Sommaire du journal
- Le musicien, le vaudou et la colère contre les élites
- Cité des Sablons, au Mans: Sarkozy ce «faux-cul», ce «jet-setter»
- «En Alsace, la droite est dans une situation très compliquée»
- Les Russes envahissent la Géorgie: le faux reportage ravive la crise
- Incendie de Vincennes: des condamnations à la prison ferme pour dix sans-papiers
- Touche pas au Karski!
- Régie France Télévisions: le Conseil d'Etat se déclare incompétent
- Tchad: les enfants-soldats, «armes légères» de toutes les troupes
La fin du pétrole-3: le temps du chacun pour soi
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C'est à peine un événement. Hier, le cours du baril WTI (West Texas Intermediate), celui qui sert de référence au marché pétrolier, a franchi la barre des 140 dollars (141,05 exactement). Un nouveau record, un de plus. Il a suffi que le président de l'OPEP, et par ailleurs ministre de l'énergie algérien, Chakib Khelil, déclare jeudi que les prix avaient toutes les chances d'atteindre les 150 à 170 dollars le baril, dès cet été, pour que les marchés s'enflamment à nouveau. Les analystes de la banque Goldman Sachs prévoient un baril à 200 dollars d'ici un an.
Toutes les hypothèses sont envisageables. Car tout le monde est perdu. Personne n'aurait imaginé que le cours du pétrole puisse doubler en moins d'un an. La plupart des économistes s'accordaient sur le fait que, les 100 dollars dépassés, l'économie mondiale plongerait. Même si le ralentissement se diffuse lentement, la crise n'est pas là, tout au moins pas encore.
La perplexité est d'autant plus grande que ce qu'il faut bien appeler le troisième choc pétrolier a des allures inconnues. A la différence des deux premiers, il n'y a eu ni guerre du Kippour, ni révolution iranienne, ni guerre, ni tensions diplomatiques. Rien qui puisse expliquer, marquer symboliquement l'entrée dans cette nouvelle ère. Tout semble s'être déréglé sans raison apparente, comme si les marchés avaient subitement levé les yeux et pris conscience des tensions existant entre l'offre et la demande, qu'ils n'avaient pas voulu voir auparavant.
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Dollar et pétrole
Dans les faits, le dérèglement vient de loin. La prise de conscience s'est faite lentement. Et d'abord avec le dollar. Monnaie de référence pour tout le commerce international, le billet vert a servi pendant des décennies de valeur refuge incontestée. Quelles que soient les politiques menées par la Réserve fédérale, le monde entier suivait.La création de l'euro et l'adoption d'une politique monétaire européenne orthodoxe au moment où la FED adoptait une ligne de conduite de plus en plus laxiste, déversant des milliards sur les marchés pour absorber l'éclatement de la bulle Internet, puis le 11-Septembre, puis la guerre d'Irak, puis pour soutenir la croissance, ont eu un effet déflagrateur. Pour la première fois depuis 1945, le dollar avait non pas encore un concurrent mais un outil de comparaison.
Dès 2001, le dollar commence à s'effriter face à l'euro. C'est à cette date que le cours du pétrole commence lui à monter. Les marchés pensent alors qu'il ne s'agit que d'un alignement technique à la suite des décisions de l'OPEP de réduire les productions pour faire remonter les cours. Mais cela a continué. Le parallélisme entre les deux courbes est surprenant.
La crise financière, à partir d'août 2007, a accéléré d'une façon spectaculaire et inattendue l'emballement. Au fur et à mesure que la Réserve fédérale jetait des liquidités sur le marché, abaissait ses taux pour éviter l'effondrement du système financier, le dollar chutait face à toutes les autres monnaies, mais en particulier l'euro. Dans le même temps, le cours du pétrole montait. Et pas seulement en raison d'un simple mécanisme d'alignement du marché.
Payés dans une monnaie qu'ils considèrent désormais comme dévaluée, les pays producteurs ont eux aussi des préoccupations de préservation de pouvoir d'achat. D'abord, ils n'ont donné aucun signe qui aurait pu rassurer le marché pétrolier. Grands pourvoyeurs d'argent pour les Etats-Unis – ils financent avec leurs excédents les déficits américains –, ils ont décidé aussi de se couvrir, et de diversifier, nourrissant un peu plus la défiance à l'égard du dollar. Ils pensaient prendre des mesures de précaution et de soutien au pétrole.
Ils n'avaient pas prévu que leurs décisions se traduiraient par une flambée aussi forte, au point de faire courir un risque de thrombose à l'économie mondiale. D'où la crainte d'apparaître comme les responsables de cette crise. D'où leur dénonciation récurrente de la spéculation, principale cause à leurs yeux de tous les débordements actuels.
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La faute à la spéculation
C'est une histoire qui a couru les salles de marché en janvier dernier lorsque le baril a franchi pour la première fois les 100 dollars. Cela faisait des semaines que le marché flirtait avec cette barre symbolique, sans oser la franchir. Puis, ce 3 janvier 2008, un trader new-yorkais poussa les ordres : il voulait être le premier à passer ce cap historique. Le cours du pétrole retomba les séances suivantes autour de 90 dollars. Pour beaucoup, c'était bien la preuve que la spéculation était à la manœuvre.
