avoir les compétences de Plenel,j'avais prévu,senti il y a 18 mois que nous allions entré dans un régime non encore connu si Sarkozy était élu.

Nous y sommes .

J'avais utilisé l'expression "coup d'état médiatique " le lendemain du débat contre Royal le 2 mai.

Le soir du 6 mai,j'avais les résultats du vote à 18h alors que tenant un bureau ,je voyais beaucoup de jeunes venir voter ,pleins d'espoir.

Comment est-ce possible dans une démocratie que le résultat du vote soit connu avant?

Oui,je sais,les sondages..et alors ça change quoi?

N'ayant pas les talents de Dominique Gautier et autres commentateurs, je me contenterai , moi aussi, de dire MERCI Edwy Plenel, merci à MEDIAPART pour cet "excellentissime" article.
Et totale honte à jack lang

(Menez.guen):
Sans avoir les compétences de Plenel, j'avais prévu, senti il y a 18 mois que nous allions entrer dans un régime non encore connu si Sarkozy était élu.


Sans vouloir faire de la publicité pour Bayrou, et sans rien retirer de la clarté de vision d'Edwy Plenel ni de l'originalité de ses justes analyses,
moi aussi, rien qu'à fréquenter le site bayrou.fr il y a 18 mois, j'avais "prévu, senti" tout ce qui arrive en ce moment.
Tout a toujours été dénoncé, expliqué, prévu à l'avance etc, par François Bayrou et il suffit d'aller sur son site pour le vérifier et le dater.
Vous trouverez même des phrases entières, des pans entiers de ce Parti Pris de Plenel qui semblent retranscrits mot pour mot des différentes interventions de Bayrou (toutes dûment consignées sur dailymotion ou sur youtube), ceci bien entendu sans le moindre soupçon de plagiat de la part de Plenel, tant nous savons à quel point ses grandes qualités le mettent à l'abri d'avoir à se servir de ce genre d'artifice:
plutôt tout simplement parce qu'avec Robert Badinter et d'autres rares honnêtes gens de qualité, ils tombent d'accord sur ce qu'est l'évident péril.


Nous sommes en crise grave. La crise de démocratie, ça n'en a pas l'air mais c'est aussi grave que la crise de la guerre ou de l'occupation.
Il n'est plus temps de continuer à participer au "boycott-pensée-guignols" de Bayrou, tout comme il n'est plus temps de se perdre en querelles intra-PS, tout comme même, il n'est plus temps de refuser tout crédit à un billet de blog sous prétexte qu'il est écrit par un religieux et qu'on est athée par exemple.
Tout comme pendant l'occupation,
quand tous les résistants s'unissaient par-delà leurs différences,
alors que c'est la Démocratie elle-même qui est menacée, nous devons voir notre intérêt commun et taire nos querelles.

Cher Axel J,
Je vous en donne volontiers acte et j'ai d'ailleurs salué la constance du créateur du Modem en chute de mon article sur l'affaire "Charlie Hebdo". Je ne sais ce qu'aurait fait François Bayrou au pouvoir, mais personne ne peut contester sa cohérence depuis qu'en 2006, il est clairement entré en dissidence des majorités auxquelles il participait auparavant. Sa dernière interview au "Figaro", titrée "Sarkozy est le porte-parole d'un clan", est aussi ferme qu'explicite, on peut la lire en cliquant sur ce lien:
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/10/01002-20080710AR...

@Edwy

pourquoi ne pas avoir demander à Jack Lang

avant le vote de ce soir, de vous accorder un entretien sur ce sujet ?

Sarkozy a preparé cette reforme depuis longtemps

A quoi ça sert de dire NON au moment où les jeux sont faits ?

La démocratie a besoin des débats avant que les décisions soient prises

NON ?

C'est pourquoi,Bayrou est IMPARDONNABLE de ne pas avoir accepté l'offre de Royal pour battre celui qui sévit à la tête de l'état..

Tout ce qu'il dira et fera maintenant est TROP TARD.

Il a préféré attendre 2012 pour satisfaire son ambition personnelle.

En vous lisant, je ressens chez certains le même sentiment qui m'anime depuis quelque temps : de la rage, de la colère, mais aussi une grande impuissance et une énorme frustration. Rage décuplée par ces médias dociles - mais ils le sont depuis plusieurs années déjà -, englués dans une coupable torpeur, un endormissement chronique, une critique lisse et molle. Alors bien sûr depuis un an, tout celà se révèle, ce magma de torpeur s'étend tel une chape silencieuse et sournoise.
Et puis il y a le mélange des genres. Le chamboule-tout dans l'ordre des valeurs fondamentales. La lettre de Guy Moquet aux élèves. Et çà dégouline de partout, voila que Laporte la fait lire aux rugbymen. La vie sentimentale (?) offerte à qui n'en veut, çà dégouline encore, Domenech qui fait sa demande en mariage en direct, qui est qui, qui fait quoi ? Le fracasse-tout des valeurs et des repères. L'ouverture, qui est de gauche, qui est de droite ? Le Présidempereur devant le Medef, prêchant pour une dépénalisation du droit des affaires, et qui compare une lettre anonyme au fisc aux dénonciations de juifs pendant l'occupation, sa Dame de Cour qui évoque la collaboration avant de s'excuser. Qu'est-ce qui est grave, sérieux ou important, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Celà me fait penser à ce dialogue dans "Orgueil et Préjugés" : "parler avec légèreté des choses graves et avec gravité des choses légères"...
Tout ce "folklore" produit un bel effet de fumée qui nous cache ce à quoi nous devrions nous préparer depuis bien longtemps déjà. Des difficultés économiques et sociales qui vont s'aggraver, les enjeux du réchauffement, une crise immobilière qui commence à apparaître, les problèmes énergétiques et alimentaires mondiaux, l'eau... Sarkozy est finalement un illusioniste très doué. Et il fait vivre la France dans un tour de passe-passe géant extraordinaire. Et beaucoup sont béats ou muets devant sa grande capacité de manipulation. Malheureusement, les tours d'illusion ont toujours une fin. Et quand le rideau tombe, l'illusioniste et ses amis passent à la caisse. Les autres pourront retourner leurs poches. Le pire, c'est que dans le dénuement et le manque d'espoir - et si on n'entend pas plus qu'aujourd'hui les "démystificateurs" -, les autres, justement, pourraient bien demander un "bis", histoire au moins de prolonger le rêve ou plutôt de ne pas entre-apercevoir le cauchemard...

