L’histoire du meeting fantoche de Valérie Pécresse

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Réponse de Valérie Pécresse à nos questions détaillées :

« La Région Île-de-France finance des milliers d’association dans le cadre de ses politiques publiques (solidarité, citoyenneté, sport, culture, emploi, lutte contre le décrochage scolaire, formation, etc.). Nous privilégions désormais les appels à projet sur des priorités d’intérêt général, aux subventions automatiquement reconduites, comme le faisait auparavant la gauche, à des associations qui ne nous adressaient aucun compte rendu d’activité ! Pour votre bonne information, en 2015, des millions d’euros avaient été versées à des associations ne respectant pas leurs obligations légales en matière de traçabilité dans l’utilisation de l’argent public. Nous avons mis fin à ces pratiques clientélistes, que vous n’aviez pas dénoncé à l’époque.

Nous avons aussi mis en place des règles strictes, dans le cadre de notre charte éthique, qui vont au-delà des obligations légales, dans le cas où la région serait amenée à financer des associations dirigées par des conseiller régionaux. Ces règles n’existaient pas avant 2015, ce qui avait conduit à des abus.  Ainsi une procédure judiciaire est en cours à l’encontre d’un ancien conseiller régional EELV qui faisait financer par la région à hauteur de 60 000 € l’association qu’il dirigeait pour le développement durable en Birmanie !

Pour répondre plus précisément à vos questions, il n’y a aucun lien entre le financement de ces associations et mon activité politique. D’ailleurs les associations que vous citez sont clairement apolitiques, mêlant des personnalités de droite et de gauche, financées pour certaines par l’État ou la mairie de Paris, en raison de leurs actions d’intérêt général, qu’elles soient culturelles, sociales, de citoyenneté ou humanitaire.

Toute insinuation contraire relève clairement de la malveillance et d’une volonté de nuire. Il s’agit d’une manipulation politique à quelques jours des élections. »

* * *

Réponses de Jean-Didier Berger, délégué général de Libres!

1) Selon nos informations, vous avez convié des centaines de personnes liées à des associations communautaires (ultramarines, asiatiques, africaines, etc.) pour l’organisation, à Brive, le samedi 31 août 2019, du meeting de votre mouvement Libres!, pour ce qui constituait votre premier événement d’envergure depuis votre départ de votre parti Les Républicains. Comment l’expliquez-vous ?

Comme l’année précédente, pour le meeting de rentrée à Brive en 2019, les adhérents de Libres! ont été invités. Chacun a aussi relayé l’invitation à ses propres contacts notamment par le biais des réseaux sociaux. Il n’est pas besoin d’être adhérent à Libres! pour participer à une réunion publique du mouvement.

2) Selon les témoignages recueillis, de nombreuses personnes ne sont pas militantes de Libres!, ni même sympathisantes de votre mouvement, contrairement à ce que vous avez indiqué dans les médias à l’époque, mais se sont rendues à Brive pour une « journée à la campagne » après avoir été conviées par les dirigeants de leurs associations, eux-mêmes en lien avec votre vice-président à la région Patrick Karam. Le contestez-vous ?

Le meeting est ouvert à tous ceux qui souhaitent y participer. L’entrée est totalement libre et gratuite. L’invitation mentionne l’objet de la réunion, un meeting de rentrée politique, il n’y a aucune ambiguïté dans les invitations envoyées de Libres!. La matinée était articulée autour de plusieurs débats d’actualité politique. Comme dans toutes les réunions publiques, les adhérents, les sympathisants, les curieux, les sceptiques ou les opposants ont le droit d’aller et venir.

3) Certaines personnes interrogées parlent à peine français et ne connaissent pas vos idées politiques. Toutes les personnes présentes à Brive avaient-elles, selon vous, bien conscience de participer à un événement politique ? Si non, comment expliquez-vous qu’elles aient fait le déplacement jusqu’en Corrèze ?

Il y avait dans ce meeting des Franciliens de toutes origines. Chacun a le droit de participer à une réunion politique.

4) Parmi ces personnes se trouvaient des personnes étrangères, n’ayant pas le droit de vote en France. Vous êtes d’ailleurs contre l’ouverture du droit de vote aux étrangers, qui ne constitue pas une « priorité », comme vous le déclariez lorsque vous étiez au gouvernement en 2010. Ne voyez-vous aucun problème à faire venir ces personnes privées de droits civiques à un de vos meetings ?

