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Dim.23 novembre 201423/11/2014 Dernière édition

Fukushima (1/7): le dernier homme

Photographe : Antonio Pagnotta

En juin 2012, Mediapart publiait ce portfolio, travail du photojournaliste Antonio Pagnotta, qui durant neuf mois est régulièrement entré dans la zone interdite autour de la centrale de Fukushima au Japon. Il y avait rencontré un homme qui a refusé d'évacuer les lieux. Ce premier portfolio (d'une série de sept à retrouver ici) a donné lieu à un récit Le dernier homme de Fukushima, publié en mars 2013 aux éditions Don Quichotte.

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  1. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Naoto Matsumura, 51 ans, est le dernier habitant de Tomioka, une commune proche de Fukushima, qui comptait quelque 17 000 habitants avant la catastrophe. Cet agriculteur refuse d’être évacué malgré la radioactivité.

  2. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Les troupeaux de vaches enfermées dans leurs minuscules enclos ont lentement expiré et les étables sont devenues des charniers de carcasses en putréfaction où les corbeaux se régalent.

  3. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Avant le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire, la préfecture de Fukushima comptait 3 400 vaches, 31 500 cochons et 630 000 poules, selon le ministère de l'agriculture.

  4. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. « Laisser agoniser des centaines d’animaux est un crime ! » s’indigne Naoto Matsumura.

  5. © Antonio Pagnotta

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    9 juillet 2011. Quatre mois après la catastrophe, quelques plantes poussent encore dans la zone interdite, une surface de 20 km de rayon autour de la centrale Fukushima Daiichi.

  6. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. La commission sur la sécurité nucléaire du Japon a donné les chiffres de la contamination radioactive : en dose externe accumulée durant la période du 12 mars au 24 avril, un adulte qui serait resté à Tomioka aurait reçu entre 10 et 50 millisieverts (mSv). En France, la limite autorisée pour l'exposition de la population est de 1 mSv par an.

  7. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Matsumura soigne ses abeilles : « Avant j’avais trente ruches, mais depuis l’accident nucléaire, il ne m’en reste que deux et les abeilles y produisent peu de miel. »

  8. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Matsumura refuse d’abandonner les animaux qui ont survécu à une agonie certaine. Chaque matin, il va de maison en maison pour nourrir les chats et les chiens restés sur place parce que trop sauvages pour être capturés ou trop agressifs pour être emmenés dans les refuges. Il nourrit aussi ses sangliers et ses cochons qui cohabitent avec une bande de chats.

  9. © Antonio Pagnotta

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    10 juillet 2011. Au cimetière de la ville, Matsumura continue d'entretenir les tombes.

  10. © Antonio Pagnotta

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    4 juin 2011. Face à l'océan Pacifique, d'où le 11 mars 2011 ont surgi des vagues de plus de 10 mètres de haut. Ce tsunami a été provoqué par un séisme d'une magnitude 9,0 survenu au large des côtes nord-est de l'île de Honshū. Son épicentre se situait à 130 km à l'est de Sendai, ville située à environ 300 km au nord-est de Tokyo.

  11. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Naoto Matsumura sur les ruines de la maison d'un de ses amis, totalement détruite par le tsunami.

  12. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Naoto Matsumura dans la maison d'un de ses amis montre une photo du front de mer de Tomioka avant qu'il ne soit complètement détruit par le tsunami.

  13. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Naoto Matsumura a gardé son humour. Ici, dans la gare de Tomioka où les herbes ont envahi les voies ferrées, il fait mine d'appeler le conducteur d'un train qui n'arrivera plus jamais.

  14. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Sur le green du club de golf de Tomioka, Matsumura feint de frapper une balle imaginaire.

  15. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Dans un paysage aux couleurs automnales, le dosimètre indique 5 microsieverts par heure à 1,50 m du sol. Cela correspondrait sur une année à près de 44 fois la dose autorisée pour les populations.

  16. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Dans la serre d'une ferme abandonnée, les vaches survivantes viennent se réfugier, la nuit.

  17. © Antonio Pagnotta

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    29 octobre 2011. Cette autruche, baptisée Boss, est l'unique survivante de la ferme d'autruches de Okumacho. Naoto Matsumura la nourrit avec des aliments pour animaux.

  18. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Dans la campagne de Tomioka, les vaches survivantes viennent se faire caresser. Au printemps prochain, les services vétérinaires de la préfecture de Fukushima procéderont à l'abattage de tous les animaux survivants dans la zone interdite de Fukushima. Naoto Matsumura affirme qu'il se battra pour l'empêcher. Il prend des photos pour documenter la survie des animaux, photos mises à disposition des médias.

  19. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Dans un ancien élevage de poulets en batteries, des araignées de grande taille ont envahi les bâtiments, couvrant tout de leurs toiles.

  20. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Un ami de Naoto Matsumura, scientifique de l'agence spatiale japonaise, a fait analyser les champignons ramassés autour de sa ferme. Ils concentrent entre 3 000 à 400 000 becquerels par kilo selon les variétés. Naoto Matsumura, qui comme tous les Japonais rafolle des champignons cuisinés, se contente aujourd'hui de les regarder et de humer leurs parfums. 

  21. © Antonio Pagnotta

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    2 novembre 2011. Dans la forêt de Tomioka avec son chien Aki qui lui témoigne toute son affection.

  22. © Antonio Pagnotta

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    12 février 2012. Un peu plus de trois mois plus tard, sa chienne, Aki, a donné naissance à cinq chiots.

  23. © Antonio Pagnotta

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    12 février 2012. Dans la zone évacuée, il n'y a plus de distribution d'eau. Naoto Matsumura récupère celle qui vient de la montagne.

  24. © Antonio Pagnotta

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    9 février 2012. Voilà onze mois que Naoto Matsumura vit seul dans la zone. Ce soir, il dîne d'une boîte de thon. Il n'y a plus d'électricité et il s'éclaire à la bougie.

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