live
Mediapart Live

Offre exceptionnelle d'abonnement à Mediapart jusqu'à minuit

Profitez de l'offre 6 mois d'abonnement à Mediapart pour 20€ seulement, au lieu de 54€. En cadeau, le film Looking for Eric à télécharger.

ABONNEZ-VOUS

Mediapart
Jeu.31 juillet 201431/07/2014 Édition de la mi-journée

2012: l'UMP exploite la défiance envers le corps enseignant

|  Par Lucie Delaporte

La majorité présentait mardi soir ses propositions pour l’école dans une convention préparant le projet 2012. L’UMP prône une libéralisation du système éducatif, l’autonomie des établissements et la modification du statut des enseignants. Passant sous silence les suppressions de postes et le saccage de la formation, l’UMP joue sur les attentes – et les angoisses– des classes moyennes.

Partage

La majorité au grand complet. Mardi soir, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Jean-François Copé, Nadine Morano se sont succédé au théâtre Bobino à Paris pour marteler les «succès» de la droite en matière d'éducation et présenter les trente propositions du projet 2012. L'UMP a voulu montrer qu'elle occupait le terrain monopolisé ces dernières semaines par les débats entre socialistes autour, notamment, de la proposition de François Hollande de rétablir en cinq ans les 60.000 postes supprimés dans l'Education nationale.

La thématique ne doit rien au hasard. Les think tank proches de la majorité, comme la Fondation pour l'innovation politique, ont prévenu: les classes moyennes ont une attente – et une angoisse – énorme vis-à-vis de l'école, première barrière contre le déclassement. Impossible donc de faire l'impasse sur ce dossier pour 2012. A six mois de l'élection présidentielle, après les grandes manifestations de la rentrée regroupant public et privé contre les suppressions de postes, il faut à tout prix que la photo soit bonne. «Venez jeune homme, on a besoin de visages jeunes devant !» lance d'ailleurs un membre de l'organisation en tirant par la manche un jeune un peu rétif assis au fond de la salle du théâtre. Le journaliste-animateur Nicolas Rossignol, issu de l’écurie de Julien Courbet, assure le spectacle dans une ambiance talk-show un peu décalée.

Profil bas alors que l'école est exsangue ? Tout au contraire! Luc Chatel, d'emblée, donne le ton de la soirée: «Je veux que vous soyez fiers du bilan de Nicolas Sarkozy dans ce domaine. Il faut être fiers du travail que nous avons fait.» Oubliés un instant les milliers de suppressions de postes, les enseignants-stagiaires lâchés sans aucune formation dans leurs classes, les ravages de la quasi-suppression de la carte scolaire, la crise sans précédent des vocations… Aucun de ces sujets ne sera abordé au cours de la soirée. D'où une impression d'un débat parfois « hors-sol », totalement irréel.

Le bilan sur l'école est formidable. Pour preuve, les résultats des dernières évaluations de CE1 et de CM2 qui révèlent «une meilleure maîtrise des fondamentaux». Et qu’importe si ces évaluations ont été maintes fois contestées, si leurs résultats sont jugés «partiels, peu exigeants et donc trompeurs» par le Haut conseil à l'éducation (HCE) dans son dernier rapport… Les bonnes nouvelles sur le front éducatif sont si rares qu'il est difficile de faire la fine bouche.

Partage