Quelle est sa part réelle sur les marchés ? Ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a jamais eu autant de liquidités sur le marché pétrolier. Selon le président de la Commodity futures trading commission (CFTC), le régulateur des marchés à terme des matières premières aux Etats-Unis, Walker Lukken, environ 5000 milliards de dollars de transactions se réalisent quotidiennement sur les marchés des dérivés des matières premières. Entre 30 et 40% au moins de ces transactions, selon les estimations, sont sur le marché pétrolier.
Les financiers ont la mainmise sur ce marché. Selon la CTFC, 70% des contrats sur le WTI au New York Mercantile Exchange, la bourse des matières premières, sont le fait d'intérêts de traders « spéculatifs » contre 37% en 2000. (Voir argumentaire dans l'onglet Prolonger.) Cette prise en main spectaculaire du marché pétrolier s'explique pour deux raisons.
Une première, structurelle: les financiers ont fui les marchés d'actions et monétaires pour se réfugier sur les valeurs qui leur semblaient encore solides, les matières premières. Une seconde, plus technique: depuis 2000, les marchés de matières premières ont substitué aux négociations physiques à la corbeille des plates-formes électroniques d'échange, identiques à celles des marchés d'actions, qui démultiplient les transactions.
En dépit de ces chiffres impressionnants, la CTFC soutient que les positions spéculatives n'ont pas augmenté depuis l'année passée. Selon elle, il n'y a aucune preuve que les spéculateurs manipulent les marchés. Un avis radicalement différent de l'OPEP, du FMI, et d'autres institutions. Tous voient la main de la spéculation derrière la flambée des cours.
« Quelle est la part de la spéculation dans l'envolée des cours ? Difficile à dire. Certains l'estiment entre 10 et 20%. Mais cela ne doit pas masquer la tendance de fond : les prix du brut sont en hausse depuis des années. L'effet de la spéculation est plutôt dans la volatilité des marchés. Elle entretient une fébrilité immense sur les marchés », note Jean-François Gruson, chef économiste à l'Institut du pétrole. « Sur les marchés de matières premières, même s'il y a de la spéculation, c'est le physique qui tranche au bout du compte. C'est ce qui se passe sur le marché pétrolier », rappelle souvent l'économiste Philippe Chalmin, auteur du Cyclope.
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Guerre aux subventions
Et toutes les indications sur le physique, c'est-à-dire les stocks de quantité disponible et les livraisons, disent la même chose : l'offre peine à suivre la demande. Il n'y a plus de réelles capacités disponibles chez les pays producteurs. Les stocks stratégiques, qui rassuraient les marchés en cas de tensions, ont été réduits ces dernières années, notamment aux Etats-Unis, ce qui ne leur permet plus d'avoir un effet tampon en cas d'à-coups.
A cela s'ajoutent des tensions sur le raffinage. Les compagnies pétrolières ont délaissé ces dernières années leur outil de raffinage. Les raisons sont aisées à deviner : la marge nette y est inférieure à 1% quand celle de l'exploration dépasse les 7-8%. Elles ont donc du mal à suivre la demande. D'où l'attention que portent les marchés à la saison des cyclones – la majeure partie des raffineries sont situées dans le golfe du Mexique –, la moindre interruption risquant de provoquer une rupture dans l'approvisionnement.
Total, quant à lui, a un autre problème : son outil français de raffinage a été conçu pour produire d'abord de l'essence sans plomb. Incités par une fiscalité plus avantageuse, les automobilistes français, eux, ont opté pour le diesel. L'offre ayant du mal à suivre la demande, les prix du diesel, traditionnellement plus bas, sont désormais identiques à ceux de l'essence. (Voir la décomposition des prix du diesel et de l'essence sous l'onglet Prolonger.)
Cette hausse – comme celle des produits alimentaires – représente un défi majeur pour l'économie mondiale. En quelques mois, l'inflation est en effet redevenue la préoccupation dominante. Des populations entières sont menacées. Il ne se passe plus un seul jour sans manifestations, en Inde, en Chine, en Afrique, en Europe. Les gouvernements sont interpellés pour intervenir, trouver des moyens de protection.
En Europe, le débat s'est naturellement porté sur la fiscalité : les produits pétroliers y étant historiquement lourdement taxés. La commission européenne a déjà répondu qu'elle étudierait à l'automne des mesures au cas par cas pour les secteurs les plus exposés. Quant au gouvernement français, il a déjà publié une étude pour prouver que, loin de gagner à la hausse du pétrole, il perdait au contraire des recettes avec la diminution de la consommation. Donc, pas question d'envisager des réductions générales supplémentaires. (Explications sous l'onglet Prolonger.)
« Tant que la demande augmentera, les cours monteront », insistent ainsi les uns après les autres les économistes et les experts du marché pétrolier. La hausse spectaculaire des prix pétroliers, selon eux, va conduite à une réduction mécanique de la consommation dans les pays occidentaux. Le problème pour eux se situe dans les pays émergents. Beaucoup d'entre eux subventionnement l'essence ou le gas-oil, maintenant, selon ces économistes, des prix artificiellement bas et soutenant la consommation, empêchant ainsi les mécanismes d'ajustement de la demande.
