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L'Afrique au centre (3) - La grande bataille de l'aide au développement

| Par Ludovic Lamant

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La polémique prend de l'ampleur. Pas un sommet international sur l'Afrique où l'on ne s'en inquiète à mots couverts. Si la Chine investit de plus en plus sur le continent noir, au point d'être devenue son deuxième partenaire commercial après les Etats-Unis, n'oublie-t-elle pas d'accroître, en retour, son aide au développement ? Pékin rétorque qu'il ne s'est jamais montré aussi généreux qu'aujourd'hui envers l'Afrique. Mais reconnaît que son aide ne respecte pas forcément les standards officiels du développement...

 

En deux ou trois ans à peine, l'Afrique est devenue le terrain d'expression d'un désaccord de fond entre deux générations de bailleurs. D'un côté, le comité d'aide au développement (CAD), constitué de 22 pays membres de l'OCDE, vieux routiers de la coopération internationale. De l'autre des «donateurs émergents», comme la Chine, mais aussi, dans son sillage, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil, qui bousculent les règles et font la sourde oreille aux recommandations alarmistes des pays du Nord.

 

© Paolo Woods

 

Pour compliquer les choses, ces donateurs «émergents» continuent de recevoir des aides du Nord... La Chine a ainsi touché en moyenne 1,7 milliard de dollars, de 2000 à 2006, au titre de l'aide internationale. A peine 0,1% de son PIB, relativisent les observateurs.

 

Pékin refuse systématiquement l'étiquette de «donateur». «La Chine considère son aide comme une entraide entre pays du Sud. Sa solidarité avec l'Afrique est fondée sur un sentiment partagé d'humiliation face aux puissances occidentales», précise Jean-Raphaël Chaponnière, de l'Agence française de développement (AFD). La rhétorique des non-alignés de la conférence de Bandung n'est jamais loin.

 

Preuve que l'empire du Milieu n'est pas le seul à expérimenter cette aide Sud-Sud, le premier ministre indien, Manmohan Singh, a annoncé, le 8 avril dernier, le doublement, à 5,4 milliards de dollars sur les cinq ans à venir, des prêts consentis à l'Afrique. L'Afrique du Sud suit de près, notamment via son engagement au sein du Mécanisme africain de revue par les pairs (APRM). Retour sur les nœuds de discorde, en trois questions.

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