L’ex-Yougoslavie bataille autour des symboles de l’antifascisme

Un étrange combat se trame autour de monuments historiques, symboles de l’antifascisme et de la lutte contre le nazisme. Les spomeniks, ces mémoriaux érigés en hommage aux résistants de la Seconde Guerre mondiale, cristallisent les tensions politiques actuelles dans l’ex-Yougoslavie. Cet héritage de l’époque de Tito, peu préservé et contesté par des groupes nationalistes, témoigne de la difficile dislocation de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. Depuis 2012, Alberto Campi parcourt les Balkans pour photographier et cartographier ces sculptures parfois colossales. Ses recherches ont débuté avec un projet photographique en noir et blanc intitulé +38 et se sont poursuivies au printemps 2018, avec la journaliste Daphné Gastaldi, en Serbie, en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Dans ces pays, une nouvelle tendance de « tourisme noir » est en train de se développer, attirant les voyageurs étrangers sur la piste des spomeniks.

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  1. Tjentište, 43° 20’ 46” N – 18° 41’ 13” E, Bosnie-Herzégovine. Mai 2014. Deux ailes en béton brut, de dix-neuf mètres de haut et vingt-cinq mètres de large. Il n’en fallait pas moins pour commémorer la bataille de la Sutjeska (1943) et rendre hommage aux partisans, les résistants du maréchal Tito, qui ont fait face à l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Situé au cœur de la vallée des héros, en Bosnie-Herzégovine, ce spomenik, mémorial en serbo-croate, est l’un des plus visités d’ex-Yougoslavie. Conçu par le sculpteur Miodrag Živković et achevé en 1971, il est devenu l’un des symboles les plus connus de l’antifascisme. Ces mémoriaux, édifiés essentiellement des années 1960 aux années 1980, ont contribué au mythe fondateur de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. Avec la dislocation de cette nation, les monuments ont été délaissés, quand ils ne sont pas vandalisés ou détruits par des groupes radicaux.

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