La semaine dernière, la Chine a décidé d'augmenter de 18% les prix de l'énergie. Les pays du Sud-Est asiatique ont diminué aussi les subventions, le Mali a suspendu toutes les aides. Mais ce n'est pas assez. « Ce sont toutes les subventions qu'il faut supprimer », martèle l'économiste Patrick Artus dans une récente étude. Dans les pays émergents mais aussi les pays producteurs, les pays du Golfe et le Venezuela qui offrent à leur population un accès au pétrole à un prix défiant toute concurrence étant particulièrement visés.
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Le marché comme seul régulateur
Un consensus s'est déjà formé entre la plupart des Etats occidentaux, les principales institutions économiques et monétaires, et les économistes : il ne faut surtout pas répéter les erreurs des deux premiers chocs pétroliers et prendre des mesures pour amortir les effets de la crise. Les mécanismes de marché, aussi brutaux soient-ils, doivent jouer. Et un nouvel équilibre finira par s'instaurer.
Croire que les seuls mécanismes de marché pourront venir à bout de ce troisième choc pétrolier paraît pourtant illusoire voire dangereux. Car c'est un changement de monde qui s'annonce. Aucune organisation sociale, économique, industrielle n'en sortira indemne. La mondialisation de la production, les délocalisations, comme nos modes de vie et notre urbanisme, vont devenir sujets à débat. Les préoccupations écologiques, restées souvent au niveau du vœu pieux, vont peut être enfin être prises en compte.
Laisser les seules forces économiques gérer des problèmes aussi vastes et complexes risque d'entraîner une violence sociale et politique immense. Des discussions concertées entre pays, régions, continents, sur les mesures d'adaptation à prendre, les changements à lancer, s'imposent. L'instauration de nouvelles régulations va se révéler nécessaire. Mais pour l'instant, rien ne se passe. Le président américain a déjà déclaré que le mode de vie américain n'était pas négociable, bloquant ainsi toute tentative de concertation. L'Union européenne, qui pourrait être une première instance de concertation et d'idées, n'a pas articulé un seul mot sur le sujet. L'heure est au chacun pour soi, avec tous les dangers que cela comporte.
Photos: Ed Kashi
Tirées du livre Curse of the Black Gold
Le photographe américain Ed Kashi, qui travaille depuis des années sur l'exploitation pétrolière dans le golfe du Niger, nous a autorisés à publier ses images, qui sont rassemblées dans un livre paru récemment: Curse of the Black Gold.
La bibliographie sur un tel sujet est tellement immense, que l'on a du mal à faire le tri.
Pour ceux qui seraient intéressés par la spéculation, voici le dernier argumentaire de la CFTC, la bourse américaine des matières premières.
Du baril à la pompe, voici un graphique qui donne une idée de la formation des prix
L'Etat français perd de l'argent avec la hausse du pétrole. C'est ce que le rapport Durieux consultable ici explique.
Pour la présidence européenne, l'Elysée et Matignon entendent peser sur l'évolution de la politique énergétique européenne. Un rapport de réflexion a été commandé à Claude Mandil, ancien président de l'AIE, afin d'en tracer les grandes lignes. En voici le contenu.
Enfin, le sujet a été à peine évoqué dans cette série, bien qu'il y joue un rôle important, mais cela nous aurait entraîné(s) trop loin: il s'agit bien sûr de la guerre en Irak. Voici ce que le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz en dit.
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Analyse et mise en perspective d'un grand intérêt.
On n'insistera jamais assez, à mon sens, sur le lien consubstantiel qui existe, dans la fin d'époque que nous vivons,entre l'évolution du prix du pétrole et celle du cours du dollar.
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, pétrole (accord américano-saoudien sur le croiseur Quincy) et dollar (Bretton-Woods puis changes flottants dès que cela les a arrangés) ont été les deux grandes armes des Etats-Unis dans le déploiement de leur puissance économique au plan mondial.
Mais une arme ne vous est utile que si vous la maîtrisez. Et vous ne la maîtrisez que si vous savez raisonner à long terme (anticiper comme disent nos chers économistes) et ne pas toujours céder à ce que vos intérêts et le court terme semblent vous dicter.
Cest ce à quoi manifestement les Etats-Unis ont échoué. Le prix du pétrole et le cours du dollar leur échappent car ni pour l'un, ni pour l'autre, ils n'ont su faire à temps les bons choix. Nous sommes à l'orée d'une ère d'instabilité économique et politique dont nous ne soupçonnons pas encore la gravité et la cruauté. Et ce dieu invisible qu'est le marché nous sera d'un faible secours pour panser les plaies.
J'aimerais que vous ayez tort sur la gravité des temps qui nous attendent. Malheureusement, il n'y a aucun signe qui ne vienne pour l'instant rassurer. Mais cela viendra peut être....
J'aimerais aussi mais je crains que nous n'ayons presque atteint le seuil critique de tendances lourdes qui, additionnées l'une à l'autre et poussées à leur extrême, peuvent se conclure par une déflagration mondiale. Envolée du cours du pétrole et déconfiture du dollar sont les deux signes annonciateurs de cette déflagration.
