Sommaire du journal
- Pourquoi l'Elysée soutient encore Woerth
- Retraites: les grands entretiens
- Les mémoires très stratégiques de Tony Blair
- Les années Blair vues du «Guardian»
- La 3D à la conquête des salons
- Ricardo contre Keynes: Trichet a tranché
- La fabrique des «accidents lumineux» de «Des hommes et des dieux»
- Tibéhirine: l'enquête de Mediapart
- Les manifs ont rassemblé au-delà de la gauche
Les Caisses d'épargne veulent mettre la main sur un trésor de 2 milliards d'euros
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Les Caisses d'épargne s'enfoncent dans une crise à rebondissements. Ces derniers mois, de nombreux indices l'avaient déjà laissé transparaître, comme s'en était fait l'écho une longue enquête en sept épisodes, publiée fin janvier début février sur le pré-site de Mediapart (lire sous l'onglet Prolonger).
Effondrement en Bourse de Natixis, la filiale commune de la Caisse nationale des caisses d'épargne (CNCE) et des Banques populaires, du fait notamment de son exposition à la crise américaine des subprime, via une structure dénommée CIFG ; effondrement en Bourse de Nexity, le promoteur immobilier racheté par la CNCE juste avant que le marché ne se retourne : l'Ecureuil n'a cessé d'être pris dans les turbulences.
Sans parler de la plus spectaculaire d'entre elles : la remise en cause du monopole de la distribution du Livret A dont profitaient jusqu'à présent les Caisses d'épargne (ainsi que La Poste et le Crédit mutuel) et qui va prendre fin le 1er janvier 2009, en application d'une réforme qui figure dans le projet de loi dit de « modernisation de l'économie ».
Ces turbulences ne sont pas finies que d'autres se profilent. Des turbulences financières d'abord : la CNCE prépare une gigantesque opération qui devrait lui permettre de « siphonner » près de 2 milliards d'euros de patrimoine immobilier détenu par les Caisses régionales. Des turbulences sociales ensuite : prenant prétexte de la « banalisation » du Livret A, la direction du groupe Caisses d'épargne a décidé de durcir le plan social dont Mediapart s'était déjà fait l'écho en début d'année et de porter le nombre des suppressions d'emplois de 4.000 initialement prévu à 4.500.
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Les turbulences financières
Le nouvel indice des difficultés que rencontrent les Caisses d'épargne n'est évoqué que de manière elliptique dans un document financier récent du groupe. Ce sont deux petites phrases noyées dans le long rapport d'activité pour 2007, qui a été soumis le 17 avril dernier à l'Assemblée générale du groupe : « Parallèlement, peut-on y lire, la CNCE a engagé un programme pour optimiser la gestion du parc immobilier des Caisses d'épargne. Le projet ″Dynamic Immobilier″, dont l'enjeu porte sur les 2 milliards d'euros du patrimoine immobilier des Caisses d'épargne, sera déployé dans l'ensemble du réseau en 2008. »
Pour qui ne connaît pas le groupe des Caisses d'épargne, les formules peuvent sembler anodines. Fonctionnant sur une structure fédérale, avec de nombreuses caisses régionales, et, au sommet, une caisse nationale qui fait office de structure centrale, le groupe est un très gros propriétaire immobilier, au travers des sièges qu'il possède, ainsi que des agences – certaines étant par ailleurs en location. En outre, le groupe détient aussi d'immenses biens fonciers, notamment des forêts.
On pourrait donc penser que le groupe veut rationaliser la gestion de ces propriétés immobilières. C'est d'ailleurs de cet argument dont joue la direction: en créant une structure spéciale, Dynamic Immobilier, elle n'aurait d'autre ambition que d'« optimiser » la gestion de ces biens. De mutualiser en quelque sorte les affaires communes... C'est donc dans cet esprit que les Caisses régionales vont être priées d'apporter leurs biens immobiliers à cette structure, qui sera une filiale de la CNCE.
