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Lun.20 octobre 201420/10/2014 Édition du matin

A Rio+20, les associations se fâchent mais ratent leur sortie

|  Par Claude-Marie Vadrot

Que vaut et que représente désormais un mouvement associatif international trop intégré à l’ONU et trop professionnalisé, à la recherche d’un consensus introuvable ? Le sommet de Rio+20 sur le développement durable en illustre une nouvelle fois les impasses. Les grandes ONG doivent changer de toute urgence.

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Rio de Janeiro, de notre envoyé spécial

Jeudi matin, ayant convoqué la presse toutes affaires cessantes, les représentants de quelques grandes majors de l’écologie associative mondiale ont expliqué aux journalistes à quel point ils désapprouvaient les décisions de la Conférence de Rio. Celles-ci devaient être annoncées vendredi après leur adoption par consensus, aucun Etat n’ayant réussi à en changer quelques virgules. Tour à tour, les responsables d’ONG comme WWF, Greenpeace ou Oxfam ont dénoncé en termes très vifs les insuffisances et les « trahisons » des résolutions : qu’il s’agisse de l’économie verte, de la gouvernance, de la biodiversité, des océans, de la fiscalité internationale ou du traitement de la pauvreté.

C’est à qui avait, chacun dans sa spécialité, les mots les plus durs ou les plus menaçants. La salle, submergée de mauvaises nouvelles décrites ou chiffrées, retenait son souffle, les caméras tournaient et les micros se tendaient prêts à recueillir les moindres détails de l’esclandre.

Et puis, rien ou pas grand-chose. Alors que beaucoup de militants plus proches de la base le réclamaient, les ténors de la contestation n’ont pas renversé la table ni annoncé qu’ils quittaient la conférence, où leur statut leur permet de s’exprimer et de faire pression. Ils ont simplement affirmé qu’ils allaient « mobiliser » et faire pression pour que, plus tard, les bonnes décisions soient prises. Le même refrain que l’ONU : plus tard... Ce que les uns et les autres répètent à peu près tous les ans...

Ce mauvais sketch joué jeudi à Rio a une première explication. La lecture des quarante pages du document final permet de comprendre que, désormais, la société civile, c’est-à-dire les grandes associations, sera plus étroitement intégrée dans les processus de décision. Les ONG sont quasiment considérées comme des agences des Nations unies à statut particulier. Il leur est donc difficile de remettre en cause cette « intégration » dans la grande tuyauterie internationale officielle. Définitivement « embedded » dans la machine onusienne, ces grands mouvements veulent sauvegarder leurs petits pouvoirs naissants, sans se rendre compte qu’ils se font eux aussi l’instrument du consensus mou qui gouverne les Nations unies et leurs réunions. Donc, elles tapent sur la table, tonnent puis rentrent vite dans les rangs pour continuer à faire partie du club.

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