L’entrée à nos réunions politiques est libre. Aucun parti ne contrôle la carte d’électeur ou la pièce d’identité des participants. Je vous rappelle que les ressortissants de l’Union européenne votent aux élections municipales et européennes. Nous ne demandons ni carte d’électeur, ni pièce d’identité, ni carte d’adhérent à ceux qui veulent participer. Cela ne change en rien aux convictions de Libres!, notamment sur le droit de vote des étrangers en France.

5) Un grand nombre d’associations représentées par leurs adhérents à Brive ont la particularité d’être liées à votre vice-président Patrick Karam (lui-même président d’honneur du Crefom) ou à des financements de la région, qui ont augmenté sous votre présidence.

Aucune association n’était représentée à Brive. Uniquement des personnes physiques, libres de venir ou non.

6) En les interrogeant sur leur présence à Brive, plusieurs de nos interlocuteurs ont d’ailleurs fait référence au soutien que vous, et votre vice-président Patrick Karam, leur avez apporté à la région. Comment expliquez-vous cette confusion ? 

Il n’y a aucune confusion ; c’est le jugement libre de chacun.

7) Ce mode d’organisation présente tous les atours d’un système clientéliste. Le contestez-vous ?

Il y a une étanchéité totale entre la région et Libres!. Quant au clientélisme régional, pratique courante de la gauche, Valérie Pécresse y a mis fin à son arrivée.

8) Quand et comment, concrètement, ont été invitées toutes ces personnes ?

Les invitations à Brive ont circulé largement sur les réseaux sociaux et les militants de Libres! pouvaient inviter tous leurs amis et connaissances.

9) Comment se fait-il que des personnes se soient retrouvées en surnombre, gare de Lyon, avant de prendre le train spécialement affrété pour Brive, le samedi 31 août 2019 ?

Nous avons été victimes de notre succès. Libres! avait affrété plusieurs wagons pour offrir une solution de transport jusqu’à Brive, comme le font tous les partis politiques pour leur université d’été.

10) Par qui a été pris en charge le déplacement (train + déjeuner) des centaines d’invités de Brive ? En 2019, les comptes de Libres! laissent apparaître 34 803 euros de frais de déplacement et réception, en augmentation de 480 % par rapport à l’année précédente. Est-ce lié à la prise en charge des membres des associations ?

Je rappelle que Libres! est un parti politique et respecte les règles de financement de la vie publique, et sont contrôlés par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Toutes les dépenses sont retracées dans les comptes de Libres! publiés par la Commission des comptes.

La réunion de Brive a été totalement financée par Libres!.

Aucune association n’a reçu le moindre euro de Libres!.

Il y avait plus de 2 000 personnes en réunion à Brive : la majorité est venu par leurs propres moyens. Libres! a pris en charge les transports et le casse-croûte des courageux qui se sont levés à 5 h du matin pour venir dès le début de la matinée des débats politiques.

* * *

Réponses de Patrick Karam, vice-président de la région Île-de-France :

1) Selon nos informations, vous avez contribué à convier des centaines de personnes liées à des associations communautaires (ultra-marines, asiatiques, africaines, etc.) pour l’organisation, à Brive, le 31 août 2019, du meeting du mouvement Libres!, pour ce qui constituait le premier événement d’envergure de Valérie Pécresse depuis son départ de son parti Les Républicains.

Comment avez-vous procédé à ces invitations ?

Je suis investi dans le milieu associatif depuis des années, avant même mon engagement politique. Mon engagement est reconnu par beaucoup pour plusieurs causes : en faveur des outre-mer, des chrétiens d’orient et des minorités persécutées, en faveur de la cause arménienne, dans la lutte contre le racisme et les discriminations… Je n’ai pas attendu d’être élu pour m’intéresser au secteur associatif. Comme militant et responsable de Libres!,  j’ai participé à cet événement et j’ai comme tous les responsables de Libres! convié tous mes contacts et relayé auprès de mes contacts. Libre à chacun d’y répondre ou pas.