Pourtant, ce n'est pas de cette oreille que de nombreux patrons de Caisses régionales ont entendu la proposition. Et cela, pour des raisons, qui se devinent sans peine. D'abord, quand la CNCE a violé, en 2005, le pacte d'actionnaires qui la liait à son actionnaire principal, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), ce sont les caisses régionales des caisses d'épargne qui, financièrement, en ont fait les frais : ce sont elles qui ont apporté les 7 milliards d'euros que la CNCE a dû débourser pour racheter ses parts à la CDC et lui permettre de sortir du capital. Cet effondrement des fonds propres des Caisses d'épargne a donc laissé un très mauvais souvenir aux responsables régionaux de l'Ecureuil.
Plus grave, aux yeux de nombre d'entre eux, la CNCE n'a cessé depuis de multiplier les mauvaises affaires. Avec la création de Natixis ; avec le rachat au prix fort de Nexity, et bien d'autres acquisitions encore. Uniquement avec ces deux premières sociétés, la CNCE a réalisé des moins-values potentielles qui avoisinent 2,5 milliards d'euros.
Au fil des mois, certains dirigeants régionaux ont donc fait entendre leur inquiétude. Et la Commission bancaire (le gendarme du secteur bancaire), elle-même, a sommé la CNCE de trouver des solutions pour être en conformité avec le « ratio de solvabilité » auquel tous les établissements bancaires doivent se conformer.
Du même coup, on comprend pourquoi a été accueillie avec méfiance l'idée de transférer à une structure liée à la CNCE la totalité des biens immobiliers que possèdent les caisses régionales. Plusieurs dirigeants régionaux ont exprimé leur opposition, faisant valoir qu'ils n'accepteraient pas que leur institution soit de nouveau « siphonnée ».
Et cela, dans quel objectif ? Pour que les deux milliards d'euros de biens immobiliers des caisses régionales soient ultérieurement apportés à Nexity ? Ou alors pour permettre à la CNCE de financer une autre opération non pas en apportant du « cash » mais cette société Dynamic Immobilier, c'est-à-dire sans bourse déliée?
Lors de cette assemblée générale, l'affaire, si rapidement traitée dans le rapport d'activité, était au centre de toutes les interrogations des dirigeants régionaux : faut-il accepter cette nouvelle fuite en avant?
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Les turbulences sociales
Un autre indice des difficultés rencontrées par le groupe est le plan social envisagé par la direction. Initialement, au début du mois de janvier, celle-ci avait envisagé de procéder à 4.000 suppressions d'emplois, comme Mediapart s'en était fait l'écho. En fait, selon une information publiée par Le Figaro, samedi 10 mai, et confirmée par l'Ecureuil, le nombre des suppressions d'emplois devrait finalement atteindre 4.500 d'ici 2012. C'est ce qui a été annoncé le mercredi précédent aux représentants du personnel, lors d'un comité de groupe.
Depuis plusieurs mois, la direction du groupe des Caisses d'épargne explique ces suppressions de postes par un argument que ne goûte guère le gouvernement : c'est le projet de «banalisation» du livret A qui en serait pour l'essentiel à l'origine. Ces derniers jours, la direction du groupe a encore joué sur le même registre dans ses commentaires publics : « Nous avions déjà annoncé ces risques de suppressions de postes, et les contraintes dues à la banalisation du Livret A sont un accélérateur de ce projet. »
A l'intérieur de la maison, l'argument ne convainc pourtant qu'à moitié. Beaucoup de syndicalistes font valoir que les aventures américaines de l'Ecureuil, via la filiale CIFG de Natixis, qui lui ont causé beaucoup de déboires, ou encore ses aventures immobilières avec Nexity, qui risquent d'affecter fortement ses comptes, pèsent tout autant dans la balance. Sinon beaucoup plus. Et cet argument-là est très populaire parmi les quelque 52.000 salariés que comptent les Caisses d'épargne.
Publiée fin janvier et début février sur le pré-site de Mediapart, l'enquête sur les Caisses d'épargne à laquelle nous faisons référence dans cet article comprenait sept volets:
- 1. Vers 4000 supressions d'emplois.
- 2. Le viol du pacte d'actionnaires.
- 4. De très coûteuses opérations.
- 5. Un gros risque pour Lagardère.
- 6. Les agents secrets de l'Ecureuil.
- 7. Une privatisation à hauts risques.
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S'ajoute à tout cela un autre effet pervers de la banalisation du Livret A: moins de sommes seront affectées au logement social comme l'a souligné un récent numéro du Canard.
