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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Immigrés, musulmans: enquête sur leurs pratiques religieuses

|  Par Carine Fouteau

L'islam est la deuxième religion en France. Mediapart publie en exclusivité les résultats d'une enquête de l'Ined et l'Insee, qui confirme la radicalisation d'une minorité de la jeunesse musulmane et révèle l'influence de la transmission des valeurs au sein de la famille et du contexte politique.

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À l’heure où l’église catholique continue de perdre des fidèles, où de nouvelles spiritualités s’imposent dans l’espace de la religiosité et où la laïcité transcende le clivage gauche/droite jusqu’à trouver de fervents défenseurs au FN, l’islam voit ses pratiques évoluer rapidement en France sous l’influence conjointe de l’arrivée continue de musulmans depuis l'après-guerre et de la montée en visibilité de leurs enfants nés sur place.

Cette religion, la deuxième en France, s'affirme au prix de multiples heurts. Malgré une présence ancestrale, sa “compatibilité” avec la République est sans cesse mise en cause en raison notamment de son lien avec l'histoire migratoire.

Pour éclairer cette relation particulière, Mediapart présente en exclusivité les résultats de l’enquête « Trajectoires et Origines » (TeO) consacrée aux pratiques religieuses des immigrés et de leurs descendants français.

Prière dans une mosquée à Paris en avril 2012. © ReutersPrière dans une mosquée à Paris en avril 2012. © Reuters

Les immigrés sont-ils plus croyants que le reste de la population ? À quelles conditions leurs enfants reprennent-ils le flambeau ? Observe-t-on une radicalisation religieuse d’une partie des jeunes musulmans ? Et si oui comment s’explique-t-elle ?

Pour la première fois, ces questions sont abordées à partir d’effectifs représentatifs et de taille suffisante pour analyser les effets des trajectoires sociales et des origines géographiques, culturelles et religieuses. Réalisée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), l’enquête TeO se donne pour mission de « combler les lacunes » de la statistique publique en matière d’intégration et d’étude des discriminations, la religion étant absente du recensement français. Et si d'autres enquêtes statistiques comportent des informations sur la religion, comme l’« Enquête santé et protection sociale » (ESPS) ou l’« Étude des relations familiales et intergénérationnelles » (ERFI), aucune ne permet de connaître dans le détail la situation des immigrés et de leurs descendants.

Concernant TeO, la collecte des données a eu lieu entre septembre 2008 et février 2009, auprès de 22 000 personnes en France métropolitaine qui ont répondu de manière volontaire et anonyme. L’enquête enregistre l’affiliation religieuse au moyen d’une question directe (« Avez-vous une religion ? »), suivie de la dénomination en cas de réponse positive. L’enquêté est invité à répondre à cette même question à propos de sa mère et de son père. L’importance de la religion est évaluée à travers une échelle à quatre points variant de « très important » à « sans importance ». Des questions sur les pratiques complètent cette partie du questionnaire.

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