Guillaume Bresson, peintures en chantier

Comme des captures d’écran où le temps est en pause, les peintures de Guillaume Bresson sont dénuées de scénario, de contexte, de repère, de temporalité et de titre. Classique et contemporain, architectures industrielles et paysages végétaux, lumière artificielle et naturelle, hyperréalisme et esquisses de construction : après ses violents ballets qui suintaient la cité, Bresson peint la banalité d'un quotidien sans héros, dans des no man's lands minimalistes. Bresson parle de ses peintures comme de chantiers en construction. Focus sur le parcours de ce jeune peintre « maître d'œuvres », à l'occasion de sa nouvelle exposition chez Nathalie Obadia (Paris).

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  1. (Beaux) Arts de rue. Guillaume Bresson a fait ses armes en peignant les murs de Rangueuil, banlieue de Toulouse. Influencé notamment par les graffitis de Mars – artiste oublié des rues du Sud –, Bresson esquisse avec ses lettrages un début de réputation au sein de la nouvelle génération de la fin des années 1990. Après un début de semestre abandonné à la fac de Toulouse puis son admission aux Beaux-Arts de Paris, il dépose les bombes pour les pinceaux et l'atelier.

    Soucieux de ne pas renier l'école de la rue, Bresson explique lors d’une conférence organisée par des étudiants de la Sorbonne à la Maison rouge : « J’ai commencé la peinture par le graffiti à Toulouse, pendant quelques années, ce qui m’a mené au dessin. C’était un premier contact avec la peinture et la couleur. Je suis donc arrivé aux Beaux-Arts en ayant déjà une pratique de la peinture, je n’ai pas choisi la peinture en y arrivant, parmi tous les choix des ateliers. » Interrogé sur la différence que certains font entre le graffiti et la peinture, Bresson dégaine : « La différence est dans la pratique : le graffiti, c’est une performance nocturne où on peignait, il fallait aller vite, il y avait des risques, c’était très spontané. Alors que j’ai fait ensuite du dessin et de la peinture beaucoup plus calmement. Mais il y a une continuité entre les deux car ça reste du dessin, de la couleur, de la composition. Il y a quelque chose qui reste dans la façon d’imbriquer des formes, de composer les tableaux : dans le graff, tu composes avec des lettres et dans ma peinture d’atelier, avec des personnages, il y a des jeux de formes qui sont un peu les mêmes. » 

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