Tout à fait d'accord avec vous artman, sur l'illusioniste qui nous fait ses tours , pour mieux cacher les choses - graves - qu'il fait derrière. J'en avais fait le sujet d'un de mes derniers billets sur mon blog... Je constate par contre qu'il cherche de moins en moins à nous sortir des tours de magie, à moins que ce ne soit médiapart qui lève de plus en plus le voile et "s'engage" de plus en plus...

Entièrement d'accord avec ce que vous exprimez là, Axel.
Je dirais aussi, plutôt que de chercher qui pourrait nous sortir de là, voyons de notre côté, comment nous pouvons agir ensemble.
Ce qui implique un effort pour surmonter certaines divisions, pour séparer l'essentiel et l'accessoire dans nos divisions.

Le débat en direct


http://www.publicsenat.fr/

J'entends ici et là que, en dépit de l'opposition (une fois n'est pas coutume) du PS à ce projet de révision constitutionnelle, ce dernier devrait être adopté par notre Congrès, dont la proclamation des résultats doit intervenir dans quelques heures. Dénoncer le présidentialisme de notre loi fondamentale, qui n'est pas une "dérive" mais bien l'essence du pouvoir sous la Vème République, n'est pas cohérent lorsque, quelques mois plus tôt, le PS disposait du pouvoir de s'opposer franchement à la politique du président SARKOZY et de l'affronter enfin sur le terrain institutionnel. Au lieu de cela, le PS a préféré s'abstenir de voter contre le projet de révision constitutionnelle permettant d'adopter le Traité dit simplifié de Lisbonne, au risque -finalement réalisé- d'acquiescer là où un peuple dument et démocratiquement consulté a su dire non. Le présidentialisme de notre République est haïssable par son hypocrisie institutionnelle, qui apparait dans l'exercice du pouvoir bien-sûr, mais aussi dans l'exercice de l'opposition politique : il pervertit tout contrôle institutionnel et tout contre-pouvoir qui seuls assurent l'équilibre de la démocratie politique. L'alternative réside uniquement dans le changement de République, ce qui, en l'état de nos institutions, semble bien compromis dans la sérénité... décidément, cette Vème République exhale de plus en plus le rance.

« Reste la liberté indocile d'Internet, et elle est montrée du doigt, déjà surveillée, bientôt contrôlée au prétexte de la réguler. »
Internet est pour moi un des seuls îlots de démocratie restant dans ce pays. Démocratie dans le sens où on peut quasiment dire tout ce que l’on pense, pas encore démocratie à part entière dans le sens où tout le monde n’y a pas encore accès et qu’il est payant.
En tant que citoyen c’est ma bouffée d’air pur face aux idées formatées et prédigérées des grands vecteurs d’informations traditionnels. Combien de fois au détour d’une page web, parce que je ne l’avais pas vu à la télé ou entendu à la radio, je me suis exclamé « Ah bon ça existe ça ?! Je ne savais pas ».
Il y a sur le net d’autres citoyens qui nous font remonter des informations, témoignent, débattent, s’associent. Avant les dernières élections présidentielles pour moi internet était un loisir, maintenant c’est une chance. Une chance face à cette centralisation des pouvoirs au main d'un seul homme, une chance face à cette verticalisation du pouvoir, une chance de mieux s'informer, de communiquer, de pouvoir réagir.
On peut déjà constater avec quel brio sarkozy mène ses idées à termes, gère les médias, étouffe l'opposition, communique. On peut se demander ce qu'on aurait pensé de tout ça si nous n'avions pas les infos du net et ses débats.

"Quand la manoeuvre institutionnelle devient la loi de l'institution une attitude s'impose : le parti pris" ! que je salue par son argumentaire et ce rappel nécessaire sur ce qui nous attend ...
Lors de l'entretien du Président de la République d'il y a quelques jours au journal Le Monde aucune question ne lui a été posée sur le cumul des mandats et la réponse sur le mode de scrutin du Sénat n'a pas suscité davantage d'interrogations !
Heureusement et vous y faites référence il y a eu la très pertinente intervention de Robert Badinter dans le même journal. La "lettre" de Jacques Lang contribue cependant à la confusion ou plutôt à la "clarté du personnage" cet élu-itinérant qui par cet écrit justifait ainsi son virage face à ses "petits-camarades".

Sans connaître le résultat, une exigence de vigilance et d'alerte semble indispensables quelque que soit l'issue de cette mise en scène sous couvert de plus de pouvoir au parlement alors qu'il s'agit de plus de pouvoirs au premier élu de la nation.

La note sera salée.

NON ou OUI ; le temps ne joue pas pour la France.
Quel que soit le résultat du "vote démocratique" :

sarkozy est brûlé, FINI.

Il a montré son vrai visage.
L'illusionniste sarkozy n'est qu'un maniaco-dépressif qui refuse de se soigner pour conserver sa suractivité.

Cette maladie provoque toujours une apothéose suivie d'un cataclysme.

L'ennui c'est que les dégâts causés par une seule personne (certes soutenues par des irresponsables sociaux) devront être réparés par tous.