1°/ Le pétrole est largement à l'origine de la figure de la modernité économique telle que nous la vivons et subissons aujourd"hui. Cette figure a deux traits:
- croissance exponentielle du transport des personnes et des biens à des tarifs très faibles (le coût du transport devient négligeable)
- civilisation du gaspillage
Le pétrole a permis le transport des personnes et des biens à bon compte et à très large échelle : on le voit quand on rappelle que 60% du pétrole consommé l'est à des fins de transport. Cette utilisation est vorace et peu a été fait pour économiser la ressource; la fameuse 4 CV du début des années 1950 était à peine plus gloutonne que sa descendance actuelle à cylindrée égale. Puisque le transport est facile et peu coûteux, toutes les activités humaines de production de biens à l'exception des industries extractives et de l'agriculture peuvent être localisés n'importe où sur la planète : on peut importer facilement et sans coût excessif pétrole, matières premières et produits semi-finis, puis exporter produits finis. En un mot le transport n'est plus un obstacle et les seuls facteurs discriminants qui restent sont le coût de la main d'oeuvre et la pression fiscale. Avec un pétrole abondant et peu cher, la délocalisation est un jeu d'enfant : on peut choisir sa main d'oeuvre.
Le pétrole, c'est l'ère du plastique, c'est-à-dire du jetable, du non réparable, du non recyclable.
2°/ Ce modèle, couplé à une population mondiale mutipliée par deux, des Etats-Unis qui préemptent un quart de la ressource pétrolière et continueront de le faire au motif que leur niveau de vie n'est pas négociable (d'où le protectorat irakien, l'Arabie Saoudite n'apparaissant plus suffisante comme pourvoyeur), enfin une croissance très forte de la Chine et de l'Inde (les poids lourds de la population mondiales) explique l'explosion de la demande de pétrole, explosion à laquelle on ne peut répondre, pour des raisons physiques et de coût, par une augmentation de l'offre à un rythme équivalent et à laquelle d'ailleurs on répondra, pour les années à venir, dans des conditions de plus en plus dégradées. Cela d'autant plus que la ressource pétrolière est largement concentrée dans une zone instable politiquement et militairement, le Moyen-Orient.
Or on ne pourra passer aisément et sans drames de ce modèle basé sur le pétrole à un autre modèle. L'inertie des procédés technique et celle des modes d'organisation économique ainsi que la coalition des intérêts à court terme constitueront des barrages dissuasifs qui freineront et bloqueront la remise en cause nécessaire. A cela s'ajoute qu'en passe de perdre la maîtrise du pétrole comme énergie abondante et peu chère malgré leur présence en Irak, les Etats-Unis assistent à une détérioration alarmante de leur monnaie et à une perte de confiance en elle. Dans les deux cas, les ressorts à l'oeuvre sont les mêmes. D'où le parallélisme des évolutions.
Exellente analyse si on met de cote l enorme facteur culturel qui plombe la planete, combien d energie faut il pour transporter soixante dix kilos de viande, qulqu un m repondu, pas grand chose puisqu une mobilette marche a soixante et nous transporte aisement..... j aime aussi la comparaison avec la quatre chevaux des annes soixante, mais sur la cote d azur, a Paris et surtout sur la totalite du continent americains ce sont des monstres d obsolescence qui sillonnnent le paysage, il va de soi ,et pour reprendre l expression , qu on ne pourra pas passer aisement et sans drame de ce modele base sur le petrole a un autre modele. en scandinavie quarante pour cent de la population n a pas de permis de conduire, un chiffre surprenant et jamais publie, il va de soit que ce modele ne sied ni a nos dirigeants ni nos industriels, et pourtant , les pays scandinaves en ont aussi, les populations du tiers monde ne voyagent pas , ou, quand elles le font cest par des moyens collectifs, dites leurs que demain ils vont etre obliges de prendre le train il vont vous rire au nez, ca fait deja des generations qu ils ne connaissent rien d autre, sauf que sur les paneaux publicitaires de leurs grandes villes quelqu un leur propose un 4x4, et c est bien la le facteur culturel qui plombe la planete et son origine n est pas finlandais. la grand majorite des masses laborieuses circulent dans des trains bondes de Paris a Londres et Tokio. on ne peu que se frotter les mains a l idee que mr Selliere devra se rendre a son bureau en velo pour gerer une multinationnale qui fabrique des panneaux solaires, Choc culturel indeniable. quand dans les annes soixante dix l on pronait la viabilite de la croissance zero il n y eu que rires et sarcasmes , aujourd hui les memes sarcastiques tremblent......
Quel travail remarquable ! Je me plonge dans la lecture approfondie de vos articles. La fin du pétrole ne sera-t-elle pas l'équivalent pour le système capitaliste de la chute du mur de Berlin pour le système communiste ?
Formidable analyse passionnante à lire ! J'ai aimé que vous ayez reproduit l'entretien de J. Stiglitz que j'avais entendue sur France Inter. J'ai aussi apprécié (rien à voir) de voir le traducteur que je trouve toujours incroyablement bon (c'est le jugement de la linguiste) :)
"Le président américain a déjà déclaré que le mode de vie américain n'était pas négociable, bloquant ainsi toute tentative de concertation. L'Union européenne, qui pourrait être une première instance de concertation et d'idées, n'a pas articulé un seul mot sur le sujet. L'heure est au chacun pour soi, avec tous les dangers que cela comporte." La conclusion réaliste de cet article semble irréaliste, non?