Les banques se frottent les mains.
C'est du pur Sarko: on donne des sous à ceux qui en ont déjà plein, et on en enlève à ceux qui n'en n'ont déjà pas beaucoup (propos populiste).
Sarko: l'anti Robin des bois.
Merci à Laurent Mauduit de cette intéressante enquête . Elle démontre les dérives d'une institution qui agit sans contrôle ni de l'Etat ni d'actionnaires inexistants et ressemble à un bateau ivre. Il devient urgent de mettre en place un statut qui permette de rétablir cette situation et la confiance dans un réseau qui gère l'épargne de millions de nos concitoyens. Enfin, il serait conforme à l'éthique la plus élémentaire que les dirigeants actuels soient remplacés.
D'autres organismes contrôlés eux par l'Etat ont ce même genre de dérive.
D'après le Canard du 9 avril dernier, le Fond de Réserve des retraites géré par la Caisse des Dépôts et Consignations a pris un bouillon de 3 milliards.
Le plongeon de la Bourse ne fait pas la différence entre les bateaux ivres selon qu'ils sont ou non pilotés par l'Etat...
Répétons-le : la banalisation du livret A décrétée par Bruxelles et mis en application en France avec des modalités dont se félicitent les banques qui vont bénéficier d'une manne supplémentaire ne va pas arranger les choses.
Oui effectivement, comme le dit Monsieur Joël Martin, le "Le Canard Enchainé" en a parler dernièrement, cette cagnotte (mis en place sous le gouvernement de Lionel Jospin) et qui devait servir qu'au alentour de 2012* ?? - 2020 ?? *, mais malheureusement, la tentation de jouer en bourse a été trop forte, et voilà déjà 3 Milliards qui manqueront à l'appel, mais ils auront peut-être réussi à se refaire la Cerise d'ici là.
Toujours selon "Le Canard Enchainé", Nicolas Sarkozy lorgnerai dessus (la Cagnotte Jospin).... mais ça c'est une autre histoire.
* Peut-être que Monsieur Joël Martin pourra confirmer la date
Cher Joel Martin,
Votre jugement me parait un peu abrupt.
Dès lors que la Poste et les Caisses d'Epargne avaient débordé de leurs missions originales pour aller chasser sur le terrain des banques, la question du maintien de leur monopole était posée.
Le coût de la centralisation des sommes affectées par la Caisse des Dépôts en provenance des banques est abaissé de moitié, passant à 0,60% contre 1,20% versés aux Caisses d'Epargne et 1,40% à la Poste ce qui n'est pas mince..
Les sommes ainsi collectées seront toujours affectées à 70% au financement du logement social.
La Poste obtient en contrepartie, la possibilité de distribuer des crédits hypothécaires.
Nous verrons si les banques parviennent à gagner des parts de marché; en tous cas , la concurrence vaut mieux que l'économie administrée.
Quant on voit le comportement des dirigeants actuels, il me fait davantage penser à celui du Prince Noir qu'à Robin des Bois!
Avec toute ma sympathie
Cher Aborigène,
Nos réponses se sont croisées...
Quel que soit le comportement bancaire de la Poste (banque postale = poste bancale) et de l'Ecureuil, la suppression de leur monopole du Livret A était de toute façon dans les cartons de Bruxelles.
Côté jugement abrupt, vous n'êtes pas mal non plus dans votre philippique sur les pilotes des bateaux ivres, pilotes que selon vous, il faudrait débarquer d'urgence...
En ce qui me concerne, c'est un autre pilote que je souhaiterais voir débarquer, mais pour celui là, faudra attendre quatre ans.
Médiapartement vôtre.
Cher Joel Martin
Je trouve que la gestion catastrophique des dirigeants des Caisses d'Epargne mériterait d'être sanctionnée .Quant à l'autre pilote, je vous laisse la responsabilité de votre appréciation; il existe cependant une différence de taille, vous aurez la possibilité de vous exprimer le moment venu ce qui n'est pas le cas dans cette triste affaire.
Avec ma sympathie
Cher Aborigène,
Toute gestion catastrophique mérite d'être sanctionnée.
Surtout celle du pays.
L'actuel gestionnaire commence par faire un cadeau de 15 milliards d'euros aux 10% les plus riches.
Puis il s'aperçoit que cela a "vidé les caisses".
La différence de taille avec les gestionnaires de la Poste, de l'Ecureuil ou de la CDC, c'est que personne ne peut sanctionner ce catastrophique gestionnaire avant 4 ans...
Avec ma sympathie renouvelée sans cesse et sans fin.
PS - Je relève une petite contradiction: dans un de vos messages, vous déplorez le manque de contrôle de l'Etat (bateaux ivres etc.) ; dans un autre, vous exprimez votre désaccord avec une "économie administrée". Alors, pas assez ou trop d'Etat ?
Cher Joel Martin,
La contradiction n'est qu'apparente. L'économie administrée vise les circuits financiers cloisonnés réservant des monopoles à des institutions publiques sans concurrence. Cet état de fait peut très bien coexister avec une absence de contrôle de l'Etat ce qui s'est passé pour les Caisses d'Epargne.Notre pays est malheureusement coutumier de ces situations.
Quant au paquet fiscal, si mes souvenirs sont exacts, seuls 800 millions € sur les 15 milliards€ sont consacrés au bouclier fiscal permettant d'atténuer les effets contestables de l'ISF. A propos de l'ISF, il faut rappeler que notre pays est le seul à le maintenir. La Suède l'a supprimé en 2007 et l'Espagne de Zapatero vient de décider de le supprimer. L'exception française a la vie dure.
Avec ma sympathie.
@ Aborigène : tant que la direction du trésor continuera à fixer les taux des crédits hypothécaires au niveau du premier décile de la distribution observée des conditions de crédit dans une marché qui peut prêter à un particulier moins cher qu'à l'État français, et que la CDC continuera à verser à la Poste 0,40 % de rémunération sur encours, sans risque de taux ni de crédit, la compétition est très lourdement faussée et continue à obérer dangereusement les conditions d'exploitations actuelles et futures des banques (cf instruction CB-97-05, transformée en normes IFRS).
On assiste là à un transfert budgétaire d'une énorme charge publique vers un secteur privé déjà exsangue, sans aucune certitude ni contrepartie. C'est du même ordre que la direction de la cnep, qui passe son temps à essayer de transformer des "petits coups financiers" tactiques en la réalisation d'une profonde stratégie illusoire. C'est la conséquence de la gestion d'un grand groupe "à la petite semaine" avec des méthodes adaptées à des unités de 500 personnes, mais pas de 50.000 !
C'est du même ordre que notre premier magistrat, toujours à l'affut, tel un fox terrier, d'une nouvelle "affiche médiatique", se perdant dans le détail à défaut d'être capable d'embrasser l'essentiel, capable de dire tout et son contraire en moins d'une semaine, dès lors que son auditoire "l'aime tel qu'il est".
Fausses déclarations imaginées de NS :
"Pensez vous réellement que j'aurais pu entrer en politique si je n'avais pas la conviction que c'est la seule manière que me faire aimer de la terre entière ? Pensez vous réellement que si je réussis en politique, c'est uniquement grâce à ma formidable empathie pour la terre entière, dont chaque représentant vient me soumettre son problème que je peux résoudre d'un seul tour de baguette magique, car je suis, je suis ... oui, je crois que je suis Dieu, plein d'amour et de mansuétude envers autrui (pourvu qu'il n'oublie pas de voter pour moi dans ... putain, 4 ans !)"
... .. .
il y a quelques semaines nous parlions des mutuelle de retraite de l'Education Nationale...puis le Cref et maintenant l'Umr...où en sommes-nous? La aussi nous parlons trés gros sous et dérive un peu vite oubliée.
Cher Laurent Mauduit,
En Une de Médiapart accessible à tous, votre article est titré : "L'Ecureuil s'empare d'un trésor de deux milliards d'euros".
L'abonné clique sur "lire la suite", et voilà que le titre devient : "Les caisses d'épargne veulent mettre la main sur un trésor de deux milliards d'euros".
Ce qui est nettement moins sensationnel, et correspond mieux au contenu de l'article.
Coquille, ou dérive sensationnaliste?
Merci de me rassurer.