Bonjour,
Pour ma part, je ne me suis pas abonné à Mediapart et ne lis aucun journal pour qu'il me dise ce que je "dois" penser, ou qu'il me dise ce que son directeur pense.
Je lis un journal pour qu'il me donne à penser, y compris contre moi-même - expression chère à M. Plenel. C'est-à-dire qu'il me donne des informations : des reportages, des enquêtes ; et des interviews, y compris d'analyse.
Quant aux éditoriaux, si l'exercice de style peut être plaisant pour le rédacteur comme pour le lecteur, je n'y trouve pour ma part qu'un très faible intérêt.

Cher Jean-Baptiste, je critique, Edwy Plenel ne vous offre pas "ce qu'il pense", il pense ce qu'il a à nous offrir, et c'est déjà tâche plus ardue. Si je voulais savoir l'opinion du voisin ou de "celui qui pense pour moi", je regarderais TF1; ici au contraire, la pensée est un processus, le produit de nos vies. Bien à vous. Gwénael.

J'étais effarée ce matin en lisant l'édito de Libération au café du coin. Merci Mediapart.
Je ne connaissais pas cette vidéo de "ce soir ou jamais", merci aussi de l'avoir mise en ligne.
Une toute petite précision, concernant les 343..C'est..Charlie-Hebdo..qui les avaient nommées salopes, et non pas elles qui s'étaient ainsi nommées..Comme disait Courteline, ça n'a l'air de rien, c'est énorme.

kairos

Il se peut que les "avancées" soient essentiellement formelles, mais elles existent... La nature présidentielle du régime se trouve-t-elle aggravée? Je doute, notamment après l'écoute du débat entre Guy Carssonne et Bastien François sur Médiapart. En effet, le rôle du premier ministre n'a jamais été bien évident, d'où la démission de Chirac en 76... Et j'ai de la peine à croire que sous le général de Gaulle l'hyper présidence, qui se nommait pouvoir personnel, ait été moindre... Il semble même que, par exemple, la disparition d'un vaste secteur public industriel et bancaire, ou les contraintes européennes, ne réduisent de fait le champ d'action du président, si on le compare à celui de Georges Pompidou... Me choque ceci: le présiden ne se pose plus fondamentalement en arbitre de la nation, mais dabord en chef politique de l'exécutif (comme le laisse penser l'implication éminente et affirmée de Nicolas Sarkozy à l'UMP), tout en ayant le droit dedissoudre une assemblée qui ne peut le censurer... De mon humble point de vue, c'est là un déséquilibre de fond, au détriment du parlement, qu'il aurait fallu corriger, et qui conforte vos critiques si sévères. De Jack Lang, faut-il dire ce que Napoléon lançait à l'adresse d'un de ses généraux: "Marmont, vous êtes un homme de conscience, pas d'honneur, vous me trahirez..."

Edwy Plesnel depuis lr début a sut nous faire ressentir le danger de ce Président Sarkozy,avec ses i,formations et sites.
Il ne s'est pas trompé,et ce Président nous angoisse depuis le départ de son électorat,quand disparaîtra t'il,avec lui il n'y aura plus de démocratie,il fera disparaitre tous les journaux qui ne disent que la vérité,pour ne faire parler que de lui!
Moi j'avais trés bien compris sa mentalité en tant que Ministre de l'intérieur,et voyait et comprenait déja ce qu'il aurait fait aprés ses élections!

Si cette révision est votée, où va s'asseoir le Président à Versailles ? Du temps de M.Mobutu, s'imposait à Kinshasa le trône du maréchal, un haut monument d'ébène, posé au bord de la tribune. Il s'agit d'un problème certes mineur mais tout de même significatif car le rythme et la durée des interventions présidentielles ne sont pas précisés, que je sache.
M.Mendès-France s'adressait chaque semaine aux Français par la radio pour nous rendre compte de son travail et nous faire part de ses projets.
Chaque vendredi, de huit heures du soir à neuf heures, il pourrait en être de même si la révision passait, pour la satisfaction des Parlementaires et des travailleurs de la télévision de service public.
Par-delà les textes, c'est bien de la constitution de 1852 qu'il s'agit. Heureusement, les mirabelles de Sedan ne sont pas mûres.

Le MONDE est à côté de la plaque (comme J.LANG) puique même ses lecteurs interrogés pensent à 62% que la réforme profite d'abord à NS et aux pouvoirs de l'exécutif et non à ceux des parlementaires...

il ne faut pas se fier aux sondages............les questions sont souvent fermées et le piege existe avant le résultat

Merci pour cet éditorial. Je vois aujourd'hui au moins 2 problèmes :
* quel est l'état réel de l'opinion concernant Sarkozy ? Depuis des mois et des mois, des gens intelligents, informés, éduqués, démocrates avérés (Badinter, Bayrou, Simone Veil...) et journalistes démontrent que Sarkozy est un danger pour la démocratie, et qu'à vrai dire, nous ne sommes plus vraiment en démocratie. Mais en meme temps, il ne se passe rien ! Alors, est-ce que la majorité des francais:
* s'en fout?
* est trop occupé à survivre pour s'intéresser à la "politique"?
* soutient Sarkozy?
Franchement, je n'en sait rien. Le week-end dernier, au sein de ma famille (classe moyenne plus, éducation nationale, professeurs...) il s'en trouvait encore, à ma grande stupéfaction, pour défendre l'action de Sarko!
Sarko n'est pas arrivé au pouvoir par hasard, il représente bien quelque chose de la France, quelque chose de trés moche, nous le sentons bien, mais qui existe néanmoins.
* Que faire? Puisqu'ils semblent que les écrits ne suffisent pas, nous sentons bien qu'il faut passer aux actes. Mais quels actes? Un sitting devant l'Elysée tous les jours à la meme heure? Manifestations? Greve générale? Mais pour qu'il y ait grève, il faudrait qu'un nombre significatifs de citoyens se mobilisent. On revient alors à la question précédente.
Si quelqu'un a une idée...

Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

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Et pour qu'il y ait grève longue et efficace il faudrait un soutien de plusieurs médias nationaux, justement contrôlés par ... des proches du pouvoir. La boucle est bouclée. Le gouvernement actuel a tissé pendant des années ses réseaux exploitant au maximum les moindres failles d'un système qui ne garde de démocratie que l'appellation pour en faire une coquille vide mais présentable. Hormis une manifestation en suivisme lycéen en 1995 (que j'ai regretté le jour même), je n'ai jamais ni participé ni soutenu une quelconque grève ou manifestation car il s'agissait à mes yeux la plupart du temps de corporatisme nombriliste, de manipulations ou de réflexe conditionné. Mais là je crains que les dérapages probablement de plus en plus nombreux de nos gouvernants installés dans leur tour d'ivoire ne conduisent irrémédiablement même les citoyens démocrates les plus modérés à envisager la résistance active. Mais comme vous j'ignore par quel angle aborder concrètement la question : dans un commentaire médiapartien précédent j'avais déjà évoqué par exemple la possibilité d'organiser des assises citoyennes locales en résistance passive... Ce qui est sûr c'est qu'il est fortement improbable que la situation se corrige (ou même s'équilibre) d'elle-même. Une autre piste (également évoquée par le passé), consisterait à concevoir les moyens d'assainir la vie politique à gauche en actant de la gravité de la crise démocratique actuelle et de l'absence de résultat coupable des responsables politiques actuels (hormis la performance de paralyser la démocratie pour pouvoir rester en place quoiqu'il en coûte à la France) qui devraient tous être remplacés (avec pour les nouveaux impossibilité de cumul des mandats et impossibilité d'exercer plus de 10 ans des postes de responsabilité / direction). Bref, si résistance il y a, elle sera longue et pénible, avec une droite le doigt sur la gâchette, prête à dégommer le moindre signe de vie restant de la démocratie, et une gauche gangrenée par une Petite Secte nécrophage dont je crains l'Histoire retiendra la responsabilité odieuse et insupportable de l'immobilisme et du naufrage démocratique dont ils sont les fourvoyeurs (je parle de leur (in)action ces derniers mois, pas de ce vote soubresaut globalement correct).

Lu, hier soir , sur lemonde.fr : la prochaine modification de la constitution :
INSCRIRE dans le PREAMBULE de la CONSTITUTION , la DISCRIMINATION POSITIVE, pour pouvoir mettre des "quotas"
La, c est la fin de tout.
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http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2008/07/21/la-di...
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@oliv92, juste pour vous rassurrer un peu, alors qu a priori je serais enclain a partager votre inquietude, la reponse est probablement dans la fin de l article de mr Plenel. En effet depuis longtemps les francais ont ete en crise identitaire, je n arreterai pas de citer le fait que deja pendant les annees soixantes johnny devait chanter en anglais pour avoir du succes...., les grands groupes commerciaux nous ont vendu ce qu on appelle en anglais" the american dream", le reve americain, du luxe, du bien etre pour tous, grosse bagnole, gros frigo, des artifices pour nous sortir de notre etat de bouzeux, comme dans la chanson de Jean Ferrat ou la montagne est belle et les jeunes preferent le formica, cette illusion d une societe plus opulente et surtout plus urbaine, decriee par un americain par les mots;" plutot mourrir en ville que vivre a la campagne", cette ilusion et surtout ce label est encore partagee par grand nombre de francais, plus de 50 pour cent dirai-je ;ceux qui ont votes pour Sarko. Pendant la campagne presidentielle c est " l american dream" qui a ete vendu aux francais qui l ont et qui l embrassent encore, tous les 4x4 de la cote d azur en sont la preuve. or la situation internationnale est en train de changer, economie: Wall street n est plus en recession mais on parle de depression, energie, la planete se rechauffe et les courrants de pensee alternatifs pour l energie se multiplient en dhors de France bien sur, Culture et c est un point important, la craetion n a jamais ete aussi dynamique en europe, tous cela sont des element qui, l orsque l on vit dans la stupeur Bling Bling n existent pas, c est l autruche avec la tete dans le sable.
aussi j ai bien peur que le reste de la planete se prepare a couper l herbe sous les pieds et de la France et de son souverain.

A CRABETAMBOUR : à lire vos arguments, je me refourre dans la tête que Sarkozy a été élu avant tout grâce aux retraités aisés ou crédules, aux Français de l'étranger, et aussi pour avoir raflé presque toutes les voix du Front National, cet ensemble suffisait à faire le plein. Avec en face une Vierge Marie (47 % de suffrages quand même), les bras levés avec son message d'amour, reniée par son propre clan, très agaçante aussi avec ses slogans dont le sempiternel "ordre juste" (rappelez-vous le regroupement des leaders du PS avec cette rose jetée ironiquement demain en main !), et puis une femme, allez-donc !... Les femmes les premières à la railler ! Donc, les deux candidats avaient un programme, toujours théorique pour être élu, il faut broder après... Le plus malin est Sarkozy. Le plus fourbe aussi, comme peut l'être un camelot qui électrise les foules trop en attente de miracles. Le pire serait bien qu'en 2012, la même fumisterie se prolonge, à savoir "qu'il n'y ait personne d'autre" comme je l'ai entendu dans mon entourage !

Je ne suis pas de votre avis sur ce sujet de Révision de la Constitution,!!!
Comme souvent dans notre démocratie française que beaucoup nous envient, on ne prend position pas position par rapport à la question posée et aux principaux résultats qu'on peut en attendre !!

