«Simha», itinéraire d’un musicien juif devenu expert de polyphonies africaines

Par Tënk & Mediapart

Jérôme Blumberg suit Simha Arom depuis 1990. Le réalisateur ne fait pas seulement le portrait d’un homme, né juif en Allemagne en 1930, ethnomusicologue de renommée internationale. Il filme la puissance du désir d’un chercheur et l’impérieuse nécessité de conserver ce qui va disparaître. En partenariat avec la plateforme du documentaire d’auteur, Tënk.

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Né à Düsseldorf en 1930, réfugié en France et ensuite déporté avec sa famille à Auschwitz, Simha Arom parvient à rejoindre la Palestine en 1944 et devient corniste solo dans l’orchestre symphonique de Jérusalem. En 1963, il est mis en contact avec les Pygmées de Centrafrique dont il parviendra à déchiffrer les polyphonies et deviendra un ethnomusicologue de renommée internationale. Un métier « étrange », dira-t-il, dont « le cœur du travail consiste à collecter les musiques de l’oralité avant qu’elles ne disparaissent, puis à les décrire, comme un linguiste le ferait d’une langue qu’il découvre ».
De ce portrait de Simha Arom réalisé par Jérôme Blumberg, le réalisateur et programmateur sur Tënk Pierre-Oscar Lévy écrit : « Il est rare de trouver un documentaire filmé avec grâce et parfaitement monté qui réponde à cette question : Pourquoi et comment un chercheur découvre ? Faire l’expérience d’une vie de chercheur ! Ce documentaire se moque des “genres”. On croit pénétrer en terrain connu, suivre un témoignage à propos de la destruction des juifs d’Europe… et puis on pense s’être trompé de salle de projection en découvrant la biographie d’un musicien alors même qu’on avait acheté un billet pour voir un film à caractère scientifique. Point de théorie, le récit simple d’un parcours tortueux et magnifique d’un ethnomusicologue. »