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Dim.21 décembre 201421/12/2014 Dernière édition

Roms en détresse au cœur de Paris

Photographe : Sara Prestianni

Seuls, en couple ou en famille, ils dorment à même le sol, s'abritent tout près de barricades de chantier ou trouvent abri dans des cabines téléphoniques. Ils sont roms et ne vivent pas dans des campements. Ces photos témoignent d'une misère qui se fond dans la ville.

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  1. © Sara Prestianni

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    Paris, place de la République, janvier 2013. Deux enfants roms dorment sur un matelas posé sur un trottoir. Près d'eux, des signes de la présence de leurs parents. « Des familles à la rue, on n’avait pas vu ça depuis trente ou quarante ans », assure-t-on à la mairie de Paris.

  2. © Sara Prestianni

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    Paris, gare d’Austerlitz, décembre 2012. La nuit, la place se peuple de personnes en recherche d'abri.

  3. © Sara Prestianni

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    Paris, place de la République, janvier 2013. Avec la baisse des températures, dormir dehors devient de plus en plus difficile. La place de la République en travaux fournit quelques refuges. Ainsi, les vitrines des magasins qu'il faut abandonner aux premières heures du jour, avant l'ouverture des portes.

  4. © Sara Prestianni

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    Paris, place de la République, janvier 2013. Sous l'enseigne du magasin Habitat, une tente abrite une famille. Rares sont ceux, parmi ces gens vivant dans la rue, qui ont pu récupérer une tente où s'abriter un peu, alors que les températures passent au-dessous du zéro.

  5. © Sara Prestianni

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    Paris, Jardin des Plantes, décembre 2012. La place qui mène de la gare d’Austerlitz au Jardin des Plantes est un lieu d'abris nocturnes. Pourtant, dans tous les recoins, on aperçoit des personnes qui dorment. Souvent, les Roms qui vivent dehors se fondent dans le décor.

  6. © Sara Prestianni

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    Paris, place de la République, janvier 2013. Un couple. Elle se lève après une nuit passée sur un matelas au sol. Le réveil a souvent lieu avant 7 heures, quand la place s'anime avec l'arrivée des personnes rejoignant leur travail.

  7. © Sara Prestianni

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    Paris, boulevard Richard Lenoir, décembre 2012. Près de la place de la Bastille, au milieu des attractions foraines, deux cabines téléphoniques servent d'abris aux Roms. Un jeune couple, rencontré autour de cette cabine, raconte : « On vient de passer deux heures à appeler le 115, mais ils n'ont pas encore répondu. Nous essayons d'obtenir un abri pour la nuit, mais parfois on n'arrive même pas à les avoir au bout du fil. On appelle, on appelle, notre téléphone portable se décharge et on doit alors passer la nuit dans cette cabine. »

  8. © Sara Prestianni

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    Paris, boulevard Richard Lenoir, décembre 2012. Toujours près de la place de la Bastille, l'autre cabine téléphonique qui sert d'abri.

  9. © Sara Prestianni

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    Paris, quartier République, janvier 2013. Souvent allongés sur le matelas qui leur sert, la nuit, pour dormir, les Roms rencontrés mendient dans les principales artères de la ville, bondées en période de fêtes : Opéra, République, Bastille. Si beaucoup de passants ne les regardent pas, certains riverains s'arrêtent pour leur parler, leur offrir un peu à manger. Et certains s'enquièrent de leur situation et essayent de contacter des associations.

  10. © Sara Prestianni

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    Paris, quartier de la Bastille, janvier 2013. Trois femmes s’éloignent du lieu où elles font la manche, tout près du Monoprix, pour aller se reposer dans une des cabines téléphoniques du boulevard Richard Lenoir.

  11. © Sara Prestianni

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    Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Devant la zone départ du terminal 3, quatre cars sont stationnés : tous les passagers descendent. 146 adultes, 23 enfants, tous Roms.

  12. © Sara Prestianni

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    Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Leur départ de France est « volontaire », autrement dit, les personnes se présentent delles-mêmes, sans que l'État ne recoure à la force. Pour les motiver : une enveloppe contenant trois billets de cent euros par adulte, un billet de cent euros par mineur. En décembre dernier, Manuel Valls a décidé de mettre fin à cette aide aux nombreux « effets pervers », sans donner de calendrier.

  13. © Sara Prestianni

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    Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. 18 décembre 2012. La plupart des Roms de ce vol de « retour volontaire » vivaient dans des campements en banlieue parisienne. Certains dormaient aussi dans les rues de Paris.

