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Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition de la mi-journée

Les salariés en lutte rappellent Hollande à ses promesses

|  Par Rachida El Azzouzi

Restructurations chez Renault et PSA, nouveau cauchemar en vue avec l'usine Goodyear d'Amiens, grève à la Banque de France puis des fonctionnaires jeudi... La pression monte sur le gouvernement.

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« Les gouvernements changent mais les méthodes restent les mêmes. Quand l’ouvrier descend dans la rue, on envoie 500 CRS le neutraliser. » 15 heures, ce mardi 28 janvier. À Paris, au pied du métro Varenne, à dix minutes à pied du ministère du travail, Didier et ses camarades grillent cigarette sur cigarette. Accoudés contre le mur et vêtus tous du même tee-shirt rouge –  « pour sécuriser l’emploi, non aux licenciements dans les groupes qui font des profits » –, ils dissertent sur le gouvernement de François Hollande, « un gouvernement de gauche qui met en place des mesures de droite ». Autour d’eux, des pétards, des banderoles, des drapeaux et des figures de la gauche de la gauche, comme Olivier Besancenot et Philippe Poutou du Nouveau parti anticapitaliste.

Dans la manifestation de mardiDans la manifestation de mardi © Thomas Haley

« Vraiment, on est des cons d’ouvriers et on a été cons de voter pour le PS », lance l’un d’eux, « écœuré d’avoir fait campagne dans son entourage pour Hollande. » « Qu’est-ce que tu veux, on a choisi la peste plutôt que le choléra, une droite douce qui se dit de gauche pour freiner l’extrême droite de Sarkozy », renchérit son voisin. Salariés de l’usine Goodyear depuis plus de trente ans, ils sont descendus d’Amiens avec une soixantaine de copains pour participer à la grande manifestation contre les licenciements boursiers, à l'initiative de l'association Licenci'elles, qui regroupe d'anciennes salariées des 3 Suisses. 

Car leur usine est de nouveau sur la sellette. Jeudi 31 janvier, le fabricant américain de pneumatiques Goodyear Dunlop devrait annoncer lors d'un comité central d'entreprise (CCE) sa fermeture, d'ici à 2014, mettant en jeu le sort de 1 250 salariés. La direction de Goodyear ne commente pas, renvoyant au CCE, dont l'ordre du jour évoque une « information aux représentants du personnel concernant la stratégie du groupe pour le site d'Amiens-Nord ». Mais pour les salariés, ce jeudi peut être « noir » et annoncer un nouveau bras de fer. 

Ce mardi, ils manifestent « pour mettre la pression » sur François Hollande, le rappeler à ses engagements de campagne et à cette promesse qu’il voudrait oublier, son 35e engagement très précisément : « Pour dissuader les licenciements boursiers, nous renchérirons le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions, et nous donnerons aux ouvriers et aux employés qui en sont victimes la possibilité de saisir le tribunal de grande instance dans les cas manifestement contraires à l'intérêt de l'entreprise. » Les salariés de Goodyear en savent quelque chose. C’est sur le parking de leur usine que François Hollande a déclaré le 14 octobre 2011 « l’État peut fixer les règles », s’engageant s’il était élu à faire voter très rapidement une loi interdisant les licenciements boursiers. Huit mois après son élection, son gouvernement, de Matignon au ministère du travail, ne cesse de botter en touche.

Mickael Wamen, délégué CGT Goodyear et Fiodor Rilov, l'avocat de la CGT (Faurecia et Goodyear)Mickael Wamen, délégué CGT Goodyear et Fiodor Rilov, l'avocat de la CGT (Faurecia et Goodyear) © Rachida El Azzouzi


« Nous avons décidé d'agir pour que la loi que nous avons rédigée soit votée à l'Assemblée nationale et au Sénat. Nous avons besoin de cette loi dans les luttes que nous menons contre certaines des multinationales les plus puissantes de la planète qui licencient en masse pour accroître sans cesse leurs profits et le cours de leurs titres », explique une membre du collectif des Licenci’elles, un tract à la main, « Hollande, qu'est-ce que tu glandes ? Cette loi, tu nous la dois ».

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