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Mer.23 avril 201423/04/2014 Dernière édition

Budget européen : la défaite de François Hollande

|  Par Ludovic Lamant

Le grand marchandage a finalement abouti vendredi à Bruxelles à un budget au rabais. La bataille Cameron/Hollande a nettement tourné à l'avantage du Britannique. Décryptage des grandes lignes de ce budget européen, que le parlement européen promet déjà de bloquer.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles

Le grand marchandage a finalement abouti. Après plus de 24 heures de négociations quasiment ininterrompues à Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union ont validé vendredi un budget rétréci, révélateur de la crise politique qui malmène le projet européen.

« Cela valait le coup d'attendre », s'est félicité sur Twitter Herman Van Rompuy, le président du conseil européen, qui conduisait les débats. Le même Van Rompuy avait essuyé un premier échec lors d'un sommet en novembre, qui avait rapidement capoté à cause de trop fortes divergences autour de la table.


Le match annoncé entre le Britannique David Cameron, défenseur de coupes budgétaires tous azimuts, et François Hollande, qui cherchait, sinon à faire de la relance, en tout cas à limiter ces coupes, a bien eu lieu. Après s'être esquivés jeudi soir, les deux dirigeants se sont entretenus brièvement en bilatérale, aux alentours de trois heures du matin. À l'arrivée, le résultat est sans conteste à l'avantage du Britannique.

Pour la première fois dans l'histoire de la construction européenne, le budget débloqué pour les sept prochaines années est inférieur à celui mobilisé sur les sept précédentes. Un symbole de plus de l'impasse européenne ? Décryptage en trois points d'un accord qui est encore loin d'être définitif, et que le parlement européen a déjà promis de bloquer.

Reinfeldt (Suède), Cameron (Grande-Bretagne) et Rutte (Pays-Bas) jeudi soir à Bruxelles. ©Conseil européenReinfeldt (Suède), Cameron (Grande-Bretagne) et Rutte (Pays-Bas) jeudi soir à Bruxelles. ©Conseil européen


1 - Le grand marchandage

Les 27 se sont mis d'accord sur un plafond maximal de dépenses de 960 milliards d'euros sur les sept ans à venir – soit moins de 1 % du PIB de l'Union. En fin d'année dernière, la commission défendait un projet chiffré à… 1 025 milliards. Entre deux, les pressions à la baisse de Londres, mais aussi de La Haye et de Helsinki, ont payé, avec l'accord implicite de Berlin (pour comprendre la mécanique détaillée du budget européen, lire ici).

À court terme, la stratégie de Herman Van Rompuy semble avoir porté ses fruits : faire que chaque dirigeant puisse rentrer chez lui avec une victoire à faire valoir. Ainsi, les Danois obtiennent, pour la première fois, un « rabais », sur le modèle de ce qu'avaient obtenu les Britanniques. Les Anglais ? David Cameron a imposé de nouvelles coupes dans la masse salariale des « eurocrates ». Les Espagnols ? Ils devraient profiter à plein d'un fonds doté de six milliards d'euros sur la période, censé lutter contre le chômage des jeunes dans les pays les plus en crise. La liste est longue des ristournes et avantages concédés aux uns et aux autres.

Sauf que cette méthode se révèle assez vite problématique : c'est l'Europe des intérêts nationaux, sans vision politique qui la sous-tende. François Hollande, lors de sa conférence de presse, l'a admis entre les lignes : « L'Europe n'a pas forcément gagné autant que ce qu'elle aurait pu, mais chaque pays a pu trouver à un moment ce qu'il cherchait. »

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