Sur un autre sujet, mais j'en profite, je me dis alors que le conseil de l'économiste de la fin de l'inteview que j'avais dèjà apprécié lors de ma première écoute est bon, mais ne sera pas suivi en France. "ils (le gouvernement français) ont sous estimé, dénaturé le service public. Il faut devenir efficace dans les services publics, mais le niveau d'investissement doit etre augmenté. La recherche dans le secteur publique est le plus grand retour sur investissement aux Etat-Unis par exemple. Reduire ces investissements dans la Recherche, c'est une tres grande erreur. Il y a confusion entre l'inefficacite et l'importance des services publics"
Pour mettre de l eau au moulin de Cristelle, il ne faut jamais oublier que la grande majorite de nos gouvernants en place depuis un an ont ete : Recrute par un type qui a ete elu par les victimes de la publicite... sa pertinence est mise en doute tous les jours et ses competences l objet d un debat permanent, sa fascination pour un aspect que superficiel et emotionel des Etats unis n est plus a prouver, de plus son demi frere Oliveur (il s appele en fait Olivier, ) vit la bas, le meme type a donc recrute les huiles d un systeme que meme les Etats unis aujourd hui, rejettent, depuis peu en tout cas, allez, Christine Lagarde, a bosse des annees aux US. Dati, la City de Londres , sans parler de Levit qu il a rappatrie de la bas , Eric Woerth viens d Arthur Andersen societe basee a Chicago, Novelli a ete chez drexel burnham et lambert de philadelphie Etc. tous ces gens me rappellent un peu des combattants d arriere garde primaire, des Don quichotes qui s attaquent aux moulins a vent, des remplisseurs de tonneau sans fond, en fait, comme les insectes, fascines par la lumiere ils vont droit a la lampe. en contradiction permanente et par pure impulsion emotionnelle et culturelle de la theorie Sappington stiglitz, pourtant Americains......
Au risque de me répéter, je ne saurais une fois encore que conseiller de lire le livre de Joseph Stiglitz paru en 2006 aux Editions Fayard : Un autre monde (contre le fanatisme du marché). Il y explique très clairement comment ces grands organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale) ébauche d'une gouvernance mondiale règlent le jeu et impose à de nombreux pays la même potion magique souvent très mal adaptée aux pays concernés. Pour avoir été le vice président et économiste en chef de la Banque Mondiale et d'en avoir démissionné, il est intéressant d'avoir un point de vue issue d'une expérience concrète, de l'intérieur. Il ne s'agit pas bien entendu dans son livre de pétrole mais d'économie raisonnée à l'échelle mondiale par des têtes toutes formées à la même école.
Mes notions d'économie sont basiques, aussi mon commentaire sera-t-il à prendre avec des pincettes.
Mais enfin, comment obtenir une forte augmentation du pétrole sans une forte baisse du dollar, ? Impossible sans casser la "baraques" . Donc les deux ne peuvent aller que de paire.
Mais qui tire profit de ce "pas de deux" ?
D'un coté on trouve les pays producteurs dont le "capital noir" en sous sol augmente, sans beaucoup de fatigue. C'est important au moment où le niveau des réserves connus inquiète. C'est de la bonne gestion : qui veut voyager loin ménage sa monture. Pour que l'or noir reste longtemps de l'or noir, il faut gérer savamment le stock. D'autant que plus le prix augmente, plus les réserves disponibles sont susceptibles d'augmenter. Le pétrole trop cher à exploiter à 100 $ devient exploitable et rentable à 200 $. Avec leur "capital noir" revalorisé voilà les producteurs mieux à même d'apporter leurs concours financiers aux seconds profiteurs de l'opération : Les grands multinationales. Les "pauvres", sont conduites à délocaliser encore et toujours plus vers les pays "émergeant". Notamment comment pouvoir continuer à produire et exporter à partir de l'Europe avec un pétrole cher ET un Euro cher !!! Il faut plier bagages. Et et ça tombe bien d'ailleurs car il y a les marchés des pays "émergeant" qui s'ouvrent et qui seront d'autant mieux "lancés" par une production intérieure. Sur ces marchés, ont peut encore faire tourner un modèle économique (production consommation) à la sauce XX ème siècle, (par exemple produire des voitures plus "traditionnelles" exemple la LOGAN) alors que sur le marché des pays "développés" le opportunités business du "développement durable" doivent permettre d'assurer la nouvelle croissance propre promise au XXIème siècle. A remarquer que les produits higth tech du "développement durable" pourront toujours être produits dans les pays "émergeant". Dans nos pays "développés" c'est désormais dans les services qu'il existe de belles opportunités business.
Il est bien vrais que ces "évolutions" sont autant de virages délicats à négocier, surtout qu'il n'y a pas de véritables pilotes. Comment ne pas tirer trop tôt, trop fort, trop vite, sur la ficèle, elle a une certaines élasticité, mais peut-être pas à tout épreuve ? De nombreux effets secondaires sont à attendre, mais lesquels sont prévisibles ?
Ici c'est la spectre de la famine pour une part plus grande l'humanité, là ceux des désastres climatiques, et partout toujours plus d'inégalités.
"A la différence des deux premiers" chocs", il n'y a eu ni guerre du Kippour, ni révolution iranienne, ni guerre, ni tensions diplomatiques."
"Croire que les seuls mécanismes de marché pourront venir à bout de ce troisième choc pétrolier paraît pourtant illusoire voire dangereux. Car c'est un changement de monde qui s'annonce."
"Laisser les seules forces économiques gérer des problèmes aussi vastes et complexes risque d'entraîner une violence sociale et politique immense
Mais pour l'instant, rien ne se passe. Le président américain a déjà déclaré que le mode de vie américain n'était pas négociable."