2) Selon les témoignages recueillis, de nombreuses personnes ne sont pas militantes de Libres!, ni même sympathisantes de votre mouvement, contrairement à ce qu’il a été indiqué dans les médias à l’époque, mais se sont rendues à Brive pour une « journée à la campagne » après avoir été conviées par les dirigeants de leurs associations, eux-mêmes en lien avec vous.

Le contestez-vous ?

Dans une réunion politique, chaque personne est libre ou pas de venir. Il n’y a pas que des militants encartés, mais des personnes intéressées par l’actualité politique, des membres de la société civile. C’est le cas dans toutes les réunions publiques. L’invitation mentionnait bien l’objet de la réunion politique et les débats. Et dire qu’il s’agit d’une journée à la campagne alors que le trajet en train Paris-Brives durait plus de 09h, sans compter le temps qu’il leur fallait pour venir à la Gare d’Austerlitz n’a pas de sens car seuls les plus convaincus étaient présents.

3) Certaines personnes interrogées parlent à peine français et ne connaissent pas vos idées politiques. Toutes les personnes présentes à Brive avaient-elles, selon vous, bien conscience de participer à un événement politique ? Si non, comment expliquez-vous qu’elles aient fait le déplacement jusqu’en Corrèze ?

Toutes les personnes que j’ai rencontrées, le savaient très bien et avaient bien évidemment conscience de l’objet politique de la réunion. Toutes les personnes que j’ai rencontrées parlaient français. J’ajoute que j’ai dû interrompre les inscriptions très vite devant leur succès et malgré cela des personnes sont restées à quai, faute de places dans le train. Voici en PJ le mail de confirmation d’inscription qui était adressé à chaque inscrit personnellement et qui ne laisse place à aucune ambiguïté puisqu’il mentionne “Rentrée politique de Libre! avec Valérie Pécresse” ainsi que le programme de la journée.

Je suis étonné de la part de Mediapart de cette police de l’identité et de la langue dans les meetings politiques. Ce n’est pas ma vision de la démocratie. Oui, il y avait des français issus de l’immigration ou des ultramarins, qui ont tout aussi le droit d’aller dans une réunion politique. Cela ressemble à un délit de faciès.

4) Parmi ces personnes se trouvaient des personnes étrangères, n’ayant pas le droit de vote en France. Valérie Pécresse est d’ailleurs contre l’ouverture du droit de vote aux étrangers, qui ne constitue pas une « priorité », comme elle le déclarait lorsqu’elle était au gouvernement en 2010.

Je l’ignore, je ne demande pas la carte d’identité des personnes qui viennent dans une réunion publique ! Je m’étonne de cette question qui renvoie à des méthodes d’un autre temps. 

N’y voyez-vous pas une contradiction ?

Aucune, l’entrée est libre. Cela ne change rien à mes  convictions.

5) Un grand nombre d’associations représentées par leurs adhérents à Brive ont la particularité d’être liées à vous, notamment dans votre mandat de président d’honneur du Crefom, ou à des financements de la région.

Je connais des centaines d’associatifs depuis très longtemps. Je suis investi dans la citoyenneté et l’associatif depuis plus de 35 ans, ce qui m’a amené à fréquenter beaucoup de responsables associatifs avant même mon mandat à la région. Ce qui nous lie c’est notre engagement associatif au-delà des opinions de chacun. Et pour tout vous dire, plus de 95 % n’étaient pas présents !

Ma capacité à mobiliser ne dépend d’aucun autre facteur que celui de mon engagement militant de longue date, ainsi lorsque j’ai mobilisé pour le meeting ultramarin de Nicolas Sarkozy en 2007 plus de 4 500 ultramarins ou à Villepinte plus de 8 000 personnes de la société civile (hors outre-mer), je n’avais aucun mandat exécutif à cette époque.

C’est notamment le cas de :

 L’Union des Serbes de France, qui a touché 15 000 euros de subventions en 2017, 2018 et 2019.

Est-ce bien le cas ?

L’association a-t-elle touché des subventions les années précédentes et suivantes ?

Si oui, pouvez-vous nous en donner le détail ?

L’union de Serbe de France USF est créée en 1912 par les premiers étudiants serbes qui sont venus à Paris après les guerres Balkaniques.

