C'est à peine un événement. Hier, le cours du baril WTI (West Texas Intermediate), celui qui sert de référence au marché pétrolier, a franchi la barre des 140 dollars (141,05 exactement). Un nouveau record, un de plus. Il a suffi que le président de l'OPEP, et par ailleurs ministre de l'énergie algérien, Chakib Khelil, déclare jeudi que les prix avaient toutes les chances d'atteindre les 150 à 170 dollars le baril, dès cet été, pour que les marchés s'enflamment à nouveau. Les analystes de la banque Goldman Sachs prévoient un baril à 200 dollars d'ici un an.
Toutes les hypothèses sont envisageables. Car tout le monde est perdu. Personne n'aurait imaginé que le cours du pétrole puisse doubler en moins d'un an. La plupart des économistes s'accordaient sur le fait que, les 100 dollars dépassés, l'économie mondiale plongerait. Même si le ralentissement se diffuse lentement, la crise n'est pas là, tout au moins pas encore.
La perplexité est d'autant plus grande que ce qu'il faut bien appeler le troisième choc pétrolier a des allures inconnues. A la différence des deux premiers, il n'y a eu ni guerre du Kippour, ni révolution iranienne, ni guerre, ni tensions diplomatiques. Rien qui puisse expliquer, marquer symboliquement l'entrée dans cette nouvelle ère. Tout semble s'être déréglé sans raison apparente, comme si les marchés avaient subitement levé les yeux et pris conscience des tensions existant entre l'offre et la demande, qu'ils n'avaient pas voulu voir auparavant.


