Le triangle de la géopolitique économique: énergie, dollar, politique monétaire

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Après quarante ans d'interruption, le Congrès des États-Unis vient d'autoriser à nouveau l'exportation de pétrole à partir du territoire américain. Une décision hautement symbolique, illustrant la mutation en cours dans les grands équilibres de la géopolitique économique. Analyse, en collaboration avec Kenneth Courtis.

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Que la crise financière globale ait débouché, avec retard, sur un nouveau contre-choc pétrolier ne devrait pas être une surprise. Que ce choc soit à la mesure d’une crise financière sans équivalent depuis les années trente du siècle dernier n’est pas plus étonnant. La crise précédente, la secousse tellurique anticipant et annonçant ce « Big One » de la planète économique et financière, celle qui a frappé l’Asie de l’Est et du Sud-Est en 1997-98, avait eu un impact similaire. Une chute brutale des prix du pétrole brut provoquée par la sortie de route de la région économiquement la plus dynamique du globe. Et quelques années plus tard, un rebond spectaculaire des cours résultant d’un ajustement mal calibré (ils le sont toujours, par nature) de l’investissement et donc de l’offre. Mais la crise asiatique elle-même avait une origine monétaire : ce que Kenneth Courtis avait qualifié « d’accord du Plaza à l’envers », la décision conjointe des États-Unis et du Japon de stopper, en 1995, la hausse du yen face au dollar US, l’envolée du billet vert prenant à contre-pied les économies et les systèmes financiers de la région lourdement endettés dans la devise américaine.