En Algérie, la contestation du stade à la rue

15 photos

En Algérie, le foot est partout. C’est le sujet favori d’une jeunesse qui s’ennuie et qui ne se reconnaît ni dans l’État, ni dans ses institutions. Entre petits boulots, débrouille, les mœurs qui se radicalisent, elle est en proie à toutes les frustrations dans un pays où le droit de manifester est quasi interdit.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

  1. © Romain Laurendeau

    En Algérie, le foot est partout. C’est le sujet favori d’une jeunesse qui s’ennuie et qui ne se reconnaît ni dans l’État, ni dans ses institutions. Entre petits boulots, débrouille, les mœurs qui se radicalisent, elle est en proie à toutes les frustrations dans un pays où le droit de manifester est quasi interdit. Pourtant, un espace échappe à cette fatalité. Le stade devient une fois par semaine fureur et défoulement.

    Ensemble, les supporters chantent le chômage, la pauvreté, l’Europe où ils rêvent d’aller. Ils défient l’État ou les généraux qu’ils tiennent pour responsables de la ruine du pays. Ils affirment leur appartenance à leur quartier, véritable identité empreinte des valeurs qui jadis libérèrent l’Algérie mais qui ont, à leurs yeux, été trahies par le pouvoir. Au stade, ils goûtent à la liberté.

    Si pendant des années, le pouvoir a instrumentalisé le football pour éloigner la population de la politique, aujourd’hui, l’outil lui échappe. Comme au temps de la colonisation, le stade est de nouveau un espace de consolidation nationale et de résistance. Le cirque romain est mort pour laisser place à l’agora grecque. Le temps d’un match…

    9 février 2016, Bab El Oued, Alger. Moh se partage entre hip-hop et foot. Ils vont peu au stade, mais sont supporters du Mouloudia (MCA). Dans les quartiers, tous les jeunes se définissent, entre autres, par leur allégeance à un club.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là

Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Nos derniers portfolios

Portfolio — 15 photos
par Photos Mahé Elipe Textes Caterina Morbiato
Portfolio — 7 photos
par Agence France-Presse et Justine Brabant
Portfolio — 11 photos
par Yael Martínez / Magnum Photos

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget
Journal — Économie
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot
Journal — International
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet
Journal — France
Julien Bayou démissionne, les écolos sidérés
Visé par une enquête interne de son parti pour « violences psychologiques », le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale a démissionné de ses fonctions. Il dénonce une « instrumentalisation des souffrances » à l’ère de #MeToo et à deux mois du congrès des écologistes.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean