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Sam.28 mars 201528/03/2015 Dernière édition

Roms : la mairie de Ris-Orangis interdit une fête de Noël

|  Par Carine Fouteau

Une fête de Noël, qui était prévue samedi au bidonville situé en bordure de la nationale 7 à Ris-Orangis en Essonne, a été interdite par arrêté de la mairie socialiste de la ville. La manifestation a néanmoins eu lieu.

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Une fête de Noël, qui était prévue ce samedi 22 décembre au bidonville situé en bordure de la nationale 7 à Ris-Orangis en Essonne, a été interdite par arrêté de la mairie socialiste de la ville (le consulter).

Cette réception, organisée autour d’un spectacle et d’un goûter, avait été imaginée depuis plusieurs semaines dans le cadre d’un projet baptisé Pérou, pour Pôle d’exploration des ressources urbaines, visant à faire se rencontrer les Roms vivant sur ce campement et les habitants de la ville. Initié par le politologue Sébastien Thiéry, cette initiative, dont le cheminement est relaté sur un blog, est soutenue par l’Association de solidarité en Essonne aux familles roumaines et roms (ASEFRR), impliquée au quotidien auprès des résidents. Une invitation spéciale avait été faite à des enfants scolarisés à Ris-Orangis.

« L’arrêté municipal a été placardé par un agent dans le campement à 17 h 30 vendredi, à l’heure même où ferme la mairie, ce qui nous a empêché de rencontrer les responsables pour dialoguer avec eux et les faire changer d’avis », indique Sébastien Thiéry. La mairie est dirigée par Stéphane Raffalli, ex-adjoint à l'urbanisme, qui vient de succéder à Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale. Dans une récente enquête, Mediapart a détaillé le harcèlement dont les Roms, installés sur ce terrain appartenant au conseil général, font l'objet de la part des pouvoirs publics locaux et de la police.

Parmi les nombreux « considérants » mis en avant par la mairie pour motiver son refus, celle-ci liste le fait que « des enfants de ce campement ont remis le 18 décembre 2012 des cartons d’invitation aux élèves de l’école Guerton en vue de leur venue à un spectacle prévu le samedi 22 décembre 2012, dans le campement ». Elle met en avant les risques d’incendie, liés au fait que les « baraquements sont composés de divers matériaux tels que des planches de bois, de panneaux publicitaires pvc et de tissus, rideaux ou tapis pour l’intérieur », et que des copeaux jonchent le sol. Prétextant la présence de « nombreux rongeurs », elle ajoute que les conditions d’hygiène ne sont pas réunies alors qu’« il est prévu à la suite de ce spectacle un goûter ». Sollicitée, elle a toujours refusé la mise à disposition de poubelles et, à quelques exceptions près, le ramassage des ordures.

La mairie a aussi dans le collimateur la construction en bois « longue d’une dizaine de mètres environ, d’une largeur approximative de deux mètres », qui a été conçue comme une salle commune et réalisée pour permettre aux gens de se rassembler.

« Dans ces conditions, il convient au titre des pouvoirs de police d’intervenir en urgence pour faire cesser ce trouble pouvant compromettre notamment la sécurité des enfants invités lors du spectacle, mais aussi des occupants présents sur le campement », insiste la mairie, qui exige « l’interruption de tous travaux »

Cette décision municipale n'a pas empêché la manifestation d'avoir lieu. Le spectacle donné par l'acteur Didier Galas a juste été retardé, de manière à ne pas contrevenir à l'arrêté qui l'interdisait entre 14 h 30 et 17 heures. « Deux policiers sont restés postés devant l'entrée du campement. Mais ils ne sont pas entrés, ils n'ont fait que constater que beaucoup de personnes ont répondu à l'invitation », indique Sébastien Thiéry samedi dans la soirée, qui signale la présence « de nombreux enfants du voisinage, de parents et d'enseignants », notamment de Viry-Châtillon, la commune où sont scolarisés la plupart des enfants du campement, Ris-Orangis leur ayant refusé l'accès aux écoles.

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