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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Europe : Cameron réveille le spectre Thatcher

|  Par Ludovic Lamant

Le premier ministre britannique doit enfin prononcer, mercredi, son « grand discours » sur l'Europe, 25 ans après le discours de Bruges de la Dame de fer, véritable marqueur de la pensée conservatrice britannique à l'égard de l'Europe. L'opération, prélude à un « désengagement » de Londres de l'Union, pourrait tourner au piège pour le gouvernement.

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Annoncé depuis l'été 2012, maintes fois repoussé, le « grand discours » de David Cameron sur l'Europe sera finalement prononcé mercredi matin à Londres. Pour justifier l'accumulation des retards, le premier ministre britannique s'était même vanté en décembre de ménager le suspense, prônant les mérites du tantrisme lorsqu'il s'agit de politique européenne.

L'exercice, traditionnel pour les chefs de gouvernement en Grande-Bretagne, doit permettre de clarifier les intentions de Londres, alors que Cameron n'a cessé de faire bande à part, depuis l'éclatement de la crise des dettes en Europe, avec ses partenaires européens.

Sauf surprise de dernière minute, on en connaît déjà l'annonce principale : l'organisation d'un référendum, non pas sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union, comme il en avait d'abord été question, mais sur le « rapatriement » à Londres d'une batterie de compétences aujourd'hui attribuées à Bruxelles. D'après le discours envoyé à la presse mercredi matin, avant l'intervention officielle (lire l'intégralité sous l'onglet Prolonger), la formule retenue serait toutefois mixte: il s'agirait de consulter les Britanniques par référendum « sur un choix très simple, pour ou contre le maintien dans l'UE sur la base du nouvel arrangement ».
 
David Cameron, apôtre du « désengagement » de Londres de l'Union, n'échappera pas à la difficile comparaison avec les interventions de ses prédécesseurs. Tony Blair s'était exprimé en août 2000, depuis Varsovie, pour défendre une Europe « superpuissance, mais pas super-État » (lire l'intégralité ici). Mais c'est un autre discours que les observateurs vont exhumer pour jauger la future intervention du premier ministre : celui prononcé, en 1988, par Margaret Thatcher, lors d'un déplacement au collège de Bruges, en Belgique.

Cameron osera-t-il aller plus loin que la dame de fer en matière d'euroscepticisme ? Thatcher avait déjà joué sur la fibre nationale en 1984, lors du conseil européen de Fontainebleau, lorsqu'elle avait exigé – et obtenu – le « rabais britannique » au budget (« I want my money back », avait-elle prévenu).

Mais c'est bien le discours de Bruges, quatre ans plus tard, qui est resté le véritable marqueur de la pensée des conservateurs britanniques sur l'Europe (lire l'intégralité ici).


Elle avait notamment expliqué ceci: « Nous n'avons pas repoussé, avec succès, les frontières de l'État en Grande-Bretagne, pour qu'elles nous soient à nouveau imposées, à l'échelle européenne, via un super-État européen qui exercerait sa nouvelle domination depuis Bruxelles. » À l'époque, l'ennemi de Margaret Thatcher s'appelait Jacques Delors, alors président de la commission européenne, et ardent défenseur d'un fédéralisme européen.

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L'article a été modifié mercredi matin, avec ajout de l'intégralité du discours sous l'onglet «Prolonger», et citation en page 1. Nous analyserons le discours dans un autre article à venir sur Mediapart.