Cher Joel Martin,
C'est moi l'auteur du premier titre - moins bon et surtout moins fidèle à mon propre article que le second. Pour tout vous dire, dans une première version, j'avais titré: "L'écureuil veut s'emparer..." Mais comme cela faisait un titre sur trois ligne au lieux de deux, ce qui n'est pas très esthétique, j'ai enlevé le "veut". Et j'ai eu tort. Faute avouée....?
Faute avouée... non pas à moitié mais totalement pardonnée, cher Laurent Mauduit. Je suis complètement rassuré.
Vous pouviez peut-être titrer : "L'Ecureuil a des vues sur un trésor de deux milliards", cela aurait tenu sans doute sur les deux lignes.
On le sait, au Canard, surtout dans l'Album de la Comtesse, que c'est dur de fourrer plein de titres...
Bien cordialement.
Lorsque l'on reprend l'ensemble des articles consacrés à l'Ecureuil, il est évident que cela fait froid dans le dos d'autant plus qu'aucun droit de réponse ou démenti n'ont été apportés. Il s'agit quand même d'un établissement historiquement installé dans la nation. Mais Qui ne dit mot consent (!!)et la stratégie de défense semble longue à se mettre en place malgré un staff digne de citygroup (en nombre). Il semble également que si demain le chateau devait s'écrouler ou le bateau ivre s'échouer l'ensemble des dirigeants du réseau écureuil pourrait (devrait) être inquiété dans une sorte de "soutien abusif"puisque ce sont eux les commanditaires de ce qui se fait nationalement. Est ce qu'en cas de crash il répondront comme certains dans des prétoires "on ne savait pas , on exécutait les ordres" ? C'est à se demander par quoi ils sont tenus et que fait la fédération des caisses à qui la loi a confié des responsabilités et qui doit penser que pour vivre heureux il faut vivre caché? certainement que vos informateurs internes vont nous éclairer car le polar financier devient passionnant et le denouement ne devrait plus tarder
Laurent Maudit dit la vérité vrai.
Le réseau des Caisses d'Epargne est devenu un bateau ivre depuis bien longtemps.
Il n'y a plus de contrôle au niveau national.
Les mandataires sociaux nommés au niveau régional sont adoubés par Charles Milhaud le super PDG sans contre pouvoirs véritables.
A qui la faute ?
Aux pouvoirs publics de droite comme de gauche qui n'ont pas su ou voulu doter cette banque d'une structure " ad hoc ".
A partir du moment où le pacte d'actionnaire avec la CDDC a été rompu par la Caisse d'Epargne, c'était le commencement de la fin.
Avec les différentes mini réforme, la Caisse d'Epargne a perdu son âme.
Maintenant ce sont les salariés qui vont faire les frais de ces gabegies.
Si d'aventure un salarié avait commis une faute égale à un milliardième de ce que font nos dirigeants, c'était la porte avec un coup de pied au d...........!
Mais un jour viendra où ceux-là même qui font la morale aux petites gens devront payer leurs fautes.
Je comprends bien votre réaction en termes de constat mais ne comprends pas vraiment votre argumentation d'un point de vue rationnel. A vous lire il semblerait que ce m Milhau soit doté de pouvoirs autres que ceux classiques d'un chef d'entreprise. Super PDG, sans vouloir vous offenser n'existe pas. Les structures "ad hoc" sont un pretexte purement technocratique pour dire "ça marche pas". A lire tout cela on pourrait avoir l'impression que l'écureuil est aux mains d'un amin dada ou d'un beria et que le petit peuple se terre dans un messianisme d'un autre age. Il s'agit en l'occurence d'un établissement financier ayant pignon sur rue et sous le contrôle des autorités compétentes et non pasd'une secte ou autre société secrète. Quand on pense aux caisses d'épargne on n'imagine quand même pas "la firme" ! Vraiment je persiste à dire que tout ce que décrit M Mauduit est aussi incroyable qu'incompréhensible et encore plus extravagant que l'affaire Kieffer SG
Pour ma part, je me souviens des dérives extravagantes du Crédit Lyonnais, tout autant sous contrôle de personnes compétentes etc. (qui ont d'ailleurs prospéré depuis).