Votre article est un parti-pris effectivement, assez largement partagé dans l'intelligentsia de gauche française qui a toujours fait mon pain quotidien et mon bain de formation politique et sociale, depuis l'Express de Pierre Mendes-France et JJSS jusqu'à François Mitterrand que j'ai soutenu envers et contre tous comme le "Président capable " (n'en déplaise à Edwy Plenel) et la capacité de gauche à diriger la France (car la France, même à gauche, surtout à gauche, sans doute, ça se dirige).

Tout a changé pour moi depuis le referendum sur le Traité Constitutionnel Européen : j'y ai définitivement cessé d'être fabiusien (que j'étais après avoir été mitterrandiste) en voyant la majorité de la gauche voter avec l'extrême-droite. J'y ai ressenti la honte, la profonde et ineffaçable honte, ce jour-là, d'être français. Honneur sauvé à gauche par Serge July et Jean-Marie-Colombani? qui ont dit ce qu'il fallait dire.

Aujourd'hui, la gauche française se deshonore ( c'est le mot qui me vient) encore en privilégiant le tout-ou-rien et en refusant ce qu'il y a de positif dans cette modification constitutionnelle. L'antisarkozysme (je précise que j'ai voté Ségolène Royal aux deux tours de la présidentielle) permet tout aujourd'hui, même l'antisémitisme (cf Siné), ce qui m'étonne de moins en moins. Je ne suis ni UMP, ni de droite, ni même centriste, mais je ne supporte plus l'obtusion provincialiste dont l'article de Plenel me paraît le paradigme.

@ Calcutta : "l'obtusion provincialiste " : c'est quoi ?
Et son contraire, que vous défendez, ce serait un (quelque chose) parisianiste ?


@Oliv 92 : je crois que Calcutta vous donne aussi une réponse.
Je pense pour ma part que certains de nos concitoyens vont essayer d'entrainer la gauche à doite parce qu'en fait eux ont changé et qu'ils n'ont pas trop envie de (se) le dire.

A 30 minutes de la connaissance des résultats du vote, il n’y a pas grand-chose à faire. Sauf à se dire chiche ! La liberté et l’indépendance de la presse étant inscrites dans cette constitution, il y aura pour les médias d’information, dignes de ce nom, un formidable rôle à jouer.

[…] c’était un dimanche matin. Un dimanche de décembre 1985. L’air était à la fête et la fête dans l’air. Cinq complices impénitents et prétentieux, réunis dans un salon de banlieue se chamaillaient ferme, comme à l’accoutumée, pour ne pas changer. Les empoignades, c’était autour de comment faire le journalisme de nos rêves... La solution fut trouvée au bout du compte : se cotiser en épargnant sur 6 mois les cent mille francs que chacun devra mettre pour démarrer le projet. [...]
Ainsi Sud Magazine paraissait en mars 1986. Un an plus tard, en février 1987, le premier numéro du Cafard libéré voyait le jour. […] Babacar Touré.

Ayons en France les mêmes enthousiasmes que ces jeunes Sénégalais. Si une nouvelle presse, qui a déjà commencé à pousser, continue de s’installer dans les foyers via les écrans afin d’interpeller les lecteurs-électeurs, oui alors chiche !

La note sera salée.

NON ou OUI ; le temps ne joue pas pour la France.
Quel que soit le résultat du "vote démocratique" :

sarkozy est brûlé, FINI.

Il a montré son vrai visage.
L'illusionniste sarkozy n'est qu'un maniaco-dépressif qui refuse de se soigner pour conserver sa suractivité.

Cette maladie provoque toujours une apothéose suivie d'un cataclysme.

L'ennui c'est que les dégâts causés par une seule personne (certes soutenues par des irresponsables sociaux) devront être réparés par tous.

Et bien à une voix prêt ! Certains ont pris une grosse responsabilité...
Il ne nous restera plus qu'à saisir le conseil constitutionnel, ou la grève générale qui se verra. Sérieusement où est l'opposition crédible qui arrêtera Notre Grand Président si habile ?
Pol

La porte du Néo-Facisme est maintenant ouverte, cela me rappelle Mussolini et L'Italie, le même argumentaire, c'est l'histoire qui bégayera encore une fois.


Rachida Dati dit que c'est une "Victoire" pour Nicolas Sarkozy, on se doute bien que la France n'en sortira pas grandi.

kairos

Tout de même, le néo-fascisme, n'est-ce pas beaucoup? Déjà, la constitution de 58 était taxée de fascisme tout court... Et certains, tel le héros du désert des Tatares, attendent encore les hordes en chemises noires...

Oh !! non, je n'ai pas peur de le dire, les italiens ont véçu jour après jour l'avénement du facisme italien, puis ils en ont manger pendant un bon moment. Nous, nous sommes sur les premières marches... on en reparlera Kairos, on en reparlera

Mon cher Edwy Plenel, je ne saurais vous reprocher votre "parti pris", c'est devenu fort rare à l'heure actuelle. Ne serait-ce que sur le plan du pluralisme, c'est une bonne chose, comme vous le soulignez à juste titre. Mais il me semble que vous jugiez la révision de la constitution exclusivement en fonction de la pratique sarkozienne aujourd'hui qualifiée à juste titre d'hyperprésidentialisme. Or, non seulement il y a une vie politique et institutionnelle après Nicolas Sarkozy, mais encore, il ne semble pas que la révision puisse accentuer cette dérive (en tous les cas la possibilité de s'exprimer devant l'assemblée ne peut y contribuer à elle seule). Au contraire, la révision, appréciée globalement, apporte des avancées de rééquilibrage des pouvoirs, que l'on peut juger trop timides, mais qui sont tout de même réelles (voir ici même, le débat entre MM Carcassonne et François). Par ailleurs, les dérives de la pratique sarkozienne du pouvoir proviennent bien plus de l'adoption du quinquennat et de l'inversion du calendrier des élections et du phénomène majoritaire (qu'on observe bien ailleurs) qu'autre chose, mais absolument pas, par la force des chose, de la révision en cours. La révision n'apporte pas de remède efficace à l'hyperprésidentialisation ? sans doute. Mais encore moins l'absence de révision.

