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Les socialistes en quête d'une politique économique

| Par Laurent Mauduit

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Avant que le parti socialiste n'entre en congrès, dans les périodes où il est dans l'opposition, c'est toujours un peu le même rituel. Pour tenter de deviner ce que pourrait être sa politique économique et sociale, en cas d'alternance, il ne faut pas tout de suite chercher à identifier les propositions concrètes, qui figurent dans les plates-formes des différents courants ou sous-courants, et qui, après des mois de tractations en coulisse, pourront être retenues dans la synthèse – si synthèse il y a. Non ! Il faut d'abord humer le climat du moment. Sentir si le moment est à la rupture radicale – version « Changer la vie » des 110 Propositions de 1981 – ou si l'inclination est au statu quo ou à l'immobilisme – à la façon du « ni-ni » (ni nationalisation, ni privatisation) de La Lettre à tous les Français de François Mitterrand, en1988 –, sinon à l'extrême prudence et à l'entre-deux – à l'instar d'un Lionel Jospin prévenant en 2002 que son programme «n'est pas socialiste ».

 

Oui, il faut humer le climat. Prendre les différentes plates-formes en débat et les lire à la manière d'un linguiste: en cherchant à comprendre le « signifiant » tant ou autant que le « signifié ». Soupeser les mots utilisés, moins pour deviner les modalités des réformes qu'ils suggèrent, que pour entendre la petite musique économique qu'ils font entendre.

 

Quiconque se livre ainsi à cet exercice avec les plates-formes élaborées par les différents courants du parti socialiste, en vue de son prochain congrès de Reims, a tôt fait de se rendre à cette évidence : le Parti socialiste n'est pas en pleine renaissance doctrinale ; et le débat économique et social qui le traverse n'est pas marqué par un foisonnement d'idées. Et de cela, il existe de nombreux indices. Dans sa contribution, Ségolène Royal parle ainsi une fois, à propos des impôts, de « révolution». « Faire enfin la révolution fiscale », proclame-t-elle. Mais elle est la seule à avoir l'audace d'user d'un terme qui était autrefois au cœur de la posture du mouvement ouvrier, et qui sent désormais le soufre. Et elle ne le fait que dans un seul cas. En dehors des impôts, sa contribution est beaucoup plus classique, pour ne pas dire terne.

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