Le premier ministre hongrois Viktor Orbán et son régime autoritaire sont parvenus à réveiller la société civile. Associations, collectifs, nouveaux partis, comme le LMP... Une partie de la Hongrie ne se contente pas de manifester, mais s'est mise à débattre de sujets, notamment sociaux, évacués depuis vingt ans.
Ce qui se passe ces jours-ci en Hongrie n’est pas que le récit d'une prise de pouvoir autocratique par le premier ministre Viktor Orban et les siens. C’est aussi l’aboutissement de vingt années de transition post-communiste qui ont mal tourné. Reportage dans une région où il est même dit que la disette menace !
Mesure après mesure, le premier ministre hongrois construit un régime autoritaire. On peut faire le pari du pire : un Orbán allant jusqu’au bout de son programme de concentration des pouvoirs, s’appuyant sur une extrême droite néo-nazie, et envoyant balader le reste du monde. Mais on peut aussi espérer un mieux avec la fin de cette désastreuse expérience. Explications.
Gaspar Miklos Tamas (photo), philo- sophe, qui est l'un des intellec- tuels majeurs de la gauche hongroise, refuse de parler de dictature, mais il s'alarme de la dérive autoritaire et des faiblesses de l'opposition à Viktor Orbán.