C’est quatre phrases sont d’une actualité redoutable et si je ne savais pas que c’est un journaliste qui les a écrites, j’en viendrais a me demander si le mur de Berlin est vraiment tombé. C’est digne de l’émission là-bas si j’y suis, on dirait un discourt communiste des années 50. Chomsky et Mermet sortez de ce corps.
Les inondations aux états unis dans l’état de l’Iowa vont peut être provoquer une crise alimentaire et agricole de grande ampleur
C’est une catastrophe pour les fermiers de l'Iowa et elle ne touchera pas seulement les Américains du Midwest. Avec ces inondations nous verrons plus précisément comment le changement climatique est responsable des problèmes lié au Peak Oïl. Dans ce cas précis, ce ne sont pas les inondations qu'ont connues les anciens. Ce sont les plus grosses inondations depuis bientôt un demi siècle. La plupart des propriétaires de l'est de l'Iowa n'ont pas d'assurance contre les inondations parce que le risque d'atteindre le niveau d'inondation d'il y a 500 ans restait improbable au même titre que les fuites radioactives dans le nucléaire d’ailleurs. Le risque était tellement minimisé que même les assureurs leur ont conseillé de ne pas en prendre. Les pertes vont être graves et très répandues, avec des familles qui ont tout perdu. L'inondation de l’Iowa 2008 va être une catastrophe encore plus dure que l'ouragan Katrina. Au-delà des personnes qui ont perdu tous leurs biens, les céréaliers dont les réserves sont terriblement basses, subissent des pertes de récoltes qui vont aggraver une situation déjà désastreuse. Les Américains ont remarqué la pénurie de céréales a cause de l'augmentation des prix dans les supermarchés. Le maïs bon marché est le secret de l'industrie agroalimentaire américaine. En effet les Américains le consomment en masse dans « la bouffe industrielle » parce qu'ils n'ont pas le temps de cuisiner tout occupés qu’ils sont entre deux boulots et leur devoir de chauffeur de la famille. Derrière cette image d’Epinal se cache un modèle agroalimentaire de cultures dopées au pétrole bon marché et au fertilisants à base de gaz bon marché. Ces deux ingrédients de production ont récemment fait leur entrée dans des zones économiques pas bon marché du tout. Les cultures effectuées avec du pétrole et du gaz avait déjà un niveau critique avant ces inondations. Le gasoil est un dollar plus cher le gallon que l'essence. Les prix du gaz naturel ont doublé depuis l'année dernière et propulse les engrais chimiques a des niveaux insupportables. Les fermiers sont très mal placés pour changer leurs méthodes. Les carburants fossiles peux cher cachent une terrible défaillance de la gestion agricole. Comme beaucoup d'autres activités aujourd'hui aux Etats-Unis, l'agriculture est impossible à changer avec ses caractéristiques actuelles. Il faudra tout changer, et avec ce bouleversement, l'agriculture sera violemment ramenée à une nouvelle réalité. Les Américains vont devoir supporter plus que l'augmentation du prix des céréales. Nous nous dirigeons a grand pas vers les écrits de Thomas Robert Malthus, philosophe-économiste britannique il a défini la notion selon laquelle un jour, la population mondiale dépasserait la capacité de production de nourriture de la terre. Il a bien entendu été méprisé, tandis que l'agriculture dopée aux carburants permettait à la population mondiale d'augmenter. Les tenant du triomphalisme technologique, qui étaient pourtant les mieux informés, ont attribué ça à la révolution verte des OGM. Il est malheureusement de retour, avec sa cohorte de catastrophes, la famine, les épidémies et la guerre. Il semble acquit qu’une période de crise s’ouvre et cela entraînera des réflexes de stockage. Tandis que la campagne présidentielle entame son dernier round, les Américains pourraient se ruer sur la nourriture et l'essence, afin de constituer des réserves. Du côté du pétrole, le prochain évènement est une pénurie. Le sud-est américain devrait subir le premier choc, les exportations de pétrole du Mexique et du Venezuela qui fournissent les raffineries du Golfe du Mexique ont chuté de 30% en 2007. Plus préoccupant encore la colère des transporteurs routiers. Les routiers sont ruinés les transports leurs sont payés moins chers que cela leurs coutent pour livés et ne leurs rapportes plus rien ils ne peuvent plus travailler. En Europe la semaine dernière, des routiers en colère ont paralysé les réseaux de distribution de nourriture. La passivité des routiers américains montre bien l'état de délabrement général aux Etats-Unis. Ils vont disparaître un à un. Il se peut aussi qu'ils s’organisent, et qu’ils mettent en place des actions pour se venger du système qui les a ruinés. L'Amérique n'a que trois jours de nourriture de réserve dans n'importe lequel de ses magasins.
Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que les pénuries de nourriture et de pétrole sont deux événements facile à prédire et qui risquent de se produire dans la deuxième moitié de l’année 2008 . C'est grave, car n’est pas pris en compte l’imprévisible qui a tout moment peux arriver. La saison des ouragans arrive, mais Black out total pour le moment en raison des inondation dans l’Iowa et les banques sont sur le point de faire faillites les unes aprés les autres. De la manière dont les événement s’engagent les Américains pourraient se retrouver non seulement trempés, affamés et sans carburant, mais aussi complètement fauchés.
