Raconte-moi ce que tu portes…

Au centre de premier accueil de la porte de la Chapelle à Paris, deux photographes, un vidéaste et quatre bénévoles d’Emmaüs Solidarité s’étaient réunis autour d’une mission simple : celle d’en savoir plus sur le rôle des vêtements que le centre donne, ce qu’ils représentent pour les migrants, souvent très démunis. En quoi l’habit dénonce, trahit ou protège-t-il ? Les usagers ont choisi une tenue parmi les vêtements proposés dans le vestiaire et ont pris le temps d’expliquer pourquoi ces chaussures, pourquoi cette forme de pantalon, cette couleur de veste. Et pris le temps de poser. Ces portraits réalisés à la chambre sont aussi des moments de rencontre.

Mots-clés

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

  1. Guindo. « J’ai 24 ans et je viens du Mali. J’aime la mode. Gucci, c’est ma marque préférée, avec Adidas et Nike. Je me trouve classe avec les vêtements que j’ai choisis. Et puis, les filles, elles aiment quand tu t’habilles bien, tu es calme, tu es serré dans ta gamme, tu es assis, posé sans trop bavarder. Chez nous, en tout cas, ça compte. C’est pas grave si tu n’as pas de sous, mais il faut être bien habillé. Je m’habillais dans le même style au Mali : baskets, casquettes, bagues en argent. Mais des bijoux, je n’en ai plus depuis la Libye, on nous a tout arraché. Je suis parti avec des bagues, des montres, le téléphone, mais je n’ai plus rien, on m’a tout pris. »

    • Les entretiens ont été réalisés et retranscrits par Vanessa François, Marion Perin, Sabrina Ponti, Valérie Larrondo 

     

Voir tous les portfolios