Working class heroes

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Dembo est boulanger, Jafar policier, Noreen infirmière, Blessing et Cherish, coiffeuses… Tous ont un métier et tous ont fui leur pays d'origine en courant les plus grands risques pour tenter une nouvelle vie en Europe. Gabriele Galimberti (coauteur, avec Paolo Woods, de l'admirable travail sur les paradis fiscaux) les a rencontrés à Côme, dans le nord de l'Italie. Avec un parti pris qui décille.

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  1. Dembo Alex Sillah, 21 ans, boulanger venu de Gambie. « Quand je suis arrivé à Côme, nous étions 15 réfugiés dans toute la ville. Aujourd'hui, nous sommes environ 600. Ne pas pouvoir travailler, ce n'est pas une vie. Et c'est une honte. Ça vous rend mauvais. Comme tout réfugié à Côme, je n'ai pas le droit de travailler. Peu après mon arrivée, une association m'a trouvé un stage de six mois dans une boulangerie. Je voulais absolument apprendre comment faire le pain en Europe. C'était super. Mon patron était tellement content qu'il m'a promis de m'embaucher dès que j'aurais des papiers. En plus de l'italien, je parle anglais, arabe et français. J'ai appris le français en travaillant dans un hôtel en Gambie. Mon père est mort quand j'avais 13 ans, j'ai dû m'occuper de ma mère et de mes deux jeunes sœurs. Mais j'ai dû partir quand mon patron m'a accusé d'avoir volé la caisse. C'était un mensonge, mais en Gambie, il n'y a ni justice, ni liberté. Si j'étais resté, je serais en prison sans même avoir été jugé. Le système est totalement corrompu. »

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