Et dire que c’est le modèle que veux imposé Sarkozy a la France !!!!!!!!
« Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements » Noam Chomsky
« Nous devons éduquer le peuple de sorte qu’il ne nous saute pas a la gorge » Ralph Waldo Emerson
Ha ! ça ira, ça ira, ça ira……..!!!
A Pistoff : vous pensez que l'Europe a un modèle économique très éloigné de celui des USA? Vos remarques sur les routiers sont un peu légères il me semble. Sans transport routier en Europe comme aux USA, les magasins des villes ne sont plus alimentés. Le prix du transport va donc augmenter, c'est tout !! A moins que vous ne préfériez dire : ah non, c'est trop cher, je préfère mourir de faim ou vivre des cultures de mon balcon? Mais effectivement, il faut maintenant considérer que la baisse du pouvoir d'achat (en biens matériels) est inéluctable pour les pays Européens et Nord Américains. Cela ne veut pas dire que l'on sera moins heureux.
Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Non cela veux tout simplement dire que le modèle est si fortement a bout de souffle que les acteurs concernés non même plus l’espoir d’une révolte ce qui peux déboucher soit sur l’acceptation dont vous nous ventez les qualités soit un retour de flamme violent pour les gouvernants. Mais ça en effet et vous avez raison, c’est leurs problèmes. En Europe les routiers eux ont au moins signalés leurs désaccords, pas au états unis./
Il faut quand meme rappeller , et j adhere a l opinion de Pistoff qui , contrairement a de nombreux fascines des etats unis dont Sarko d ailleur , visiblement y a vecu, le plus important et le plus derangeant et par dela le plus dangeureux c est que oui en Europe au pire des cas, on fera un potager sur le balcon, metaphoriquement parlant , car nous avons encore les resources intelectuelles pour le faire, sauf peut etre dans nos banlieues a la culture similaire de celle des etats unis et importee par des marchands du temple sans scrupules et digeres goulument et naivement par nos delinquants en casquette de base ball, les choses sont moins facile. mais pour la plus grande majorite des europeens nous avons des notions de Geographie et savons cuisiner un oeuf. Ce n est pas le cas aux Etats unis et dans le desaroi et l acculation la panique peut s installer tres vite et avec une population armee jusqu aux dents selon le droit constitutionnel... esperons que personne ne fume car une etincelle peu tout faire partir en feu d artifice. et si les routiers americains n ont pas reagit c est qu en face ils auraient eu a faire avec la garde nationnale qui elle tire a vue.
Et le pick-oil ou deflation du petrole, si on en parlait ?
Je n appartiens pas aux verts, ni a aucun parti, mais cet article est a lire :
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http://lesverts91.ouvaton.org/article.php3?id_article=195
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On entre dans une periode de deflation, c est a dire que la production du petrole va diminuer, parce que les conditions d extration vont devenir difficile.
C est bienpour ca que la USA cherchent a etre maitre du petrole partout dans le monde.
Le prix du petrole ne peut qu augmenter : la demande est croissante et la production va commencer a baisser.
Fini les beaux jours et autant s y habituer maintenant.
"Le mode de vie des Etats-unis n'est pas négociable" ! il y va fort! Peut-être tout le monde la-bas ne pense pas la même chose ?
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B. Obama s'est-il prononcé sur cette question ?
En tout cas merci pour l'ensemble de ce dossier qui montrent bien tous les aspects du problème, et dont certains ne sont jamais abordés par les autres médias!
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Le monde va changer ? Chouette! Je ne suis pas super satisfaite de son état actuel...
le mode de vie des Etats unis n est pas negotiable, meme aux Etats unis et dans les spheres les plus en vue le commentaire a fait grand bruit et est encore aujourd hui sujet a debat , Chez nous le commentaire n a pas eu le meme retentissement car cest justement ce mode de vie que mr Sarkozy veut nous faire avaler.
une fois de plus combattant de la cause perdue pauvre nicolas il va etre malade lorsqu il devra porter des ray bans organiques biodegradables.
Des 100 $ pour un baril qui ont interloqué, aux cimes qu'il atteindra, il y a beaucoup de marge, car, même à ces prix, le pétrole ne sera pas cher au regard des possibilités qu'il donne.
Le consommateur d'énergie la trouve très chère mais il ne sait pas vraiment ce qu'il achète.
Sait-il ce consommateur Monsieur Tout le Monde, que lorsqu'il utilise un taille-haies électrique, c'est comme s'il se faisait aider par 4 ouvriers armés de ciseaux à mains. S'il s'avise de faire le calcul il va découvrir que l'électricité consommée va lui couter MILLE fois moins cher que les salaires (au SMIG) qu'il devrait payer pour ce travail ...
Sait-il ce consommateur Monsieur Tout le Monde, que lorsqu'il roule tranquillement avec sa voiture à 110 km/h, le moteur qui le tire (qui développe alors 30 CV par exemple) est équivalent à 400 "esclaves" à choisir dans la catégorie véloces bien sûr ! Je lui laisse faire le calcul permettant de faire la comparaison entre le prix du plein et les bulletins de salaires de ses coureurs ......
La question n'est pas de savoir si le pétrole est cher, mais de se demander quelle légitimité nous avons à rouler avec un équipage que Jules César ou Cléopatre n'auraient pas rêvé pour eux mêmes.