L’association existe depuis plus de 110 ans et son objectif a toujours été de préserver l'amitié franco-serbe et d’aider à l'assimilation des citoyens serbes dans la République Française.  L'USF est une association qui regroupe 35 associations différentes : des clubs folkloriques, des clubs sportifs, des poètes et des écrivains, musiciens et des clubs engagés dans des activités culturelles, etc.

Les membres de cette association viennent de toutes les sphères politiques et travaillent avec tous les partis politiques et de nombreux élus et parlementaires de gauche et de droite.

Je n’en citerai que quelques-uns :

Geneviève DARRIEUSSECQ, Secrétaire d'Etat chargée des Anciens Combattants de France qui est venue avec l’Union des Serbes de France, notamment à Marseille pour commémorer l’assassinat du Roi Alexandre ; Zivka Park, députée LRM dans la 9ᵉ circonscription du Val-d’Oise qui vient dans un grand nombre des cérémonies que cette association organise, ou encore Liliana Tanguy, députée LRM de la septième circonscription du Finistère ; le maire PS du 18-ème : M. LEJOINDRE Éric ; Christian Estrosi, Maire de Nice…

Je confirme ces 3 financements au titre de projets pour la citoyenneté et je précise que la dernière subvention a été votée à l’unanimité à l’exception du FDG qui a voté contre.

 L’association des élus portugais Civica, qui a touché 20 000 euros de subvention en 2018 (pour une fête sur l’entrée du fado au patrimoine mondial), 30 000 euros en 2019 et 5 000 euros en 2020.

Est-ce bien le cas ?

L’association a-t-elle touché des subventions les années précédentes et suivantes ?

Si oui, pouvez-vous nous en donner le détail ?

CIVICA est une association d’intérêt général qui regroupe des élus, de toutes tendances politiques, ayant un lien avec le Portugal et/ou des origines.

L’activité principale : l’éducation citoyenne pour tous (actions : informations droit vote des européen en France, conseil municipaux des enfants, relations France-Portugal, devoir de mémoire, diversité et acceptation de soi...).

Elle compte 7 500 élus locaux depuis 2020 et plus de 200 membres actifs.

Cette association est apolitique et areligieuse. D’ailleurs, le Président est de droite, la secrétaire générale appartient au PS et le conseil d’administration compte des membres de plusieurs partis LR, PS, LREM, Front Gauche, UDI... Ses membres sont de toutes les tendances politiques.

Pour le devoir de mémoire France-Portugal, CIVICA travaille avec M. Fernando Rosas, historien et ancien candidat « bloc de gauche » à la présidence de la république du Portugal et ancien député... et il y a des délégations de CIVICA en Occitanie, Île-de-France, Grand Est, Hauts de France, Guadeloupe...

Je confirme ces 3 financements. L’Association est aussi financée par l’Etat. La dernière subvention a été votée à l’unanimité des groupes politiques.

 L’association Ensemble contre la drépanocytose, qui a touché 23 000 euros de subvention en 2017, 80 000 euros en 2018 et 2019 et 50 000 euros en 2020.

Est-ce bien le cas ?

L’association a-t-elle touché des subventions les années précédentes et suivantes ?

Si oui, pouvez-vous nous en donner le détail ?

C’est une association très engagée et dont l’action est reconnue et saluée qui est financée au titre de la santé publique et de la lutte contre les discriminations. La drépanocytose (maladie génétique la plus fréquente en France) est un sujet de santé francilien. D’après l’INSERM, La majorité des 16 000 patients atteints de cette maladie vivent en Île-de-France. Et d’ailleurs, nous avons financé la recherche en thérapie génique avec l’institut Imagin et monté un groupe de travail avec l’ARS et l’ORS et de la prévention dans les lycées pour le dépistage des jeunes.

L’APIPD est une association de lutte contre la drépanocytose soutenue par des politiques de tous bord (la  Région IDF, Mairie de Paris, Délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outremer, Ministère des Outre-mer, la collectivité de Martinique dirigée par un indépendantiste, l’ancien ministre socialiste Victorin Lurel…

Ce sujet n’était malheureusement pas porté par l’ancienne mandature. Je précise d’ailleurs que seuls les groupes Ensemble IDF et AES n’ont pas pris part au vote (NPPV) de la dernière subvention à cette association, soutenue par tous les autres groupes politiques.