Cela dit, bien entendu, alors que je n'ai aucun intérêt personnel à défendre ce point de vue. Il est quand même quelque peu choquant de lire qu'un point de vue différent ne peut être, à gauche, qu'intéressé. il n'y a pas d'un côté la gauche immaculée se drapant dans une opposition vertueuse car résolue et de l'autre, une gauche (de droite ?) qui est forcément vendue aux sirènes sarkoziennes.

Je viens d'apprendre l'adoption par le Congrès de la révision constitutionnelle sarkozienne : consternation, tristesse, frayeur devant l'avenir démocratique de notre pays... merci Jack LANG.

Le souffle du somptueux article d'Edwy Plenel n'aurait, de toutes manières, pas dissuadé Jack Lang (et quelques autres de cette même gôche, très vraisemblablement) de joindre sa voix à celle des sarkozystes.
Cette farce ne me rend pas tranquille.
Tout le monde ne peut être Badinter, certes.
Doit-on, pour autant, être un "répliquant" des pétainistes ?
Il ne reste plus qu'à compter sur le facteur NPA !

Cher Edwy Plenel, nous allons avoir besoin plus que jamais de votre clavier lucide ...et de tout ce qui reste de presse libre dans ce pays.

Une seule petite voix pour continuer de s'enfoncer dans l'"adémocratie"...C'est petit mais cela n'empêche pas les courtisans de s'ébaubir ...Triste France !

A ceux qui continuent de penser qu'il y a du positif dans cette réforme, je voudrais juste rappeler ceci : où et quand y-a-t-il eu débat public ???
C'est au peuple et au seul peuple que revient en démocratie le pouvoir de changer la loi fondamentale.
Pas à l'UMP ni encore moins à son chef.
Arturo Ui a encore remporté une bataille...ric-rac, à coup de marchandages .
Ses marges de manœuvres vont être de plus en plus étroites et on imagine aisément que les coups n'en seront que plus bas .

@ armelle C'est au peuple et au seul peuple que revient en démocratie le pouvoir de changer la loi fondamentale.

Oui, justement, le peuple a adopté par référendum la constitution de 1958 qui prévoit en son article 3 que "la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum." et l'article 89 dispose, pour sa part, que "Le projet ou la proposition de révision doit être voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum.

Toutefois, le projet de révision n'est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés"

Bel exemple que la constitution de 1958.

Et bien oui, c'est bien de cela qu'il s'agit, de la constitution de 1958 !

J'entends bien.
Mais quid du débat public ? D'accord, le pouvoir du peuple s'exerce à travers ses représentants. Mais quand les dits représentants se vautrent dans le marchandage, le copinage, la courtisanerie ...que fait le peuple ?

Rien.Car ce n'est pas prévu.
C'est pourquoi il faudrait changer de république. Mais pas uniquement le chiffre. Tout le reste.



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http://blog.honorgate.net

Le Parlement réuni en Congrès a adopté la réforme des institutions à une voix près

j'en connais qui vont se sentir, un jour, une grosse responsabilité!

Bonjour Axel,
Puisque vous parlez de résistance, pouvez vous demander à Edwy Plenel qui répond à vos propos quelle action est envisageable par de là toutes ces dénonciations et ces constats qui finissent par fatiguer et nous fatiguer tous ?
Sarko déroule...

Je suis entouré de gens qui pensent que seule une grève générale peut secouer le cocotier, car ils voient que les petites grèves de chacun ne sont pas entendues et que les gens n'ont même plus les moyens financiers de faire grève. Alors, une bonne grève générale...une bonne fois et tous ensemble...
Est ce un sujet tujet tabou ?
Une grève générale pour le respect de la démocratie ? dans le prolongement de l'initiative qui avait été prise par Mariane et signée par Bayrou et bien d'autres si je me souviens bien.

merci Mr E Plenel : votre article en ce début d'apres midi m'avait remonté un peu le moral mais je restai quand même apres les prises de position du Monde , Libération et autres médias triste de voir que une des derniéres barrieres à cette politique totalement irresponsable allait sauter.
Et puis cette fin d'apresmidi est extraordinaire. Sur un sujet aussi grave que la réforme de la constitution la France se retrouve dans une situation un an apres l'arrivée de ce Président irresponsable ubuesque, délirante,à se taper la tête contre les murs .D' Irlande ou il a été obligé de démontrer toute sa nullité 8 jours apres avoir voulu montrer sa puissance notre President se felicite que sa réforme a été adopté à une voix. Il va pouvoir rentrer en roulant ses épaules.

On a plus de Gabin , de Blier, de Funes de Coluche mais on a quand méme un synopsis pour faire un film extraordinaire relatant cette journée! Ce sera aussi un film dramatique qui jouera celui qui mettra le vote qui permettra la victoire

merci Mr E Plenel : votre article en ce début d'apres midi m'avait remonté un peu le moral mais je restai quand même apres les prises de position du Monde , Libération et autres médias triste de voir que une des derniéres barrieres à cette politique totalement irresponsable allait sauter.
Et puis cette fin d'apresmidi est extraordinaire. Sur un sujet aussi grave que la réforme de la constitution la France se retrouve dans une situation un an apres l'arrivée de ce Président irresponsable ubuesque, délirante,à se taper la tête contre les murs .D' Irlande ou il a été obligé de démontrer toute sa nullité 8 jours apres avoir voulu montrer sa puissance notre President se felicite que sa réforme a été adopté à une voix. Il va pouvoir rentrer en roulant ses épaules.

