Les médecins du travail sont désemparés face au stress croissant des salariés

Par
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

L'édition de Mediapart sur le travail

 

Les médecins de l’association Médecine et santé au travail militent pour une plus grande prise en compte de la souffrance au travail.

 

Le stress professionnel, un dossier sur le site de l’INRS

 

Le nombre de suicides liés au travail est estimé entre 400 et 500 par an. «Ce chiffre provient de projections sur les suicides qui se sont produits sur les lieux de travail», explique le docteur Dominique Huez sur le site de l'association Médecine et santé au travail. Beaucoup de suicides ne sont pas connus. «Ainsi, affirme le docteur Huez, parce que quatre suicides se sont produits en deux ans concernant des agents de la centrale nucléaire de Chinon, on apprend dans le même temps que trois suicides se sont produits concernant des salariés de l’usine Sanofi du même département.»

 

 

«Les facteurs psychosociaux au travail», une enquête de la Dares (ministère du travail, 2008) : femmes, ouvriers et employés sont les publics les plus atteints par la tension au travail, que les auteurs de l’étude préfèrent à la notion de «stress».

 

 

Pourquoi la notion de risque psychosocial est idéologiquement connotée, par Marlène Benquet (dans le club de Mediapart)

 

 

En France, quinze consultations «souffrance au travail» ont été ouvertes depuis dix ans. Elles sont animées par des psychiatres ou des médecins. Villes, adresses et numéro de téléphone ici. Sur ce site (liste actualisée en 2008), deux autres consultations sont mentionnées, à Grenoble et Paris.

 

 

 

Sur son blog, un médecin du travail raconte son quotidien.

 


En 2006, le docteur Dorothée Ramaut (il s'agit d'un pseudonyme) raconte son expérience de médecin du travail dans la grande distribution. Une première. Journal d'un médecin du travail, Le Cherche Midi, 2006, 10 euros.

 

 

 

 

 

 

L'Histoire de la santé au travail depuis 1880. Stéphane Buzzi, Jean-Claude Devinck et Paul-André Rosenthal (EHESS) montrent que la crise de la santé au travail n'est pas nouvelle : depuis 1940, il est question de la réformer. La Santé au travail, 1880-2006, Repères, La Découverte, 2006, 8,50 euros.

 

 

 

 

 

De nombreux médecins du travail se réfèrent au psychiatre Christophe Dejours (CNAM), père de la «psychodynamique». Dans ses ouvrages, il décrypte les mécanismes de la souffrance au travail et interroge la capacité individuelle à réinventer des modes de «défense collective» entamés par l'impératif de productivité. Ses ouvrages : Travail, usure mentale (Bayard, 1980, rééd. 2000) et Conjurer la violence (dir., Payot, 2007). Dans la même orientation, lire les travaux d'Yves Clot, psychologue du travail (Cnam lui aussi) dont le dernier ouvrage, Travail et pouvoir d'agir vient de paraître. Travail et Pouvoir d'agir, Puf, 2008, 23 euros.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale

Depuis que Mediapart est né, nous avons cherché à attirer le projecteur sur la souffrance au travail. Via l'édition Travail en question, régulièrement alimentée par nos plus éminents blogueurs. Dont Marlène Benquet, doctorante à l'EHESS, qui nous a parlé des caissières de Carrefour Grand Littoral et a tendu le micro à Anna Sam, auteur d'un livre sur sa vie quotidienne derrière une caisse de Leclerc.

 

Alors que s'ouvre une conférence entre partenaires sociaux sur la souffrance au travail et la réforme de la médecine du travail, il nous a paru intéressant de raconter l'échec de la médecine au travail dans ce domaine. Terrible échec, alors que le médecin du travail est certainement le mieux placé pour entendre, dans le secret absolu de son cabinet, les souffrances secrètes des salariés.