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Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition du matin

Bettencourt: Sarkozy se contredit devant le juge, son avocat ment à la radio

|  Par Fabrice Arfi

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy s’est contredit au moins une fois durant ses douze heures d’interrogatoire dans le cabinet du juge d’instruction Jean-Michel Gentil, à en croire les extraits de son procès-verbal d’audition révélés par le quotidien Sud Ouest. Son avocat, lui, a de son côté pris quelques libertés avec la vérité judiciaire...

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L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy s’est contredit au moins une fois durant ses douze heures d’interrogatoire dans le cabinet du juge d’instruction Jean-Michel Gentil, à en croire les extraits de son procès-verbal d’audition révélés, samedi 24 novembre, par le quotidien Sud Ouest.

Interrogé sur sa connaissance de l’état de vulnérabilité de Liliane Bettencourt à l’occasion d’une rencontre en novembre 2008 à l’Élysée, Nicolas Sarkozy a d’abord assuré que l’héritière de l’empire L’Oréal « ne dit aucune invraisemblance ».

Mais quand le magistrat questionne l’ancien chef de l’État sur le contenu du journal intime de l’écrivain François-Marie Banier, qui évoque en avril 2007 – soit un an plus tôt – un possible financement occulte en pleine campagne présidentielle, sur la foi d’une confidence de Mme Bettencourt, Nicolas Sarkozy explique : « À supposer qu'elle ait tenu ces propos, ils ne peuvent être retenus contre moi de la part d'une personne qui n'a pas toute sa tête. »

A la sortie du tribunal. A la sortie du tribunal. © Reuters

Entendu jeudi dernier au tribunal de Bordeaux dans le cadre du volet « abus de faiblesse » de l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy, convoqué « aux fins de mise en examen », est finalement ressorti du cabinet du juge sous le statut hybride de “témoin assisté”, moins lourd judiciairement.

Créé en 1987, le statut de “témoin assisté” représente une zone grise du droit français. Selon l’article 113-2 du Code de procédure pénale, « toute personne mise en cause par un témoin ou contre laquelle il existe des indices rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission des infractions dont le juge d'instruction est saisi peut être entendue comme témoin assisté ». Mais ces indices ne sont ni « graves » ou « concordants », termes d’usage pour une mise en examen.

La rencontre de novembre 2008 entre Nicolas Sarkozy et Liliane Bettencourt, en présence de son gestionnaire de fortune Patrice de Maistre (mis en examen dans le dossier), est judiciairement embarrassante pour l’ancien président français. D’après plusieurs témoignages recueillis par les juges, Liliane Bettencourt avait en effet été préparée à cet entretien, pour lequel elle avait même dû apprendre un mot par cœur disant : « Je vous ai soutenu pour votre élection avec plaisir, je continuerai à vous aider personnellement. »

Durant son audition, Nicolas Sarkozy n’a pas nié l’existence de cette rencontre. « Je ne vois pas que l’on puisse me reprocher d’avoir reçu Liliane Bettencourt à sa demande (…) J’ai donné rendez-vous à la première actionnaire de la première entreprise de France », explique-t-il. Concernant la petite phrase apprise par cœur, il dément : « Tenir des propos d'une telle vulgarité quand on vient voir le président de la République n'est pas imaginable. Jamais elle ne se serait permis de tenir des propos d'une telle nature. »

Puis, interrogé sur l’état de vulnérabilité avéré de Mme Bettencourt à cette date, Nicolas Sarkozy répond : « Je n'aperçois aucun signe apparent de cela. Elle n'est pas aidée pour parler, pour se lever. Elle ne bégaie pas. Elle est très bien habillée, soignée. Elle ne dit aucune invraisemblance. »

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