On a plus de Gabin , de Blier, de Funes de Coluche mais on a quand méme un synopsis pour faire un film extraordinaire relatant cette journée! Ce sera aussi un film dramatique qui jouera celui qui mettra le vote qui permettra la victoire

Le héros du jour est donc Jack Lang. L'homme qui à lui (presque) seul a réussi à sauver la majorité d'un fiasco qui a failli être mémorable. La politique ces temps-ci était déjà bien embrumée et incompréhensible. Elle atteint aujourd'hui un niveau de délire surréaliste et le sommet de l'absurdité et du ridicule. En d'autres temps çà m'aurait fait rire. Aujourd'hui çà confine à la nausée. Le plat commence à peser lourd sur l'estomac.
Je crains d'avoir une envie incontrôlable de zapper si JL apparaît sur nos écrans sarkompatibles.

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Si j'ai bien compris, il fallait 538 voix pour que le texte passe, il y en a eu 539. Même si Jack avait voté contre, ça passait quand même. Par contre, les radicaux de gauche (??), eux, n'ont aucune excuse.
Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

A une voix près, la nouvelle Constitution est passée.
La gauche a dit non "au projet qui lui était soumis" - selon les termes de l'éditorial du Monde de ce soir.
La Direction de ce journal Le Monde aussi s'est soumise, en appelant à voter oui.
Pour en tirer quels privilèges ?
Avant les élections de 2007, je me souviens de Dominique Strauss-Kahn interviewé par un journaliste à propos de Jack Lang - levant les yeux au ciel, et soupirant : "Oh..., Jack Lang ?"

Je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce que pense ou écrit Eddy Plewnel, mais sur ce que jeviens de lire, je partage totalement son point de vue; Ce qui m'amène à poser le problème de la presse d'opposition. Quel journal a développé cette argumentation, qui a osé posé le problème de la mascarade qui a présidé à l'organisation du scrutin que nous venons de vivre? Un résultat à une voix prés tient du quasi miracle. La responsabilité de Jack Lang est ècrasante, comme celle du trop fameux sénateur Michel Charasse, qui lui s'est abstenu. Sauf erreur, ce sont les élus socialistes qui l'ont fait sénateur. Lui aussi veut être ministre. Quelle dérision...

Lisez l'hebdomadaire Politis, journal ancré et engagé à gauche, s'opposant à toutes les politiques néo-libérales en œuvre et qui, chaque semaine, livre des analyses libres et indépendantes.

Merci pour cet article Edwy, que faire pour donner plus de résonnance vers nos concitoyens médusés depuis l'an dernier?
J'ai aujourd'hui honte pour mon pays.
Je viens d'apprendre que le Président Soudanais d'Oumar Hassan El-Béchir allait être poursuivi (enfin) pour crimes contre l'Humanité (entre autre) au Darfour.
Lors du reportage télévisé, La caméra nous montrait un despote fier de lui acclamé par des badauds.Le journaliste signalait que cet individu peu recommandable s'était accaparé en arrivant au pouvoir les titres de "Président" ;"1er Ministre" et "Chef des Armées" (sic). J'ai eu un drôle de sentiment...
C'est pas dans notre beau pays que ça arriverait ça!

Les Soudanais du régime connaissent très bien les événements du 13 mai 58, ils aiment bien justifier le coup d'état de 1989 qui les a amenés au pouvoir avec cette analogie. Le vrai problème ce sont les institutions de la Vème république, qui avaient permis naguère à un député socialiste de dire à la droite que celui qui est politiquement majoritaire a juridiquement raison.

Il faut éviter de personnaliser, d'individualiser la situation actuelle: Nicolas Sarkozy ne représente pas une dérive, mais plutôt un aboutissement des institutions de la 5e. C'est dans les gênes même de la 5e République que de produire cette concentration des pouvoirs, qui irriguent l'ensemble des fonctionnements des pouvoirs publics français: que dire de nos collectivités territoriales, où les assemblées délibérantes sont elles aussi réduites à de simples chambres d'enregistrement? Les résultats plus poussifs de la parité ou de la diversité, comment mieux les expliquer qu'au travers du cumul des mandats, magnifiques créateurs de baronnies, de féodalité? Comment expliquer que les partis politiques (et notamment le PS) ne jouent plus leur rôle de politisation, de mise en forme discursive des rapports de force de la société, autrement que par ce présidentialisme qui les saisit, comme le mort saisissait le vif chez Marx? La 5e République dessaisit les citoyens de leur rôle démocratique, excepté tous les 5 ans, lors d'un grand show, d'une course de petits cheveux bien éloignée de l'idéal démocratique d'un Mendès-France ou d'un Blum (et d'un Mitterrand?). Peut-être, logique du pire! que le quinquennat révèlera les institutions de la 5e République sous leur vrai visage: le coup d'état permanent.

Je vois qu'on recommence à parler de la constitution de 58, par ci, par là.
ça vaudrait la peine de revenir un jour dans un article de Mediapart à ce qui s'est joué à ce moment là, et sur les liens de cette constitution là avec l'état de notre démocratie actuelle à la française.