 L’association Union générale arménienne de bienfaisance, qui a touché 30 000 euros de subvention en 2017, 65 000 euros en 2018 et 75 000 euros en 2020.

Est-ce bien le cas ?

L’association a-t-elle touché des subventions les années précédentes et suivantes ?

Si oui, pouvez-vous nous en donner le détail ?

L’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB) France est la principale association arménienne dans le monde, apolitique et areligieuse. Créée en 1906, elle est aujourd’hui présente dans plus de 40 pays et 60 villes. L’UGAB France représente sa branche française. Par ses programmes éducatifs, culturels, humanitaires et d’aide au développement, elle impacte chaque année la vie de plus de 500 000 personnes, en Arménie comme en diaspora.

En France, l’UGAB est présente sur l’ensemble du territoire national, par ses sections locales, à Paris, Lyon, Valence, Marseille, Nice. Sa présidente, Nadia Gortzounian, est également Secrétaire nationale du CCAF, le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France.

Pour renforcer ses missions, à la fois au service de l’aide au développement de l’Arménie et du rayonnement de la culture et du patrimoine arménien en France, l’UGAB France développe des partenariats avec des collectivités territoriales françaises et institutions gouvernementales, telles que le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères françaises, et des institutions diplomatiques et scolaires, telles que l’Ambassade de France en Arménie et l’Université Française en Arménie.

Pour mémoire la Directrice Exécutive de l’UGAB, Anouch Toranian, est Conseillère de Paris et Adjointe à la Mairie de Paris.

L’UGAB France a accompagné une délégation de haut niveau du PS en Arménie et en Artsakh en décembre 2020 / Olivier Faure, Jean Marc Germain, Isabelle Santiago, Carlotti, Devinaz.

Par ailleurs, la région Île-de-France a signé un partenariat avec la ville d’Erevan. Nous menons des actions humanitaires, sociales et culturelles.

Je confirme les chiffres et précise que la dernière subvention a été votée à l’unanimité des groupes politiques.

À l’été 2019, juste avant Brive, l’association Codium a proposé à ces adhérents des tarifs préférentiels pour des week-ends en base de loisirs, « grâce au soutien de Valérie Pécresse et Patrick Karam ».

Est-ce bien le cas ?

L’association a-t-elle touché des subventions les années précédentes et suivantes ?

Si oui, pouvez-vous nous en donner le détail ?

Pour codium c’est essentiellement une association de défense des policiers et dans le règlement d’intervention régionale pour les îles de loisirs il est prévu que différents publics, comme les forces de l’ordre, les infirmiers, les femmes battus , les familles défavorisées, les jeunes en regroupement, etc. ont droit aux tickets loisirs. Nous les accordons dès lors que les demandes entrent dans le cadre de notre règlement d’intervention : ce sont 393 861 personnes qui ont bénéficié des tickets loisirs.

35 000 euros en 2019 au titre de deux évènements culturels (un à saint Ouen portant sur l’esclavage, et le deuxième un concert festival sur l’île de loisir de Cergy). Je précise que la dernière subvention à l’association Codium a été votée à l’unanimité à l’exception du groupe RCDEC qui n’a pas pris part au vote (NPPV).

Y a-t-il un lien entre les financements attribués par la région et la participation active de ces associations et de leurs membres à votre événement politique de Brive ?

Aucun lien, je dis bien aucun lien. Les associations que vous citez ont des membres engagés dans des partis différents de droite ou de gauche. Ces associations ont été financées pour des projets qu’elles portaient dans l’intérêt des Franciliens au titre de la citoyenneté, de la culture… J’ajoute que l’immense majorité des présents à Brives appartiennent à la société civile.

Ces accusations relèvent de la manipulation politique dans le but de salir. Et à 3 semaines des élections ! 

6) En les interrogeant sur leur présence à Brive, plusieurs de nos interlocuteurs ont d’ailleurs fait référence au soutien que Valérie Pécresse, comme vous-même, leur a apporté en tant que présidente de région. Comment expliquez-vous cette confusion ? 

Il n’y a aucune confusion. Chacun est libre de ses opinions et de ses jugements. Doivent-elles être interdites de réunion politique ? À vous suivre, aucun membre du corps enseignant ou proviseur d’Île-de-France ne pourrait assister à une réunion politique au motif que c’est la région qui finance les lycées ? Idem pour les salariés des transports ?

