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Mediapart
Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition du matin

Tapie patron de presse, Gaudin et Guérini contents

|  Par Michel Deléan

Malgré l'intervention de l'Élysée, Bernard Tapie devient le patron du groupe Hersant Media (GHM), et met la main sur La Provence, Var Matin Nice Matin et les titres du groupe France Antilles. Et la mairie de Marseille en ligne de mire.

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L’affaire fera le bonheur des caricaturistes, et pourrait prêter à sourire si elle ne venait pas confirmer le triste état de notre démocratie. Après avoir été tenté, très récemment, par un yacht et une villa de nabab, Bernard Tapie vient de se payer un groupe de presse : il devient officiellement le patron du groupe Hersant Media (GHM), comme l’annonce Libération ce 20 décembre, et met du même coup la main sur La Provence, Var Matin, Nice Matin et les titres du groupe France-Antilles. Cela, malgré l’intervention discrète de l’Élysée, qui craint une OPA de Nanard sur la mairie de Marseille.

Le sulfureux hommes d’affaires a reçu le feu vert des banques pour le rachat des derniers titres du groupe Hersant Media (GHM). Les banques créancières ont donc retenu son offre, et accepté de lui vendre GHM.

Bernard TapieBernard Tapie

Bernard Tapie et la famille Hersant – Philippe Hersant, président de GHM, ainsi que sa sœur et son frère – avaient déposé fin novembre une offre à 50/50, moyennant un total de 50,5 millions d'euros pour reprendre GHM.

Alors qu'un accord devait être signé le 7 décembre avec les banques créancières, à l'expiration de la période de conciliation fixée par le tribunal de commerce de Paris, le groupe belge Rossel avait déposé une offre en dernière minute, et Bernard Tapie avait annoncé qu'il se retirait de la course. Il avait finalement affirmé mardi soir qu'il réactivait son offre.

Pour 51 millions d'euros, Tapie et Hersant (ce dernier aurait un tiers du capital) rachètent donc les créances des banques, d'un montant de 215 millions. Ce qui signifie pour celles-ci un abandon de créance de 165 millions, une somme plus que considérable.

D’où vient l’argent ? Du groupe Bernard Tapie (GBT), selon la lettre adressée par Nanard au conciliateur le 18 décembre, et que publie Libération, dans laquelle il jure vouloir conserver tous les titres et les développer, mais ne pas briguer la mairie de Marseille (lire ici).

Il est fort probable que cette somme ne provienne pas de la cagnotte personnelle de l’homme d’affaires, celui-ci ayant semble-t-il abrité sa nouvelle fortune hors de France, par peur d’éventuelles poursuites pénales et/ou d’une annulation de l’arbitrage litigieux qui l’a renfloué en 2008 : 403 millions d'euros versés par l'État à sa personne, dont 45 millions au titre du seul « préjudice moral » (lire ici).

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Sollicité par Mediapart ce 20 décembre, Maurice Lantourne, l'avocat de Bernard Tapie, n'avait pas donné suite au moment où cet article a été mis en ligne.