Depuis ce temps plus rien ne m'étonne dans le royaume des banques, qui me semblent effectivement dans certains cas soumises aux décisions de leurs dirigeants. du moment que ceux-ci bénéficient d'appuis politiques, et aient eux mêmes la haute main sur les contrôles.
A Urticor
Je suis vraiment désolé pour vous de mettre les points sur les "i"
Savez vous vraiment comment fonctionnent les Caisses d'Epargne ?
Les différentes réformes relatives aux Caisses depuis 1983 n'ont été que des réformettes à l'effet de donner à cette vieille dame créée par Benjamin Delessert un soi-disant souffle démocratique.
Savez-vous qu'en 1984, les électeurs ont été tirés au sort par pas de 100 ou 200 voire plus par les ordinateurs !!!!
C'est comme si les électeurs en France étaient tirés au sort sur l'annuaire des pages jaunes.
La réforme transformant la Caisse d'Epargne en banque coopérative n'a pas rendu plus transparent le mode de désignation des conseils locaux.
En un mot, les Pouvoirs politiques de droite comme de gauche ont failli.
Et voilà les résultats.
L'Ecureuil populaire a mangé toutes ses noisettes dans les " subprime " et Charles MILHAUD veut actuellement faire main basse sur les bijoux de famille
des Caisses Régionales pour se mettre en règle avec la Commission bancaire au regard des règles de solvabilité.
La banalisation du livret A, va certainement porté un coup fatal au développement de cette vieille institution qui s'est fourvoyée dans un mariage contre nature avec les Banques Populaires en créant le groupe NATEXY et en divorçant de la CDDC.
Les Banques sont vraiment ravis !!!!!!
Il est bon de mettre les points sur les i dans un débat constructif. Je comprends bien que dans le cadre de l'évolution choisie par les caisses d'épargne, c'est à dire vers une banalisation complête il n'y avait plus aucune raison qu'elles conservent ce qui faisait leur spécificité car on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. De plus le privilège est exclu de la pensée européenne. Je n'ai aucun jugement de valeur sur un choix stratégique, sauf pour moi-même. Par contre je persiste à dire que des textes existent qui ne permettent pas de faire n'importe quoi, ou alors le parlement est à l'origine de ce qui est aujourd'hui dénoncé. Dans tote société, coopérative ou non des responsabilités existent et sont clairement définies par les textes. Sans juger de ce qui a été bon ou pas en matière d'orientation d'entreprise, peu importe, je continue à croire qu'un homme seul n'est pas à m^me de tout décider. Une société par actions est tenue par ses actionnaires et une coopérative par ses sociétaires, les deux dans des systèmes soit capitalistiques soit purement démocratiques, et tout ceci éventuellement en cascade. En conclusion pour moi tout ce qui se fait est de responsabilité collective( AG) ou déléguée. Mais je conçois que mon argumentation n'est que technique mais en cas de problème qui ira-t-on chercher ? Comment sont partagées les responsabilités?
l'écureuil a perdu son ameet cette vieille institution est devenue folle victime d 'un patron megalo ....
on y respecte plus rien ni les salariés ,ni les clients .....(top le conseil sur natixis ,fcp à formules ect.....)
En plus de paumer le fric que plusieurs générations ont reussi à faire fructifier c'est un autre actif qui disparait en caisse les hommes car les démissions sont importantes chez les commerciaux qualifiés ....
A priori tout va bien pour la direction
bone soirée
Je ne peux que confirmer vos dires .......
En effet ,ma modeste personne ainsi que d' autres de ma caisse régionale ont " subi " les affres du licenciement abusif et cela apres le licenciement de l' ensemble des membres du directoire de ma caisse régionale .
Je vous raconterai plus en detail les motifs de mon licenciement ulterieurement .
Sachez que cela a de quoi surprendre voire a faire rire .....Rire jaune malheureusement.
A bientot
Permettez moi d'intervenir dans votre débat "gestion privée versus gestion publique".
Je vous accorde que les 2 peuvent être catastrophiques. Mais l'avantage de la gestion privée (je vous laisse deviner pour qui....) c'est qu'elle reste très privée, voire secrête, et que personne n'a son mot à dire sauf peut-être quand le scandale est consommé et que les dégâts collatéraux sont si importants qu'on appelle la puissance publique (ou ce qu'il en reste) au secours.