7) Quand et comment, concrètement, ont été invitées toutes ces personnes ?

Ils ont été invités par mail ou par texto et les inscrits ont reçu un mail de confirmation précis qui mentionne « Rentrée politique de Libre! avec Valérie Pécresse » ainsi que le programme de la journée. 

8) Comme l’a révélé à l’époque la Lettre A, la région Île-de-France a mis à la disposition de la Fédération des entreprises d’Outre-mer (Fedom), en octobre 2019, son hémicycle ainsi que quatre salles rue de Babylone, à Paris, pour la tenue du conseil d’administration et de différents ateliers de l’organisme. Votre épouse Samia Badat-Karam n’est autre que la directrice générale de la Fedom, et vous faites partie du conseil d’orientation de l’organisme. Avez-vous participé à la mise à disposition des locaux ?

C’est une fédération professionnelle association loi 1901 qui défend le développement économique social et humain des Outre-mer, à but non lucratif.

Comme la Fedom n’a aucune subvention et ne vit que des cotisations de ses membres, elle a pour coutume de demander des mises à disposition de salles gratuites pour minimiser les frais. La Région Île-de-France n’a prêté la salle qu’'une seule fois alors que l’assemblée nationale ou le Sénat l’ont fait très souvent.

D’ailleurs, je rappelle que la Fedom n’a reçu aucune subvention régionale et que le prêt de salle est possible et s’est déjà fait pour bon nombre de situation, dont celle des Elus contre le Sida de jean Luc Romero, autre conseiller régional de gauche et qu’en conséquence rien ne s’opposait à cette mise à disposition. Il était également pratiqué par l’ancienne mandature.

9) Dans le même ordre d’idée, n’estimez-vous pas que les financements que vous avez accordés aux associations de dirigeants du Crefom (association contre la drépanocytose, collectif d’aide juridique en direction des ultramarins…) est source de conflits d’intérêts ?

LE CREFOM n’a jamais été financé par la région ile de France et j’ajoute que je n’ai aucune fonction exécutive depuis 2016, que l’autre président d’honneur avec qui j’ai créé le CREFOM est l’ancien ministre socialiste, Victorin Lurel. Il y a des règles strictes qui ont été mises en place par Valérie Pécresse, je les respecte. J’ajoute que le CREFOM comportait des centaines d’associations de toutes tendances politiques mais également des parlementaires et élus des outre-mer qui sont dans leur immense majorité à gauche, et des personnalités du monde culturel notamment, etc. qui sont également à gauche.

10) En décembre 2018, vous aviez déjà organisé dans l’hémicycle une conférence au titre de président de la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (CHREDO). Ne s’agit-il pas d’un mélange des genres malheureux ?

La commission d’éthique qui a été mise en place en 2016 a été saisie en décembre 2018, elle a constaté que la CHREDO n’a reçu aucune subvention de la région Ile-de-France et qu’il existait de nombreux précédents et qu’il n’y avait aucun manquement à l’engagement numéro 5 et aucun conflit d’intérêt.

11) Valérie Pécresse a aussi annoncé en votre compagnie, en février 2021, la création de la Cité des outre-mer dans un ancien lycée du XIIIe arrondissement, projet soutenu par le Crefom et dans lequel votre frère Julien Karam est impliqué. Là encore ne s’agit-il pas d’un mélange des genres ?

La cité des Outre-mer est un projet qui a été annoncé par François Hollande, Anne Hidalgo, Emmanuel Macron. Aucun ne l’a réalisé. Sur ce projet, nous avons mené une grande concertation avec les associations ultramarines, qui sont demandeuses d’une cité des outre-mer depuis plus de 30 ans et c’est le cas également pour Julien Karam en sa qualité de président d'une association (Association nationale des élus locaux ultramarins (ANELU)). Tous les présidents associatifs interviennent à titre strictement bénévole.

Pas de mobilisation sans confiance
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* Mediapart a fait le choix de ne pas citer l’identité des faux militants.

L’ensemble des réponses de Valérie Pécresse, de la direction de Libres! et de Patrick Karam est à retrouver sous l’onglet Prolonger.