Enquête sur une société bouleversée

Liban, le pays qui danse sur un volcan

Par Joseph Confavreux, Lucie Delaporte et Amélie Poinssot

Scrollez…

Comment peut-il tenir encore ? Pourquoi ce petit État, coincé entre Israël et la Syrie, où débordent tous les tumultes d’un Proche-Orient ravagé par la guerre, n’a-t-il pas sombré à son tour ? Comment encaisser une augmentation soudaine de près de 30 % de sa population avec l’installation d’1,5 à 2 millions de réfugiés syriens depuis 2011 ? Comme si la France s’était peuplée en cinq ans de 20 millions de Suisses et Wallons fuyant une guerre…

Le Liban est un « homme suspendu dans le vide au 12e étage, dont tout le monde attend qu’il tombe ; et il continue », nous expliquait récemment le coordonnateur humanitaire de l’ONU à Beyrouth. Et il continue en s’adaptant aux fracas de la région, improvisant, inventant, changeant à une vitesse telle que ses habitants comme sa classe politique n’ont souvent pas conscience de l’ampleur des bouleversements en cours. « Au Liban, tout prend une forme exacerbée, ce qui en fait un laboratoire intéressant... pour les gens qui n’y habitent pas », ironise un ancien ministre du travail.

Le pays a été radicalement transformé par six ans de guerre à ses portes et l’afflux massif de réfugiés. Mais les solidarités – ou clientélismes – communautaires, le souvenir traumatique de la guerre civile (1975-1990) et le consensus national pour ne pas replonger dans la violence contribuent à le maintenir debout. Son ouverture au monde et l’intérêt des puissances régionales ou internationales à y conserver une situation pacifiée aident aussi à la stabilité.

« Dans cette partie du monde si conflictuelle, le Liban montre qu’il est possible de vivre et travailler ensemble », assurait la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, lors d’une rencontre récente avec le premier ministre Saad Hariri. L’Occident veut se rassurer sur l’avenir d’un Liban mosaïque remis de sa guerre. Il serait même susceptible de constituer un exemple pour le relèvement de la Syrie ou de l’Irak… Cette volonté de croire à un « miracle » libanais sous-estime les mutations aussi rapides que violentes qu’a connues le pays, de la plaine de la Bekaa au Sud-Liban. C’est ce Liban en équilibre sur un fil qu’ont parcouru Joseph Confavreux, Lucie Delaporte et Amélie Poinssot.

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