Le cœur battant de La Réunion

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Point chaud du mouvement des gilets jaunes dès ses débuts, La Réunion a vécu durant dix jours un blocus total émaillé de scènes de violence urbaine spectaculaires, entraînant l’arrivée en urgence de la ministre des outre-mer et l’annonce de mesures spécifiques. Derrière les statistiques accablantes, qui tentent d'expliquer la colère de ce département d’outre-mer mais limitent le réel à des chiffres ; par-delà la lumière captée par les bandes réfléchissantes des gilets de sécurité routière, Romain Philippon, photographe qui vit depuis dix ans sur l'île, a choisi d’aller à la rencontre des militants de toujours ou d’une nuit, une fois les gilets tombés.

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  1. Gabriel a 31 ans et vit dans la ville du Port, dans une “case à terre” familiale de la Société immobilière du département de La Réunion (SIDR), avec sa femme, ses deux enfants, son père et sa grand-mère.

    Chez Gabriel. © Romain Philippon Chez Gabriel. © Romain Philippon
    Militant depuis sa jeunesse, il a toujours travaillé dans le milieu associatif, notamment dans une association qui aidait d'anciens détenus à se réinsérer. À 15 ans, il part en métropole pour fuir quelques soucis, et revient sur l'île neuf ans plus tard. « La souffrance de son peuple » lui saute alors aux yeux. Pendant les périodes de blocage, Gabriel tient les ronds-points avec ses amis. Ensemble, ils cherchent des solutions pour l'avenir. Ils ont des envies d'autonomie, « pas d'indépendance ». Ils rêvent d'une banque coopérative réunionnaise, de nouveaux modes de scrutin, de transparence, et de plus de participation des citoyens.

    Entre le 17 novembre et le début du mois de décembre, toute l'île a été paralysée (établissements scolaires fermés, routes coupées, supermarchés vidés ou bloqués…). Annick Girardin, ministre des outre-mer, a finalement annoncé une série de mesures d'urgence, après trois jours de visite sur l'île.

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