Sur «Les Marches de Belleville», dix ans après une Palme d’or

Par Brigitte Tijou

En 2008, le Festival de Cannes consacrait Entre les murs, le film de Laurent Cantet sur une classe d’un collège ZEP du XXe arrondissement de Paris. Ils étaient en 3e, l’année aussi de l’orientation. Dix ans plus tard, Brigitte Tijou a voulu savoir ce qu’ils étaient devenus.

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La réalisatrice connaît bien ces élèves : en 2007, elle a animé les ateliers préparatoires d’Entre les murs les mercredis après-midi ; puis sur le tournage, où elle était scripte. Elle habitait déjà le quartier de Belleville-Ménilmontant, dans l’Est parisien, et, comme beaucoup des élèves, elle y réside toujours. Autant dire qu’il leur arrive de se croiser.

Mais plus que les souvenirs incroyables du film, de la sélection à Cannes puis de la Palme d’or, elle voulait les entendre sur leur orientation scolaire. « La plupart d’entre eux racontent cette orientation comme une sorte de farce, puisqu’on leur demandait de choisir leur avenir à 14 ans et qu’ils n’avaient pas beaucoup de choix finalement, raconte la réalisatrice. Beaucoup se sont trouvés éjectés dans la vie professionnelle sans aucun diplôme, trop jeunes pour savoir ce qu’ils voulaient et/ou pouvaient faire. »

Au-delà de cette violence sociale et du poids des déterminismes, ce qui frappe, c’est la cohésion du groupe (ou du moins de ceux qui ont accepté de participer à ce documentaire), leur fierté d’appartenir à ce quartier où la mixité des origines et des classes sociales est encore réelle. Et, au fil des rencontres, leur lucidité, leur cheminement et leurs désirs s’imposent et c’est bouleversant.

Les Marches de Belleville. France. 2019. 60 min // Autrice & réalisatrice : Brigitte Tijou // Image : Isabelle Fermon et Brigitte Tijou // Montage : Marc Daquin // Production & distribution : Mélisande Films //

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