Entre la Chine et Taïwan, il y a Kinmen

L'île de Kinmen est aux portes des côtes chinoises, à plus de 300 km de Taipei qui la gouverne. Pendant la guerre froide, le territoire fut la ligne de front de la lutte anticommuniste. Aujourd’hui, certains aimeraient le voir faire figure de zone test en vue d'un rapprochement pacifique.

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  1. Kinmen: le point rouge sur la carte Kinmen: le point rouge sur la carte
    Kinmen (République de Chine), décembre 2019. Au bord de la plage dépeuplée de Lieyu, des dispositifs antidébarquement rouillés pointent les gratte-ciel modernes de Xiamen, ville de la province chinoise du Fujian. L’île nous rappelle que le pays, communément appelé Taïwan, est techniquement le dernier retranchement d’un gouvernement – la République de Chine (ROC selon l’acronyme anglais) – qui a régné sur l’empire du Milieu de 1912 à 1949, année où Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine (RPC).

    À l’aide de jumelles mises à leur disposition, les passants peuvent voir en détail le littoral voisin : publicités, jeux de lumières, tours en construction, mais surtout un message : « “Un pays, deux systèmes” unifie la Chine », qui fait référence à la formule proposée par Deng Xiaoping, ancien dirigeant chinois, dans les années 1980 pour réunifier Taïwan à la Chine (régime aujourd’hui en application à Hong Kong et Macau). La formule répond au message inscrit sur les rives kinmenoises : « Les trois principes du peuple unifient la Chine. » Ce dernier renvoie aux fondements de la République de Chine élaborés sur le continent et qui régissent aujourd’hui l’île principale de Taïwan ainsi que les îles de Penghu, Matsu, et Kinmen. Jusqu’en 1979, l’armée du Kuomintang, alors parti unique de la République de Chine, travaillait activement en vue de récupérer leurs territoires perdus tombés aux mains du Parti communiste.

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