La plupart des commentaires permet d'imaginer que nombre de lecteurs ignorent la gouvernance du groupe Caisse d'Epargne, celle dont on dit en interne qu'elle est remarquable et exemplaire! Or elle a évolué en fonction des événements depuis 2000 et toujours au profit des dirigeants!
Ces derniers s'appuient sur les présidents de directoire et depuis quelque temps sur les présidents de COS qui pour la plupart n'ont aucune connaissance des stratégies bancaires! Ils les ont fidélisés :
- pour les uns par leur nomination aux différents conseils d'administration des filiales du groupe Caisse d'Epargne leur permettant d'augmenter leurs jetons de présence qu'ils perçoivent déjà dans les caisses régionales, à la caisse nationale ou à la fédération.....
- pour d'autres par la promesse de décorations toujours prisées
- pour d'autres encore par leur statut social régional
- très peu sont totalement indépendants......
Ils votent lors des assemblées générales sans commentaires!
La fédération qui devait être le contrepouvoir n'a jamais exercé d'action importante : cette association n'a plus de trésorier depuis décembre dernier car sa présidente ne s'est pas entendue avec Milhaud pour trouver un successeur!
Le président du directoire de la Caisse Nationale est tout en rondeur mais ses ordres sont scrupuleusement exécutés par son directeur général ou les membres du directoire : il suffit d'interroger les cadres à haut potentiel qui ont été limogés au cours des derniers mois non pour incompétence mais parce qu'ils dérangeaient!
Les difficultés sont à venir : les titres NATIXIS et NEXITY étant des titres d'investissement n'ont pas été provisionnés ce qui est conforme à la réglementation puisque leur business plan n'avait pas été modifié! Or le directoire de NATIXIS a été remanié (aucun représentant des caisses d'épargne n'y siège car on a du considérer que les écureuils n'étaient pas compétents.... Milhaud dit souvent qu'il est politique et pas banquier) le business plan est donc modifié! Les autorités compétentes vont devoir demander le provisionnement car de 19.50 euros à l'entrée, le cours est aujourd'hui ..... il suffit de faire une multiplication pour déterminer le montant du provisionnement!
NEXITY a annoncé une baisse de 14 % au cours du premier trimestre, l'immobilier français est en crise..... le business plan est remis en cause (cours d'entrée plus de 65 euros, cours actuel.....) provision à nouveau nécessaire!
On comprend que les dirigeants recherchent à tout prix des fonds propres pour cacher les moins-values potentielles qu'ils devront intégrer dans les comptes... les 2 milliards d'euros évoqués dans l'article de L.Mauduit se justifent!
La banalisation du livret A est une aubaine pour les dirigeants car ils veulent masquer leurs échecs par une décision dont on évoquait déjà la possibilité avant 1999 :
- ils veulent obtenir du gouvernement la suppression de l'agrément ministériel du président du directoire de la Caisse Nationale (Milhaud resterait jusqu'en 2011)
- ils veulent supprimer le financement des actions d'intérêt général
- ils ne veulent plus que l'Etat soit informé de leurs actes en obtenant la disparition du commissaire du gouvernement
- ils veulent surtout réduire d'un dixième le personnel qui a travaillé et continue de travailler avec efficacité (une partie des résultats régionaux profite à la caisse nationale);
Banalisation n'est pas suppression..... et les premiers résultats ne se verront qu'en 2010!
Leur stratégie est un échec, on peut la chiffrer; remplaçons cette équipe avant que l'irréparable ne se produise la ministre des finances doit agir!
A CATHERINE
C'est exact !!
Rien de nouveau sous la soleil.
C'est l'exacte vérité et vous avez le courage de le dire.
La démocratie au sein des Caisses d'Epargne n'est qu'un simulacre.
Les pouvoirs publics laissent faire.
Ce qui serait intéressant de savoir c'est pour quelles raisons.
A la lecture de votre billet j'ai tout compris et ce que vous écrivez c'est l'exacte vérité.
Depuis belle lurette Charles MILHAUD aurait dû avoir son agrément retiré.
Alors voilà, lorsqu'on est protégé politiquement tout est possible en France.
