Le régulateur français de l’audiovisuel a mis en demeure la chaîne de Vincent Bolloré pour deux séquences diffusées début 2025, estimant qu’elles génèrent une « stigmatisation de nature à encourager des comportements discriminatoires » envers les personnes d’origine immigrée et de confession musulmane.
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Mediapart révèle la parade trouvée par la chaîne de Bolloré pour échapper aux sanctions de l’autorité de contrôle, tout en reléguant la gauche et le centre en pleine nuit. Et en réservant les fortes audiences à l’extrême droite : 96 % du temps de parole du RN est diffusé en journée.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour « atteinte à l’intimité de la vie privée par captation », sur l’enregistrement clandestin d’une conversation des journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand. Ce dernier a déposé une autre plainte pour l’enregistrement d’une conversation avec l’ex-patronne de France Inter.
Lors d’une rencontre organisée par l’université d’Aix-Marseille, le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, s’est vu adresser des questions incisives par les étudiants. Dans les jours qui ont suivi, ils ont été rappelés à l’ordre par un courrier soulignant le rôle financier de ce mécène de l’université.
Au cours d’une nouvelle journée d’auditions de journalistes et responsables de la télé et radio publiques, le rapporteur Charles Alloncle, épaulé en amont par la galaxie Bolloré, a tenté de montrer que l’audiovisuel public penchait à gauche. En dépit du réel.
L’homme d’affaires breton est désormais actionnaire d’Obole, l’entreprise derrière l’organisation des Nuits du bien commun, des soirées finançant l’écosystème associatif conservateur, cofondées par Pierre-Édouard Stérin. Les deux milliardaires partageaient déjà le même agenda politique réactionnaire.
Malgré des dizaines d’auditions et un battage médiatique d’ampleur, la commission parlementaire lancée par Laurent Wauquiez n’a pas pu documenter le prétendu lien entre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et des organisations islamistes. Le rapport final se contente de compiler des accusations déjà connues.
Un entretien avec le haut magistrat Jean-François Bohnert, qui devait notamment aborder la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des financements libyens, a été déprogrammé in extremis par la direction du quotidien. La rédaction s’insurge.
Ces derniers mois, les maisons d’édition misent sur des ouvrages qui attaquent le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pour faire recette. Qu’importe si certaines de ces publications sont sujettes à caution, « le LFI-bashing est devenu un créneau rentable, comme les livres d’extrême droite », reconnaît-on dans le secteur.
Alors que les livres de Bardella, Zemmour ou Sarkozy cartonnent, ceux écrits par des leaders de gauche n’ont qu’une brève existence médiatique. Là où l’extrême droite mise sur la communication, la gauche a urgemment besoin d’un travail idéologique et d’un réarmement de la culture militante.