  14. © Sara Prestianni

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    Aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Un travailleur de l'Ofii (office français de l'immigration et de l'intégration) récupère les papiers attestant que ces voyageurs retournent volontairement en Roumanie. Ses gants noirs contrastent avec les mains nues de ceux qui lui tendent les documents.

  15. © Sara Prestianni

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    Aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Après deux heures d’attente, les agents de l’Ofii demandent à nouveau aux voyageurs de se regrouper.

  16. © Sara Prestianni

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    Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Une des passagères du vol pour la Roumanie nous dit : « Regardez ces bagages, ils sont pleins de toute la poubelle que l'on peut trouver dans les rues de Paris. On la ramène chez nous. »

  17. © Sara Prestianni

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    Aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 18 décembre 2012. Par petits groupes, Claudia et les autres passent les contrôles de police, sans encombre dans ce sens-là.

  18. © Sara Prestianni

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    Paris, quartier de la Bastille, décembre 2012. L’avion s’est envolé. Retour dans le centre de Paris. La cabine téléphonique située au début du boulevard Richard Lenoir est toujours occupée. Une nouvelle famille s’est installée. Quelques mètres plus loin, d'autres font la manche, espérant un peu de charité en période de Noël.

  19. © Sara Prestianni

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    Paris, quartier de la Bastille, décembre 2012. Les abords des grands magasins d'alimentation sont souvent privilégiés : ici, les Roumains peuvent se voir offrir de quoi manger pour la journée, pour eux et pour leurs familles.

  20. © Sara Prestianni

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    Paris, quartier Opéra, décembre 2012. Ce quartier, avec ses grands magasins, est aussi un endroit privilégié des Roms. La nuit, ils se rassemblent avec leurs bagages, devant l'entrée du centre commercial Citadium. Dans la journée, on ne trouve aucune trace de ce campement nocturne, leurs affaires sont entreposées dans une cave.

  21. © Sara Prestianni

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    Paris, Porte de Vanves, décembre 2012. Sur le perron de l’église Notre-Dame de Rosaire, Delia et Trepiçut vivent en couple. Caddies, valises à roulettes, couvertures, cartons, une veste de costume dans un emballage de pressing, toutes leurs affaires sont là. Ils n’ont qu’un souhait : retourner en Roumanie le plus vite possible.

  22. © Sara Prestianni

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    Paris, Porte de Vanves, décembre 2012. Ce matin-là, il fait moins un degré. Trepiçut a mis une chapka sur son bonnet. Avec sa femme, ils viennent de boire un café qu’un voisin leur a apporté. Ils connaissent la plupart des passants et ne cessent de remercier et sourire. Mais ils ont l’air perdu.

  23. © Sara Prestianni

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    Paris, Porte de Vanves, décembre 2012. Delia fouille son sac pour trouver les médicaments dont elle a besoin afin de soulager des douleurs aux jambes. Elle ne les trouve pas et se rassoit sur un siège pliant en contrebas des marches. Delia et Trepiçut se repassent un bout de mégot, elle n’a pas de gants et, pour protéger ses mains du froid, les glisse dans ses manches. Ils ont déjà bénéficié de l’aide au retour et ne peuvent prétendre à une nouvelle aide. Ils sont coincés en France.

    Ce reportage photo accompagne une enquête de Mediapart consacrée à la vie des Roms dans les rues de Paris, signée Carine Fouteau. À l'automne 2012, Sara Prestianni et Carine Fouteau ont décidé d'aller à la rencontre de ces Roms pour leur donner la parole, entendre ce qu'ils avaient à dire sur leur parcours, substituer leur regard à nos préjugés. Elles ont pris le temps de discuter avec quelques-unes des personnes qui avaient installé matelas et bagages dans des cabines téléphoniques ou sur des marches d'églises. Comme la plupart d'entre elles ne parlent pas le français, elles ont accompagné le Secours catholique dans certaines de ses “maraudes” lorsqu'un interprète, ou tout du moins quelqu'un capable de se faire comprendre, était présent.
    Elles se sont présentées comme journaliste et photographe. Toutes les personnes sollicitées ont accepté de faire le récit de leur cheminement. Les prises de vue ont, elles, donné lieu à de nombreux refus. Leurs interlocuteurs leur ont expliqué redouter la circulation de leur portrait dans leur pays d'origine. Beaucoup des images ont donc été prises à d'autres moments, avec l'accord des personnes, sauf quand celles-ci étaient enfouies sous des couvertures. Nous avons choisi de ne pas exclure ces photos a priori dans la mesure où le fait de dormir sur le trottoir est central dans le sujet.

    Lire ici la série de reportages de Carine Fouteau

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