Camille Henrot et le Tout-Monde 2.0

La révolution numérique a bouleversé nos rapports au monde : un Tout-Monde 2.0 désormais mis à plat, sans frontière, hyper connecté, en mouvement, mais aussi surveillé, isolant et infecté de virus. Inspirée d'une étude sur les Dogons, peuple du Mali, l'exposition The Pale Fox de Camille Henrot au centre d'art et de recherche Betonsalon propose une immersion dans un bleu pétant, un Klein d'œil au bleu de Facebook et des anciens fonds perdus utilisés par le cinéma pour les effets spéciaux. Henrot décompose des fragments du réel pour créer un flux d'images et d'objets qui se succèdent comme sur une chaîne d'information en continu, un flux d'actualité qui aurait été hacké par un virus : celui d'une curiosité désordonnée et vouée à l'échec. Visite guidée avec l'artiste, en 13 images, avant fermeture.

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  1. Pop Up. Henrot connecte des images d'archives personnelles ou d'inconnus, des photos de presse, des dessins et des sculptures en bronze, des animaux naturalisés, des tablettes numériques, des emballages Apple... Autant d'éléments qui proposent une mise à plat de notre époque, et qui surgissent comme des pop-up. On retrouve d'ailleurs cette idée de la fenêtre comme ouverture sur le monde ou enfermement, avec un store qui, en s'ouvrant, évoque la trame vidéo. 

    « Lorsqu'on visite un atelier d'artiste, on retrouve toujours des images de référence, des images découpées et épinglées sur les murs. Lorsque je faisais mes recherches pour le film Grosse Fatigue au Smithsonian Institute à Washington, j'étais intriguée par toutes ces images que les chercheurs avaient clipées sur leurs ordinateurs ou au-dessus de leurs bureaux.

    Images extraites du film Grosse Fatigue de Camille Henrot, 2013 Images extraites du film Grosse Fatigue de Camille Henrot, 2013

    Avec "The Pale Fox", on est dans l'idée de l'espace mental,  je présente des documents qui sont dans notre environnement immédiat. Apocalypse, montée des sectes, témoins de Jéhovah, animaux brûlés dans des forêts : nous sommes confrontés chaque jour à ces images sombres du monde, mais que nous ne voyons plus tellement nous les avons intériorisées. » The Pale Fox fonctionne alors comme une immersion physique dans le disque dur de son précédent film Grosse Fatigue. Primé à la Biennale de Venise en 2013, ce film présentait une origine du monde multiple et métissée, racontée en slam par l'écran d'un ordinateur en surchauffe. Cliquer ici pour en découvrir certains extraits. 

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