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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Valère Novarina: «Le langage est offensif»

|  Par Sylvain Bourmeau

Ecrivain devenu metteur en scène et peintre, artiste total en somme, Valère Novarina a voulu revenir d'abord au texte, au théâtre utopique de ses débuts pour Le Vrai Sang, une nouvelle pièce tranchante, tout juste créée à l'Odéon, là même où il connut, en 1966, le choc Genet avec des Paravents encadrés de CRS. Entretien vidéo et extrait du texte.

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Pour écrire Le Vrai Sang, Valère Novarina s'est isolé dans les montagnes. Au terme d'une journée de travail, il s'autorisait une descente dans la poudreuse. Cette fois, il voulait d'abord écrire, retourner au « théâtre utopique », en livrer des kilomètres, un texte cinq ou six fois trop long pour la scène, comme un roman théâtral. Revenir en somme à l'époque où il ne mettait pas lui-même en scène. Coucher d'abord le texte sur du papier avant de le coller au mur, le remettre à plat en jeu d'épreuves avant de le confier enfin aux comédiens, à relever, ressusciter, dit-il.

Valère Novarina est reparti de la Savoie, du Thonon de son enfance et de la suite, de la foire et de la roue colorée du Gugusse de la loterie Pierrot, premier spectacle vivant, mouvement perpétuel. De ce Faust forain, il a élaboré un texte en «spirale auto-forante», machine à lancer les mots comme autant de couteaux, formules qui tranchent, qu'on aimerait retenir et ressortir mais qui ne laissent que traces et cicatrices sur son public-cible, tout le contraire de cette foule dans laquelle d'habitude on tire – au théâtre ou ailleurs.

Créé ce mois de janvier au Théâtre de l'Odéon, là même où le jeune Novarina avait vu Les Paravents entourés de CRS, Le Vrai Sang est réjouissant, drôle profondément et de son temps : il assume en scène une critique désopilo-déprimante de la politique du moment. Un aperçu, en cliquant ici pour lire un extrait, une section simplement titrée « Réparer la démocratie ».

Parfois défilent des banderoles de manifestations. A l'arrière-plan la reproduction d'une toile de Novarina, immense, prend les couleurs, et diffracte en cristaux. Devant, les comédiens – la plupart parlent depuis longtemps la langue du cru, les autres, novices, y apportent, à l'instar de la formidable Norah Krief, des sonorités nouvelles. Tous investissent les rôles comme les répliques d'une énergie inépuisable, infinie. A la mesure de l'univers novarinien.

 

Dans un entretien vidéo en quatre parties à Mediapart, Valère Novarina revient avec bonheur sur son travail, sa matérialité et sa poésie (voir pages suivantes).

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L'entretien a été réalisé le dimanche 2 janvier, au Théâtre de l'Odéon, à la veille de la répétition générale, et après que Valère Novarina eut apporté quelques retouches de peinture au décor.