Étant de nationalité italienne, le parallèle (que certains ont pu déjà qualifier de trop facile ou incohérent..) entre la nature de la politique de Nicolas Sarkozy et celle de Silvio Berlusconi me semble néanmoins aujourd'hui de plus en plus évident. Certes le contexte politique n'est pas tout à fait le même (à ceci près qu'en Italie aussi la gauche est complètement éclatée), tout autant que celui historique, et la manière dont fonctionnent les rouages du gouvernement italien différent sur de nombreux points avec ceux de la France. Je trouve malgré tout des similitudes dans le positionnement respectif de ces deux hommes, où au lieu de "servir leur pays" en tant que représentant élu du peuple, ils en arrivent à "SE servir de leur pays". La mainmise de Berlusconi sur les médias (journaux, chaînes de télévision, maison d'édition...) ne date pas d'hier, et si elle a été concrétisée de manière parfois plus que grossière, elle continue de gangrener ce contre-pouvoir tant nécessaire, et prépare et dégage la voie pour sa majorité et ses connivences du monde des affaires toujours autant. Je n'ai certes pas suffisamment de recul pour juger de toutes les conséquences à long terme, mais j'ai la nette impression que, d'une manière très insidieuse, un tableau comparable commence à se dessiner en France aussi. Qu'on puisse entendre Jean François Coppé se réjouir des pouvoirs renforcées que le Parlement obtiendra de cette réforme peut ne pas surprendre, cela n'en reste pas moins un mensonge officiellement drapé. J'en était arrivé à espérer, vu l'état de fait, qu'une force contraire se solidifie au sein même de l'UMP, mais la manière dont ils ont tous fait corps lors de ce vote me laisse moins confiant pour la suite.

victor bord menier
Bonsoir, je suis encore lycéen mais cela ne m'empêche pas d'aimer Edwy Plenel que j'ai découvert sur Internet et à la TV lors de la campagne présidentielle, je buvais ses paroles tellement son discours est limpide clairvoyant et d'une grande intelligence, ce qui n'est pas si fréquent. Je viens de lire son appréciation de ce nouveau fait et je commence à m'inquiéter sérieusement.
Je sens bien que malgré les dernières manifestations étudiantes de ce printemps, les jeunes de mon âge ne sont pas concernés par ce qui se passe. Quand commence t'on à réagir ? Comment motiver les lycéens alors que la seule motivation des parents, profs et jeunes consiste à se fixer des objectifs de carrière ? Que faire quand le discours politique est absent ? comme si l'on avait mieux à faire ? C'est parfois le vide à ce sujet, et ce n'est que par Internet et les blogs comme celui ci que j'arrive à suivre et comprendre la réalité politique de ce pays. La connaissance est la seule arme qui puisse nous faire résister.

Puisque le mal est fait, une analogie saute à mes yeux : ce régime c'est celui de Pétain (en jeune variété) avec de telles ressembances que c'en est touchant.

Je sais qu'outre le pétainisme, la doctrine archaïque de la droite actuelle est aussi matinée de bonapartisme (le petit). Quelle modernité y-a-t-il dans cette droite sinon, plutôt, des relents malsains de cet archaïsme revanchard (du style Pétain) ?

"DE QUOI SARKOZY EST-IL LE NOM ?" d'Alain Badiou est très rafraichissant sur ce sujet...

En attendant une réelle opposition, résistons, résistons, résistons !

Salut,

Je ne suis pas sur que le Pétainisme soit la bonne référence, je pense plutôt que la tendance lourde de notre monde (et non pas uniquement de la France) est un glissement vers un régime "démocratiquement totalitaire" comme le disait Alexandre Zinoviev. D'ailleurs la relecture de ses "Hauteurs Béantes" nous permet de faire des parallèles entre notre société dite "libérale" et ce qu'était URSS. Bien sûr, point de goulag mais une tendance à penser la TOTALITÉ de notre monde à travers le prisme de l'efficacité économique, le syndrome de l'évaluation chiffrée (donc incontestable) , la destruction de l'individu au nom de l'individu, le rejet de toute réalité objective au nom de l'idéologie dominante.

Ce constat me semble clair, ce qui me semble intéressant à analyser et comprendre est comment un système peut-être à la fois démocratique (ou semblait l'être) et totalitaire. Plus précisément comment une majorité de la population peut tendre à opprimer une minorité et comment cette oppression progresse dans la société pour dépasser les frontières de cette simple minorité.

Sinon, bien sûr résistons, résistons, résistons !

Cher Alexos, Victor,
et tous ceux qui attendent d'Edwy Plenel des solutions ou des propositions concrètes et pratiques,


Attention, mes amis, de ne pas assigner un rôle aux journalistes. Nous avons besoin de Plenel et de ses collègues pour nous informer, pour nous donner un service de journalisme fiable de confiance.
Et ceci implique nécessairement qu'ils gardent une sorte de neutralité, du moins de distance et de détachement.


On peut imaginer que la France, un beau jour, sera devenue un de ces pays d'adultes responsables où les carrières politiques sont des parenthèses de quelques années dans des vies bien remplies d'autres expériences: des sortes de "services à la nation" que des membres de la société offrent à la communauté.
Quand ce sera le cas, nous serons heureux de voir certains journalistes passer quelques années en politique avant de l'abandonner pour retrouver leur ancien métier ou pour faire autre-chose.
Pour l'instant, on n'en est pas là,
et je crois que ce que aujourd'hui notre "quatrième pouvoir" nous doit, après tout ce qu'il "nous a fait", c'est de rester assez clairement positionné dans son rôle purement technique et honnêtement éthique.


Les solutions, "la résistance" qui doit s'organiser en ces temps de crise,
ça doit venir de nous, le peuple, les citoyens. On doit prendre nos responsabilités, et ce qu'on fait ici à débattre chez Mediapart, c'est très positif car ça nous fera naître des idées et des stratégies.

Vrai que ce pauvre j lang n'a plus grand chose a espérer.Heureusement pour lui, son parti est tellement déliquescent qu'il peut encore y trouver toute sa place. Bockel, Attali, Rocard, Kouchner,Lamy ,Strauss-kahn,Lang. Quelle brochette! Puisqu'au PS le poste de premier secrétaire est à vendre je propose Sarkozy.