à JDC Conseil
Merci pour votre message!Sachez que j'ai uniquement pour objectif la défense de la clientèle populaire des caisses d'épargne et de ses salariés!
Les pouvoirs publics sont responsables, devant l'opinion, des agissements des dirigeants de la Caisse Nationale!
Ces derniers ne respectent ni leur parole, ni leurs écrits : pensons aux propos de feu Francis Mayer ancien directeur général de la Caisse des Dépôts abasourdi par l'aplomb de Milhaud!
Aucune institution financière française n'a autant été critiquée que les CE depuis quelques années : les autorités morales de ce pays s'inquiétent,!
Des membres du directoire de la Caisse Nationale sont pénalement répréhensibles compte tenu de leurs manquements à la vie des affaires mais ils n'ont jamais été inquiétés: alors que leurs actes ne sont pas prescrits (règle immuable du droit pénal)!
Parfois, pour donner le change, la Caisse Nationale diligente des rapports d'experts nommés par les dirigeants, ces rapports sont toujours vides..... surtout quand il s'agit de traiter de ll'immobilier!
Quelques mots pour décrire les conditions de travail et de vie sociale au sein de mon ancienne caisse regionale de la caisse d' epargne...
Le 07 mai 2008
Le vrai visage de notre direction …….
HISTORIQUE : depuis l’arrivée du nouveau directoire, nos dirigeants cherchent à faire croire aux salariés qu’ils vont modifier fondamentalement les choses, tant du point de vue commercial, que de la gestion des ressources humaines.
Certains y ont cru , mais pour notre part, nous avons toujours été dubitatifs et attendions de voir la mise en œuvre concrète.
LA REALITE : elle est bien différente, rien ne s’est amélioré dans le quotidien des salariés, bien au contraire :
- Les objectifs sont toujours inatteignables
- La pression hiérarchique perdure
- La charge de travail est encore à la hausse
- Les heures supplémentaires ne sont toujours pas reconnues
- Les « contrôleurs » se multiplient
- La souffrance, le stress et la mal être au travail ne cessent de croître
- Et en prime, la direction envisage de supprimer SVP Réseau, ce qui ne pourra que dégrader davantage nos conditions de travail.
D’un avis quasi général, la direction nous emmène droit dans le mur !
En parallèle, le pouvoir d’achat de la grande majorité des salariés continue à se dégrader :
- Augmentations de salaire nettement inférieures au taux d’inflation,
- Baisse de l’intéressement,
- Baisse de la part variable,
alors que des montants substantiels ont été distribués aux anciens dirigeants, et des augmentations significatives accordées aux nouveaux.
Au cours des dernières semaines, depuis les négociations annuelles obligatoires, la direction a démontré qu’elle était indifférente aux attentes des salariés.
CERISE SUR LA GATEAU : aujourd’hui, notre nouvelle direction s’adonne à une discrimination salariale à l’encontre de ceux qui ont eu le « culot » de déposer un dossier devant les prud’hommes pour faire valoir leurs droits légitimes, en refusant de leur verser la part individuelle de la part variable.
Malgré les nombreuses interventions des représentants du personnel, nos dirigeants font toujours la sourde oreille et se contrefichent éperdument des remontées du terrain.
Le temps des belles déclarations en Comité d’Entreprise, en réunions DP, CHST est révolu.
Je ne peux que confirmer vos dires .......
En effet ,ma modeste personne ainsi que d' autres de ma caisse régionale ont " subi " les affres du licenciement abusif et cela apres le licenciement de l' ensemble des membres du directoire de ma caisse régionale .
Je vous raconterai plus en detail les motifs de mon licenciement ulterieurement .
Sachez que cela a de quoi surprendre voire a faire rire .....Rire jaune malheureusement.
A bientot
Réaction tardive... à lecture très tardive...
M. Milhaud nes'occupas de la seule CNCE....
Que dire du Groupe Ecureuil ?
M. Mauduit, connaissez-vous l'histoire du Crédit Foncier ?
Le pillage du CFF par MM. Milhaud et Mérindol est quasi clos, les compétences techniques laminées, et les salariés en dépression devant tant d'impunité...
Où est l'argent, le butin de cette institution séculaire ?