Madagascar: le vol de zébus vire au meurtre de masse

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À Madagascar, les vols de zébus commis par des jeunes qu'on appelle « dahalo » ou « malaso » sont le lot quotidien des populations du Sud. Cette tradition ancestrale, voire ce « sport régional », moyen pour les jeunes de prouver leur virilité, n'était autrefois cataloguée qu'au rang de petit délit de brousse. Mais depuis 2012, le vol de zébus est devenu affaire d’État : face au groupe de dahalos armés de fusil d'assaut, entraînés militairement et n'hésitant pas à tuer, des villages mènent des opérations de vengeance et l’État envoie l'armée. Entre mars et mai 2014, on compte plus de 100 morts et des milliers de réfugiés à la suite d'attaques de dahalos. Et les militaires sont accusés d'intimidations, de violence et de destruction de villages entiers.

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  1. Amboasary Sud. Juin 2014 – Portrait de Remenabila, l’ex-ennemi public numéro un. En 2012, Remenabila et les 200 à 300 personnes qui auraient été sous ses ordres ont volé plusieurs milliers de zébus et assassiné, en juin, 12 gendarmes à Iabohazo. Cette affaire déclenchera une opération militaire d'envergure, l'opération Tandroka, censée rétablir l'ordre et capturer Remenabila, mort ou vif. Aujourd'hui, Remenabila est considéré comme mort par les autorités sans qu’il y ait eu des preuves formelles de son décès. Pour autant les vols de zébus n'ont pas cessé et, de l'aveu des autorités, ont même pris de l'ampleur. On parle d'un successeur à Remenabila dénommé Rekamainty.

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