«Derniers jours à Shibati», touchante fin de vie d’un quartier chinois

Le dernier vieux quartier de la mégalopole chinoise Chongqing est sur le point de disparaître. Habitants de toujours de ce labyrinthe, Zhou Hong, petit prince des ruelles animées, et Mme Xue Lian, glaneuse de déchets, doivent en partir. Ce film a reçu le 30 mars le Prix du public des Yeux doc organisé par la Bibliothèque publique d’information (Centre Pompidou).

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Bibliothèque publique d'information & Mediapart

3 avril 2021 à 18h49

C’est un bidonville au pied de la Cité de la lumière de la Lune, immense galerie marchande bordée de gratte-ciel où s’étalent les marques de luxe. Un vieux quartier historique de Chongqing que vont raser des promoteurs immobiliers.

Auparavant située dans la province du Sichuan, la municipalité autonome de Chongqing a été créée dans les années 1990 – devenant l’une des quatre villes contrôlées directement par le gouvernement central avec Pékin, Shanghai et Tianjin –, non seulement pour reloger les personnes déplacées par la construction du barrage des Trois-Gorges, mais aussi pour doter la Chine intérieure d’un pôle économique important. En dix ans, elle est devenue l’une des plus grandes agglomérations du monde, avec une population estimée à quelque 13 millions d’habitants.

N’esquivant jamais sa position de réalisateur (« Cet étranger n’arrête pas de nous filmer !… C’est sans doute un paumé, sinon, qu’est-ce qu’il viendrait foutre ici ? »), équipé d’un petit matériel lui permettant de tourner seul, Hendrick Dusollier va venir pendant 18 mois, jusqu’à sa disparition, filmer le quartier de Shibati.

En se glissant dans ses ruelles sinueuses et délabrées, en suivant littéralement trois personnages (un coiffeur, un enfant, une vieille dame), il raconte une facette de la Chine d’aujourd’hui, où, comme dans À l’Ouest des rails de Wang Bing, on croise des hommes et des femmes qui se font exproprier, expulser, déraciner mais qui continuent à chanter la gloire de Mao et du pays.

Profondément humain et touchant, mélancolique mais jamais désespéré, Derniers jours à Shibati a été doublement distingué en 2017 lors du festival Cinéma du réel (Prix des jeunes et Grand Prix de la compétition française). Il vient de recevoir, le 30 mars dernier, le Prix du public des Yeux doc organisé par la Bibliothèque publique d’information (voir leur blog dans le Club de Mediapart).

Désolé, les droits de diffusion de ce film sur Mediapart ont expiré


Derniers Jours à Shibati (Last Days in Shibati). France. 2017. 60 min. // Auteur & réalisateur : Hendrick Dusollier // Image, son et montage : Hendrick Dusollier // Production & diffusion : StudioHdk Productions, Maria Roche Productions et Les Films d’ici.


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