Cette unité de compte, "l'équivalent esclave", est proposée par JM JANCOVICI, non dans le but de choquer, mais pour faire prendre la mesure de ce que permet de faire le pétrole.
C'est quand on a ce facteur 1000 en tête que l'on peut se dire qu'un doublement ou un triplement ne posent pas de problème de fond et qu'il ne faut pas trop compter sur des effets de régulation qui nous feraient revenir au bon vieux temps.
On peut rajouter qu'en un premier temps et très vite, Monsieur Tout le Monde pourrait se déplacer dans des conditions comparables avec un équipage plus sobre, ne comptant qu'une centaine "d'équivalent esclave" .....
Tiens re-voila le Facteur 4 ... !
Les équivalences que donnent Michel Riazuelo sont très intéressantes.
Mais de mon côté, je me demande si l''obstacle au changement c'est peut-être la question sociale, qui croise la question environnementale ou énergétique.
Je ne sais pas comment c'était au temps des esclaves, mais aujourd'hui je dirais que Monsieur ou MadameTout le Monde envie Monsieur ou Madame Classe Privilégiée et aspire à son train de vie, bien plus énergétivore que celui de Monsieur ou Madame Tout le Monde.
Par exemple, les voyages en avion de Monsieur ou Madame Classe Privilégiée, ça fait combien d'équivalents esclaves ?
Et ça Monsieur ou MadameTout le Monde ne peuvent en abuser - et le regrettent peut-être ?
En résumé il me semble difficile de demander à Monsieur ou MadameTout le Monde de changer leurs habitudes - idem pour Monsieur ou MadameTiers Monde d'ailleurs- tant que les inégalités sociales sont à ce niveau, ou progressent.
édité : Le facteur 4 ... Et si Monsieur ou Madame Classe Privilégiée començaient par diviser leur train (énergétivore, ça !) de vie par 4 ? Quel exemple cela ferait... Un exemple ô combien stimulant pour les autres.
Ces équivalences tiennent au fait qu'un homme est capable de fournir environ 100 W de puissance mécanique en continue. L'homme est une machine thermodynamique au rendement désastreux quand on le prend sur ce terrain.
Si on considère son potentiel de fulgurance intellectuelle, alors bien sûr ça change tout !!!!
Plus sérieusement, les Monsieur et Madame Tout le Monde sont des pantagruels énergivoves au regard de ce qui ce fait en moyenne sur la planète et encore plus par rapport à ce qui DEVRAIT se faire pour ne pas faire exploser la marmite.
Il faut aussi noter que s'il n'y avait pas dans les avions beaucoup de Monsieur et Madame Tout le Monde, lesdits avions seraient bien moins nombreux .....
Il faudra, et ils seront probablement contraints pour des raisons économiques, que les Monsieur et Madame Tout le Monde s'appliquent le facteur 4 sans attendre que les happy few laissent tomber leurs grosses allemandes. Car en plus, ils sont beaucoup plus nombreux !
Pour les avions, Monsieur et Madame Tout le Monde peuvent, s'il le veulent, calculer leur consommation quand ils s'offrent le voyage de rêve à l'autre bout du monde ...
A raison de 5 l/100 km par passager, pour deux personnes qui font 10000 km à l'aller et au retour, cela fait 2000 l de carburant soit 33000 km avec leur voiture qui consomme 6L/100 .....
Si on se contente de gesticulation, de bricolages sur la TIPP voire (attention, fulgurance) un plafonnement de la TVA, le facteur 4 n'est pas pour demain !
lorsqu'on lit Stiglitz, Artus et d'autres, l'analyse des évolutions inéluctables et de leurs causes sont lumineuses et les voies à emprunter pour en limiter les conséquences et faire évoluer l'humanité et son vaisseau spatial notre planète Terre sont (je ne dis pas semblent) d'une clarté évidente; mais cette clarté est telle qu'elle en est sans doute éblouissante pour que tout un chacun par ignorance, égoïsme ou conforté par l'hyper-démagogie politique ne veut rien en voir.
Mais qui dit clarté ne dit pas facilité. En effet, pour la première fois dans l'histoire de notre monde nous touchons du doigt la finitude de la planète à tous les points de vue. Au cours de l'Histoire des "espaces" étaient toujours disponibles pour digérer les "bulles".C'est terminé. Nous sommes aux bornes (rappelons comme un clin d'oeil que lorsqu"elles sont dépassées il n'y a plus de limite....je rajouterais à notre chute) et la folie financière symbole du chacun pour soi amplifie le tout : d'outil ,de moyen, l'argent est devenu le but ultime.
Nous allons donc dans le mur presque joyeusement de façon inéluctable: sur le Titanic planétaire dont l'orchestre continue de jouer .
L'égoisme triomphe, le bouc émissaire est traqué (l'espèce n'est pas près de disparaître) au coin des comptoirs de café.
si Nous ( individus, Etats et in fine Humanité ) ne réagissons pas l'Avenir est FINI.
"Le pire est à venir".. mais il n'est jamais certain, Démontrons le à partir de nos comportements et de nos engagements individuels y compris politiques qui d'égoïstes doivent devenir synergiques. Et si l'apport des démocraties occidentales doit être une composante essentielle du redressement planétaire ce n'est pas en donneur de leçon arrogant mais comme celui du sage : l'Europe aurait alors un rôle fabuleux à jouer si elle savait s'unir.