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Mediapart part en campagne pour la liberté et le pluralisme de la presse

| Par Edwy Plenel

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Dans le paysage médiatique actuel, Mediapart est à part, et l'assume. A part, à tous points de vue. C'est un site, mais c'est aussi un journal. Un média numérique, mais aussi une presse classique. Un journalisme moderne, mais dans la fidélité aux traditions. Un journal de journalistes, ne dépendant que de ses lecteurs, quand, presque partout ailleurs, d'autres intérêts et d'autres contraintes interviennent ou pèsent. Un journal payant, pariant sur la fidélité et l'adhésion de ses lecteurs, quand la vulgate du moment n'a que la gratuité en tête, avec la course à l'audience et la dépendance publicitaire comme conséquence et perdition. Un journal exigeant, qu'il faut prendre le temps de découvrir avant de s'inventer ses habitudes de lecture, quand, ailleurs, la facilité, l'immédiateté, la superficialité, les modes éphémères et les renoncements durables l'emportent.

 


Evidemment, un tel programme encourt le reproche d'arrogance, et il viendra forcément dans les commentaires, animant le débat participatif. Autant l'affronter d'emblée. Quelle drôle d'époque, basse et mesquine, que celle où l'ambition, professionnelle et démocratique en l'espèce, est immédiatement moquée et dévaluée. Notre presse irait donc si bien et notre démocratie avec elle pour que l'on puisse se passer de rêves, de défis, de risques réalistes et d'utopies concrètes ? A part, Mediapart se veut en effet au cœur. Au cœur des enjeux soulevés par la crise historique que traverse aujourd'hui la presse française. Au cœur de toutes les questions qu'elle soulève et de toutes les remises en cause qu'elle appelle : culture professionnelle, relation avec les lecteurs, modèle économique, nécessité démocratique, etc.

 

Il est temps que le journalisme libre se batte, enfin. Pas le dos au mur, mais drapeau déployé. Pas en s'arrangeant d'un sort peu enviable, mais en s'inventant un avenir nouveau. Pas seulement contre, mais pour. Pour que l'information ne soit pas une marchandise, ni un support publicitaire. Pour que nous ne vivions plus dans un univers où les médias sont partout et l'info nulle part, comme le disaient fort bien, il y a un an, des manifestants étudiants. Pour que l'information ne devienne plus une distraction, mais retrouve sa valeur d'usage essentielle, démocratique, indispensable à des lecteurs citoyens. Pour que le journalisme, au lieu de s'accommoder des pouvoirs, de leurs privilèges et de leurs corruptions, relève le défi de l'intelligibilité et de la compréhension du monde et du présent, sans lequel il n'est pas de communauté démocratique véritable et vivante.

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Nous avons décidé, il y a quelques semaines, que les deux mois d'existence de Mediapart (sans compter la durée de vie de notre pré-site qui nous avait permis, auparavant, d'animer le suspense) seraient ceux de notre véritable lancement public. Deux mois, pour un site qui n'a pas eu une durée infinie de tests, c'est juste le temps des ajustements, des stabilisations, des réglages. Nous nous sommes tournés vers TBWA MAP qui, dans les limites de notre budget initial, nous a conseillé la campagne d'information off et on line que vous découvrirez… dans vos kiosques à journaux dimanche 25 mai. Elle rebondira dans la foulée sur la Toile, de façon aussi inattendue. Jusqu'au dimanche 1er juin, les lecteurs de Mediapart seront informés de chacune de ces étapes et sont évidemment conviés à y participer, à la relayer ou à la commenter. D'ores et déjà, vous pouvez découvrir en parcourant le Club des débats animés entre abonnés sur Mediapart et des éditions participatives consacrées à Mediapart, son avenir, ses usages, ses qualités et ses défauts.

 

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